Transmission du Covid-19 par les aliments : Morocco Foodex publie une note d’information à l’intention des exportateurs

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Covid-19 est la maladie infectieuse causée par le nouveau Coronavirus (SARS-Cov2), ressemblant à une grippe parfois aigüe. Ayant des symptômes connus, ce virus est dangereux du fait quil est très contagieux et que certaines personnes, bien quinfectées, ne présentent aucun symptôme. Actuellement, les voies de propagation du virus sont connues. Toutefois, la question de la transmission du Covid-19 par les aliments demeure évoquée. Ainsi, l’Établissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations (EACCE/Morocco Foodex) a établi une note à lintention des unités exportatrices, expliquant les différents aspects de cette problématique, dont nous vous invitons à découvrir une synthèse. 

Pour l’EFSA (European Food Safety Authority), il n’existe actuellement aucune preuve que les aliments constituent une source ou une voie de transmission probable du virus à l’Homme. 

La possibilité de transmission directe du virus par un aliment, issu d’un animal contaminé a été exclue par les experts de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Or, une personne infectée ou porteur asymptomatique du virus SARS-CoV-2 peut contaminer un aliment en le préparant ou en le manipulant avec des mains souillées, ou en l’exposant à des gouttelettes infectieuses lors de toux et d’éternuements. De plus, les précédents coronavirus SARS et MERS sont résistants au froid et peuvent rester infectieux à (-20°C) jusqu’à 2 ans à l’état congelé. Cependant, jusqu’à présent, il n’y a aucune preuve de contamination au nouveau coronavirus par la consommation d’aliments, y compris les aliments congelés.  

Par ailleurs, un autre moyen de contamination, non évoqué par les médias, est la contamination de l’aliment par voie féco-orale. Un microbe se transmet par cette voie quand une personne s’infecte en mettant en bouche des doigts, des objets, des boissons ou de la nourriture souillés par des matières fécales contaminées par ce microbe. La présence des fragments du nouveau coronavirus dans les selles de patients a été observée. Par conséquent, les personnes portant le nouveau coronavirus sont susceptibles de contaminer les aliments, théoriquement par voie féco-orale. Toutefois, à ce jour, aucun cas de transmission féco-orale de la maladie Covid-19 n’a encore été signalé. 

Survie du Covid-19 dans lenvironnement 

La stabilité des coronavirus dans l’environnement dépend de plusieurs facteurs, notamment la température, l’humidité de l’air, les conditions de surface, ainsi que les souches virales spécifiques et la quantité de virus. En général, les coronavirus humains ne sont pas particulièrement stables sur des surfaces sèches. L’inactivation dans des conditions sèches se produit généralement en l’espace de quelques heures à quelques jours. Les premiers tests de laboratoire pour le nouveau type de virus corona SARS-CoV-2 montrent qu’il peut rester infectieux jusqu’à 3 heures en aérosol (fines particules dans l’air), jusqu’à 4 heures sur les surfaces en cuivre, jusqu’à 24 heures sur le carton et jusqu’à 2-3 jours sur l’acier inoxydable et le plastique après une forte contamination. 

Dans le même sens, il n’existe aucune preuve de la survie de ce virus dans les eaux usées. Il est susceptible de devenir inactivé dans l’environnement beaucoup plus rapidement que les norovirus, les rotavirus et l’hépatite A. Une étude a révélé qu’un coronavirus d’un humain porteur n’a survécu que 2 jours dans l’eau du robinet déchlorée et dans les eaux usées des hôpitaux à 20°C. Bien que la persistance dans l’eau potable soit possible, il n’existe aucune preuve que le nouveau coronavirus soit transmis par l’eau potable contaminée. Mais, il pourrait rester infectieux dans l’eau contaminée par des matières fécales pendant des jours ou des semaines. 

Prévention/Désactivation du coronavirus 

Côté prévention, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande de continuer l’application des BPH (bonnes pratiques d’hygiène) lors de la manipulation et de la préparation des aliments (laver les mains, cuire la viande et éviter une contamination croisée entre les aliments cuits et crus). Les BPH, si appliquées correctement, préviennent la contamination des aliments par le virus SARS-CoV-2.  

Pour la désactivation, 4 grandes méthodes existent. Tout d’abord, ce virus est sensible aux températures de cuisson. Ainsi, un traitement thermique à 63°C pendant 4 min (température utilisée en liaison chaude en restauration collective) permet de diviser par 10.000 la contamination d’un produit alimentaire. D’un autre côté, il est à noter que les coronavirus semblent être stables à des températures basses et négatives ; la réfrigération et la congélation ne constituent donc pas un traitement d’inactivation pour ce microorganisme. 

En outre, la désactivation par désinfection est définie en 6 étapes, selon le Ministère marocain de santé : délimitation du champ de l’intervention et repérage des points critiques, protection maximale (combinaisons, gants ménagers en plastique, masques, lunettes…), choix des produits de nettoyage et de désinfection, nettoyage, désinfection et, enfin, une désactivation par d’autres méthodes tels un pH élevé ou bas ou encore la lumière du soleil. 

Mesures à prendre par les unités exportatrices 

Le risque que le nouveau coronavirus soit transmis à l’Homme par les aliments est jusqu’à présent faible. Si l’on y ajoute la durée de transport, le risque que les produits exportés transmettent ce virus aux destinataires est donc faible. Cependant, le risque que le virus soit transmis au personnel des unités par d’autres sources (personnel infecté, surfaces, emballages, aérosols, contamination féco-orale…) reste possible. C’est pourquoi des lignes directrices pour une analyse du risque lié au coronavirus (SARS-COV-2) dans les unités exportatrices ont été établies par Morocco Foodex. L’objectif étant de prévenir la contamination du personnel, afin que les unités continuent leurs activités et qu’il n’y ait pas de rupture dans les exportations marocaines. Les unités choisissent et adaptent les mesures de maitrises selon ce qui leur convient (voir tableau ci-dessous). 

Enfin, le risque que le personnel soit infecté par le coronavirus à chaque activité doit être évalué et peut varier du niveau faible, moyen jusqu’au niveau élevé, selon plusieurs facteurs, dont le niveau d’application des BPH dans l’entreprise, le niveau de rigueur du contrôle et de la surveillance des personnes à l’entrée de l’entreprise et à l’intérieur, le niveau de conscience du personnel, l’étendue de la maitrise des fournisseurs/sous-traitants, la nature des matières manipulées, le niveau épidémiologique de la région où exerce l’entreprise, et pour finir le niveau de conscience de la population où est située l’entreprise.


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