Agriculture et agroalimentaire : la DEPF évalue les impacts de la crise sanitaire

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Pâtissant des implications néfastes de la pandémie actuelle, l’économie mondiale connaîtrait une forte récession en 2020, malgré les perspectives de reprise de l’activité économique, la levée des mesures de confinement et l’adoption de plans de relance économique dans plusieurs pays. Le Maroc, comme la plupart des nations, a été fortement impacté par les répercussions de la crise et des mesures de confinement. La Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF), dans sa note de conjoncture du mois de juin, détaille la situation des différents secteurs, notamment l’agriculture et l’agroalimentaire, sur les deux niveaux, national et international.

« La Banque mondiale prévoit une contraction du PIB mondial de 5,2% en 2020, avec une récession dans les économies avancées (-7%) plus forte que dans les pays émergents et en développement (-2,5%) », indique la note de la DEPF. Toutefois, le redémarrage progressif de l’activité post-confinement, associé aux mesures de relance massives, devrait soutenir une reprise de l’économie. Quant à la dynamique sectorielle nationale, façonnée progressivement lors de la dernière décennie, elle a été compromise et affectée, d’une part par l’exposition des secteurs échangeables aux chocs économiques externes à travers les canaux de transmission classiques, et, d’autre part, par l’effet du confinement sur certains secteurs domestiques.

Agriculture et agroalimentaire : des baisses à tous les niveaux

Au niveau mondial, « les cours du blé tendre ont enregistré 210 dollars la tonne en moyenne en mai dernier, en baisse de 15% par rapport à leur pic de janvier (248 $/t). Ils ont tombé à 194 dollars la tonne le 19 juin, marquant une baisse de 20% depuis début 2020 », déclare la DEPF. Ceci s’explique par des disponibilités importantes et par des perspectives des récoltes globalement favorables dans plusieurs régions du monde. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), la production mondiale de blé en 2019/2020 devrait atteindre 762 millions de tonnes (Mt), en hausse de 4,1% par rapport à la récolte précédente. Pour le sucre brut, « les cours mondiaux ont atteint 242 dollars la tonne en moyenne en mai, ramenant leur baisse à 26% depuis leur pic de février (326 $/t) », indique la même source. Cette remontée des prix s’explique par des récoltes plus faibles que prévu dans certains pays producteurs.

Au Maroc, selon les dernières données publiées par le Département de l’Agriculture, « la production céréalière de la campagne agricole 2019/2020 est estimée à 30 millions de quintaux, en repli de 42% par rapport à la campagne précédente. » Une baisse qui s’explique par un contexte pluviométrique difficile de cette campagne. D’après la DEPF, « la récolte de blé tendre serait située à 16,5 millions de qx, celle de blé dur à 7,5 millions de qx et celle dorge à 5,8 millions de qx. » En termes d’approvisionnement, le niveau de stock enregistré à fin mai 2020 permet de couvrir 5 mois des besoins nationaux pour le blé tendre et jusqu’à 4 mois pour le blé dur.

Par ailleurs, les autres filières agricoles hors céréaliculture devraient enregistrer un comportement globalement favorable, notamment pour les produits des cultures maraichères et d’arboriculture. Concernant le cheptel, les dernières précipitations ont contribué à l’amélioration de la situation des ressources fourragères des parcours et à atténuer partiellement l’impact négatif de la sécheresse ayant marqué cette campagne.

En matière d’échanges commerciaux avec l’extérieur, la campagne agricole 2019-2020 s’est caractérisée par un bon comportement du volume des exportations, durant la période du 1er septembre 2019 au 9 mai dernier. En effet, « les ventes à l’étranger des produits maraichers se sont renforcées en volume de 6%, en glissement annuel, et celles des produits agricoles transformés, hors sucre et ses préparations, de 17% », mentionne la note. Toutefois, « à linstar de la majorité des autres secteurs exportateurs, la valeur des exportations du secteur dagriculture et agro-alimentaire a accusé une baisse de 7% à fin avril 2020, nourrie dun recul de 7,4% pour les produits de lindustrie alimentaire et de 5,8% pour ceux du secteur dagriculture, sylviculture et chasse », souligne la DEPF.

Côté importations, les produits alimentaires se sont accrus de 22,1% pour atteindre 21,9 milliards de dirhams. Une augmentation tirée par la hausse des achats de blé (+1,1 milliard de dirhams) et d’orge (+1,1 milliard de dirhams).

Concernant l’indice des prix à la consommation (IPC), ce dernier s’est réduit de 0,1% entre les mois de mars et d’avril derniers. Cette évolution découle de la baisse de l’IPC non alimentaire de 0,7%, atténué par l’augmentation de l’IPC alimentaire de 0,7%. Cette dernière résulte de l’accroissement des prix des poissons et fruits de mer de 10,2%, des fruits (5,8%), du lait, fromage et œufs (0,3%) et des huiles et graisses (0,1%). En revanche, les prix ont diminué de 1,3% pour les viandes et de 1,2% pour les légumes.

Basse saison pour les débarquements de la pêche côtière

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture a clôturé l’année 2019 sur une bonne dynamique, « ayant enregistré une croissance de sa valeur ajoutée de 8,3%, après une baisse de 11% un an plus tôt, daprès larrêté des comptes nationaux provisoires de lannée 2019 », rappelle la DEPF.

D’après les dernières données du Département de la pêche, le premier trimestre 2020 aurait été marqué par la basse saison habituelle des poissons pélagiques, principale composante des débarquements de la pêche côtière et artisanale, et par de mauvaises conditions météorologiques, avec, toutefois, une abondance pour d’autres espèces de poissons.

Afin d’assurer la bonne marche de l’approvisionnement du marché de poissons, le secteur de la pêche maritime s’est organisé en faveur de la continuité de ses activités durant la période de confinement, dans le respect des consignes sanitaires exigées dans le contexte de la crise sanitaire actuelle.


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