Le secteur agroalimentaire à l’heure de la crise sanitaire du Covid-19 : la FICOPAM témoigne

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À l’heure de la crise sanitaire du Covid-19, le secteur agroalimentaire fait face à plusieurs difficultés liées principalement à l’emploi, l’approvisionnement, la production et l’export. Les entreprises s’organisent alors tant bien que mal pour continuer à fonctionner, non sans souffrir des circonstances actuelles dues à la propagation de la pandémie du coronavirus. Les entreprises adhérentes à la Fédération des Industries de Conserve des Produits Agricoles du Maroc (FICOPAM), majoritairement à vocation exportatrice, subissent des perturbations importantes mais tiennent à préserver l’emploi tout en en renforçant les conditions de sécurité au travail. Najib Layachi, Conseiller agroalimentaire à la FICOPAM, a répondu à nos questions.

FOOD Magazine :

Comment se porte le secteur de l’agroalimentaire au Maroc à l’heure de la crise du coronavirus ?

Najib Layachi :

La situation est un peu contrastée ! Depuis le début de cette crise sanitaire, certains sous-secteurs se portent mieux ou plus mal que d’autres. Prenons l’exemple des fruits et légumes frais, que ce soit au niveau local ou à l’export, la demande reste importante, elle n’a pas baissé. Pour les produits de la minoterie, notamment les pâtes alimentaires, la farine et ses dérivés, ils ont vu leur demande sur le marché intérieur augmenter d’une façon exceptionnelle. En outre, la demande a été relativement importante pour les produits de première nécessité, à savoir les huiles, le sucre, etc. Par contre, pour d’autres produits appelés de deuxième transformation tels que les biscuits et les chocolats, les ventes ont baissé à l’export et sur le marché local.

La situation actuelle a-t-elle eu un impact sur l’offre et la demande des produits de la FICOPAM ?

En ce qui concerne les produits de la FICOPAM, destinés principalement à l’export, nous rencontrons pas mal de difficultés, étant donné que la plupart de ces produits ne sont pas de première nécessité. Pour les câpres par exemple, la demande étrangère, en particulier en Italie, est aujourd’hui très faible. Les olives risquent aussi de rencontrer des entraves. Par ailleurs, les industriels membres de la Fédération subissent des perturbations au niveau des importations de matières premières, d’emballages ou encore d’intrants en provenance de marchés étrangers. La situation actuelle a donc un impact plus négatif que positif sur l’offre et la demande de nos produits.

Quelles mesures spécifiques les membres de la Fédération ont-ils mis en place pour assurer l’approvisionnement et préserver la sécurité de leurs équipes ?

Quand la demande est plus forte, il est clair que les entreprises travaillent plus pour assurer l’approvisionnement et demandent plus de main d’œuvre tout en appliquant les bonnes pratiques, notamment le télétravail pour les personnes qui le peuvent et, pour ceux qui sont en production, le respect des mesures de protection.

Par contre, quand la demande est plus faible, les entreprises tiennent à préserver l’emploi dans la mesure du possible car personne ne sait combien de temps cela va durer. Malgré ce manque de visibilité, les adhérents de la Fédération se veulent citoyens et ont tenu à préserver tous les emplois jusqu’à présent , afin que leurs employés ne soient pas touchés par la crise, au moins pour les trois prochains mois. Toutefois, notons que l’État marocain a accordé plusieurs facilités administratives notamment au niveau des échéances fiscales, de la CNSS, etc.

Quels sont vos conseils en termes d’hygiène pour les professionnels du secteur ?

Les mesures d’hygiène et de protection pour lutter contre la propagation du coronavirus ont déjà été mises en place par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Les industriels agroalimentaires et notamment les membres de la FICOPAM travaillent déjà conformément à une série de normes d’hygiène et de sécurité alimentaire pour éviter tout risque de contamination. Normalement, l’industrie agroalimentaire est habituée à ce genre de mesures de protection (utilisation de pédiluve et autres dispositifs de désinfection, lavage des mains, port de masques, etc.), mais celles-ci doivent être renforcées en cette période critique.

Comment les membres de la Fédération s’organisent-ils pour faire face à cette situation critique ?

Les entreprises membres de la FICOPAM veillent à gérer et dépasser la crise dans les meilleures conditions possibles, d’abord en protégeant leurs employés et leurs organisations globales, ensuite en répartissant sur le marché local certaines de leurs expéditions, plus les stocks qui étaient destinés à l’export et, enfin, en se préparant à l’après-crise.

En outre, la Fédération exprime son soutien et support inconditionnel aux décisions prises par toutes les autorités nationales concernées pour que la situation soit surmontée. La FICOPAM participe aussi à l’élan de solidarité nationale. En effet, à date d’aujourd’hui, les entreprises adhérentes ont contribué financièrement à hauteur de 6 MDH au fonds spécial Covid-19 dédié à la gestion de la pandémie, avec une contribution du staff administratif de la Fédération d’un mois de salaire.

En parallèle, les entreprises effectuent des dons en numéraire ou en produits de première nécessité au profit de leur environnement immédiat, en coordination avec les autorités et les associations de solidarité locales.


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