{"id":12298,"date":"2025-11-14T12:09:25","date_gmt":"2025-11-14T11:09:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=12298"},"modified":"2025-11-14T12:09:26","modified_gmt":"2025-11-14T11:09:26","slug":"morocco-berry-conference-le-maroc-affirme-sa-position-de-leader-africain-dans-les-fruits-rouges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=12298","title":{"rendered":"Morocco Berry Conference : le Maroc affirme sa position de leader africain dans les fruits rouges"},"content":{"rendered":"\n<p>La 6<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;\u00e9dition de la Morocco Berry Conference, organis\u00e9e le 13 novembre \u00e0 Agadir, a confirm\u00e9 la puissance croissante du Maroc dans la production et l\u2019exportation des fruits rouges. L\u2019\u00e9v\u00e9nement a r\u00e9uni pr\u00e8s de 700 participants venus de 30 pays, repr\u00e9sentant producteurs, exportateurs, chercheurs, investisseurs et institutions publiques, venus dresser le bilan de la fili\u00e8re et explorer les leviers de comp\u00e9titivit\u00e9 face aux d\u00e9fis du climat et des march\u00e9s mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019objectif \u00e9tait de rassembler les op\u00e9rateurs des diff\u00e9rents pays africains pour discuter des opportunit\u00e9s d\u2019avenir pour chaque pays<\/em>&nbsp;\u00bb, a expliqu\u00e9 Siham Zahidi, co-fondatrice de Green Smile et co-organisatrice de la conf\u00e9rence, soulignant la dimension collaborative de cette \u00e9dition record. Ce succ\u00e8s illustre la place centrale qu\u2019occupe d\u00e9sormais le Maroc dans la fili\u00e8re africaine, fort de son exp\u00e9rience exportatrice et de sa capacit\u00e9 \u00e0 conjuguer croissance, innovation et durabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Morocco Berry Conference : Mohammed Zahidi et Siham Zahidi\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/NxU73Myq9Pk?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une croissance exceptionnelle port\u00e9e par l\u2019exp\u00e9rience marocaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La transformation rapide du secteur s\u2019explique par un savoir-faire agricole et logistique acquis au fil des ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Mohammed Zahidi, Chairman de Green Smile, rappelle : \u00ab&nbsp;<em>L\u2019avantage du Maroc, c\u2019est d\u2019\u00eatre \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019Europe, d\u2019avoir des producteurs tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9s qui connaissent les exigences du march\u00e9 europ\u00e9en et occidental en g\u00e9n\u00e9ral.<\/em>&nbsp;\u00bb Cette combinaison de comp\u00e9tences et de proximit\u00e9 g\u00e9ographique a favoris\u00e9 une croissance spectaculaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2015, la fili\u00e8re a multipli\u00e9 par neuf ses superficies cultiv\u00e9es. En 2025-2026, la surface totale atteint 15 000 hectares, r\u00e9partis entre 7 500 ha de myrtilles, 4 600 ha de framboises, 2 300 ha de fraises et 300 ha de m\u00fbres.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette expansion s\u2019est traduite par 9 milliards de dirhams d\u2019exportations en 2025, soit huit fois plus qu\u2019en 2015, avec des volumes en hausse de 33 % pour la myrtille et de 14 % pour la framboise sur un an.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Zahidi souligne l\u2019\u00e9volution vari\u00e9tale :&nbsp;<em>\u00ab La myrtille et la framboise ont pris le pas sur la fraise, d\u00e9sormais marginale, tandis que la m\u00fbre reste encore peu d\u00e9velopp\u00e9e<\/em>. \u00bb Ces cultures pr\u00e9sentent \u00e9galement un atout \u00e9cologique majeur : \u00ab&nbsp;<em>Elles consomment beaucoup moins d\u2019eau que la tomate, les agrumes ou l\u2019avocat, ce qui est un avantage d\u00e9cisif dans le contexte actuel de stress hydrique.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette orientation vers des cultures plus efficientes en eau illustre la capacit\u00e9 du Maroc \u00e0 adapter son mod\u00e8le agricole aux d\u00e9fis climatiques et environnementaux, tout en consolidant sa comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e0 l\u2019export.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une fili\u00e8re \u00e0 double moteur : le frais et le surgel\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le dynamisme de la fili\u00e8re repose sur un mod\u00e8le dual alliant agilit\u00e9 commerciale et valorisation industrielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ali Rougui, chef du d\u00e9partement de la veille strat\u00e9gique \u00e0 Morocco Foodex, explique :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le segment du frais incarne l\u2019agilit\u00e9 commerciale du Maroc, tandis que le surgel\u00e9 symbolise sa capacit\u00e9 d\u2019adaptation industrielle et sa vision \u00e0 long terme. Les deux se renforcent mutuellement<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le frais demeure le principal moteur de croissance, avec 172 000 tonnes export\u00e9es en 2024-2025, soit une progression de +19 % sur un an et de +28 % sur deux campagnes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le surgel\u00e9, en hausse de 8 %, repr\u00e9sente 74 000 tonnes export\u00e9es et traduit la mont\u00e9e en gamme industrielle du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensemble, ces deux segments totalisent pr\u00e8s de 246 000 tonnes export\u00e9es, en augmentation de 16 % sur une seule campagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les unit\u00e9s de transformation, d\u00e9sormais certifi\u00e9es BRC et IFS, renforcent la pr\u00e9sence marocaine sur les march\u00e9s \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e&nbsp;: \u00c9tats-Unis, Asie, Union europ\u00e9enne et Royaume-Uni et conf\u00e8rent \u00e0 la fili\u00e8re une r\u00e9silience logistique et commerciale remarquable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des d\u00e9fis structurels persistants<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"MoroccoBerryConference:Amine Bennani, Pt de l&#039;association marocaine des producteurs de fruits rouges\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/qZ0VOtCLfds?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 cette dynamique, la fili\u00e8re reste confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis majeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Amine Bennani, pr\u00e9sident de l\u2019Association marocaine des producteurs de fruits rouges, met en garde : \u00ab&nbsp;<em>Le stress hydrique demeure la premi\u00e8re menace, mais les fruits rouges valorisent au mieux le m\u00e8tre cube d\u2019eau en termes de cr\u00e9ation d\u2019emplois et de valeur en devises.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette contrainte, les producteurs redoublent d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9. Dans la r\u00e9gion d\u2019Agadir, ils utilisent sondes, capteurs et agrotextiles pour optimiser l\u2019irrigation, mais les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames compliquent la t\u00e2che : vents d\u00e9passant les 100 km\/h, pluies de 170 mm, temp\u00e9ratures sup\u00e9rieures \u00e0 51 \u00b0C, et causent des pertes de rendement de 5 \u00e0 20 %.<\/p>\n\n\n\n<p>La main-d\u2019\u0153uvre constitue un autre d\u00e9fi majeur. \u00ab&nbsp;<em>Nous enregistrons des pertes de plus de 15 % sur les exportations de myrtilles et de framboises<\/em>&nbsp;\u00bb, souligne&nbsp;M. Bennani, \u00e9voquant un manque de disponibilit\u00e9 et de motivation. Il appelle \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>inciter les jeunes au travail \u00e0 temps partiel et \u00e0 d\u00e9velopper des h\u00e9bergements pour la main-d\u2019\u0153uvre saisonni\u00e8re venue d\u2019ailleurs<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan sanitaire, la vigilance s\u2019impose.&nbsp;<em>\u00ab Nous importons encore la majorit\u00e9 des plants alors que la bact\u00e9rie Xylella se d\u00e9veloppe en Espagne<\/em>&nbsp;\u00bb, alerte M. Bennani. Il plaide pour la cr\u00e9ation d\u2019une fili\u00e8re marocaine de production et de multiplication de plants, afin de r\u00e9duire la d\u00e9pendance ext\u00e9rieure. Et de pr\u00e9venir : \u00ab&nbsp;<em>Le risque de d\u00e9tection de virus comme l\u2019h\u00e9patite ou le norovirus augmente ; il faut renforcer la vigilance et appliquer strictement les mesures prophylactiques<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des performances \u00e9conomiques, la Morocco Berry Conference 2025 a soulign\u00e9 l\u2019importance d\u2019unir recherche, innovation et coop\u00e9ration r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Mohammed Al Amouri, pr\u00e9sident d\u2019Interproberries Maroc, cette rencontre \u00ab&nbsp;<em>vise \u00e0 renforcer le contact et le relationnel, mais surtout \u00e0 identifier les entraves techniques, g\u00e9n\u00e9tiques et r\u00e9glementaires qui freinent le d\u00e9veloppement du secteur, et \u00e0 proposer des solutions concr\u00e8tes gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9change entre partenaires.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Chercheurs, producteurs, exportateurs et logisticiens y ont partag\u00e9 une m\u00eame ambition : faire du Maroc le hub africain des fruits rouges, capable de promouvoir la recherche appliqu\u00e9e, la durabilit\u00e9 et la diversification des march\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Morocco Berry Conference : Mohammed Al Amouri, Pr\u00e9sident de l\u2019interprofessionnel Interproberries\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/sZbCbL0EBmE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entre efficacit\u00e9 hydrique et cr\u00e9ation de valeur : le pari gagnant des pionniers marocains<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les pionniers du secteur, les fruits rouges ne sont plus une niche mais un pilier de la comp\u00e9titivit\u00e9 agricole marocaine, combinant cr\u00e9ation de valeur, emploi et gestion raisonn\u00e9e de l\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Taquie-Dine Cherradi El Fadili, pr\u00e9sident du groupe Matysha Touty Berry, rappelle :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Je suis producteur sur la r\u00e9gion d\u2019Agadir depuis 1987. Aujourd\u2019hui, les fruits rouges repr\u00e9sentent 40 % de notre chiffre d\u2019affaires.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entreprise, pr\u00e9sente sur plusieurs march\u00e9s internationaux, continue d\u2019investir dans une production \u00e0 fort potentiel : \u00ab&nbsp;<em>Nous sommes en pleine extension de cette demande qui est une des sp\u00e9culations qui consomme le moins d\u2019eau dans la r\u00e9gion, entre 4 700 et 5 000 m\u00b3, par rapport aux autres sp\u00e9culations<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Leyth Zniber, directeur g\u00e9n\u00e9ral du Domaine Zniber, rappelle que son groupe a \u00e9t\u00e9 pionnier de la framboise et de la myrtille \u00e0 Agadir : \u00ab&nbsp;<em>La fili\u00e8re fruits est en train de devenir une fili\u00e8re strat\u00e9gique pour le Maroc, que ce soit en termes de g\u00e9n\u00e9ration de valeur ou de cr\u00e9ation d\u2019emplois.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il insiste sur la pertinence \u00e9cologique de ces cultures : \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est aussi une culture qui valorise le m\u00e8tre cube d\u2019eau, un enjeu majeur pour notre pays.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>M. Zniber souligne que la conf\u00e9rence incarne cette dynamique : \u00ab&nbsp;<em>La Morocco Berry Conference est pour nous un exemple de l\u2019importance que cette fili\u00e8re est en train de prendre dans notre pays.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers ces t\u00e9moignages, le message est clair : la fili\u00e8re marocaine des fruits rouges s\u2019impose comme un mod\u00e8le de durabilit\u00e9 et de performance, conjuguant innovation, efficacit\u00e9 hydrique et cr\u00e9ation d\u2019emplois.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les d\u00e9fis africains du berry : entre salinit\u00e9, climat et g\u00e9n\u00e9tique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 du Maroc, la Morocco Berry Conference a ouvert un large d\u00e9bat sur les d\u00e9fis structurels que rencontre la fili\u00e8re des petits fruits \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent africain. Producteurs, experts et chercheurs venus d\u2019\u00c9gypte, d\u2019Afrique du Sud et du Maroc ont dress\u00e9 un diagnostic lucide : salinit\u00e9 de l\u2019eau, conditions climatiques extr\u00eames, raret\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e, financement limit\u00e9 et contraintes post-r\u00e9colte freinent encore la consolidation du secteur, malgr\u00e9 un potentiel remarquable.<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00c9gypte, la culture des fruits rouges reste encore \u00e9mergente. Medhat El Meligy, producteur, d\u00e9crit les principaux obstacles techniques :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Les myrtilles ont besoin d\u2019une eau tr\u00e8s faiblement sal\u00e9e\u2026 et en \u00c9gypte, l\u2019eau souterraine atteint g\u00e9n\u00e9ralement entre 1 000 et 1 500 ppm, alors qu\u2019elle devrait \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 200 ppm<\/em>. \u00bb \u00c0 cette contrainte s\u2019ajoute un manque de qualification du personnel :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous avons une main-d\u2019\u0153uvre bon march\u00e9, mais elle doit \u00eatre form\u00e9e.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pour lui, la priorit\u00e9 reste claire :\u00ab&nbsp;<em>Je pr\u00e9f\u00e8re une meilleure dur\u00e9e de conservation, car elle nous permettrait d\u2019explorer des march\u00e9s comme la Chine, les \u00c9tats-Unis ou le Canada.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu de la qualit\u00e9 post-r\u00e9colte appara\u00eet ainsi comme un levier strat\u00e9gique pour l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus au Sud, la situation est tout autre. En Afrique du Sud, le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re repose presque exclusivement sur l\u2019investissement priv\u00e9. Pieter Zietsman, producteur, souligne cette singularit\u00e9 : \u00ab&nbsp;<em>Chez nous, tout est financ\u00e9 par des fonds priv\u00e9s nationaux&nbsp;, contrairement au Maroc ou au P\u00e9rou, o\u00f9 les capitaux \u00e9trangers ont soutenu la croissance<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9savantage g\u00e9ographique renforce cette contrainte : \u00ab&nbsp;<em>Le Maroc, comme le P\u00e9rou, est tr\u00e8s proche de l\u2019Europe. La demande y est forte, ce qui a attir\u00e9 beaucoup de capitaux<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et de pr\u00e9ciser, dans une formule qui r\u00e9sume bien l\u2019\u00e9quilibre recherch\u00e9 par les producteurs :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le consommateur veut un fruit de bonne qualit\u00e9\u2026 et nous, producteurs, nous voulons du rendement et un bon retour sur investissement<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9quation complexe qui illustre la tension entre exigence qualitative et rentabilit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Morocco Berry Conference : Leyth Zniber, DG du Domaine Zniber\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/u_HVbGOuO6Y?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au Maroc, la r\u00e9flexion s\u2019oriente davantage vers la recherche vari\u00e9tale et l\u2019innovation agronomique. Leyth Zniber met en avant une approche r\u00e9solument exp\u00e9rimentale :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous testons plusieurs vari\u00e9t\u00e9s\u2026 et si nous devons choisir, \u00e0 court terme, ce sera encore le rendement.<\/em>&nbsp;\u00bb Mais il avertit : \u00ab&nbsp;<em>Si le Maroc n\u2019am\u00e9liore pas ses performances avant et apr\u00e8s r\u00e9colte, nous ne pourrons pas rivaliser.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il souligne par ailleurs le potentiel de la r\u00e9gion de Berkane, dot\u00e9e de conditions agro-climatiques exceptionnelles : \u00ab&nbsp;<em>Nous avons un microclimat extr\u00eamement \u00e9quilibr\u00e9, avec un potentiel tr\u00e8s important<\/em>. \u00bb Ce territoire appara\u00eet ainsi comme un p\u00f4le d\u2019avenir pour la diversification et la valorisation des fruits rouges marocains.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces interventions convergent vers un m\u00eame constat : l\u2019Afrique dispose d\u2019atouts consid\u00e9rables mais doit renforcer ses capacit\u00e9s scientifiques, techniques et organisationnelles pour soutenir sa comp\u00e9titivit\u00e9. M. Amine Bennani appelle \u00e0&nbsp;<em>\u00ab la construction d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me national de recherche sur la g\u00e9n\u00e9tique, les techniques culturales et la gestion de l\u2019eau<\/em>&nbsp;\u00bb, tandis que M. Mohammed Zahidi estime que \u00ab&nbsp;<em>ce secteur, par son potentiel et sa rapidit\u00e9 de d\u00e9veloppement, est appel\u00e9 \u00e0 devenir l\u2019un des piliers des exportations agricoles marocaines<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vers une nouvelle \u00e8re de coop\u00e9ration et d\u2019excellence<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Morocco Berry Conference : Taquie-Dine Cherradi El Fadili, PDG de Lymouna Matysha Touty Berry\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/FAqBKAwFzRw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Le constat est partag\u00e9 par l\u2019ensemble des intervenants : la fili\u00e8re marocaine des fruits rouges est entr\u00e9e dans une nouvelle phase, celle de la comp\u00e9titivit\u00e9 durable, de la coop\u00e9ration africaine et de la recherche d\u2019excellence.<\/p>\n\n\n\n<p>En conjuguant savoir-faire, innovation et partenariats, le Maroc consolide son r\u00f4le de moteur continental, tout en inspirant une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019acteurs africains engag\u00e9s dans une agriculture durable et r\u00e9siliente.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La 6\u00e8me&nbsp;\u00e9dition de la Morocco Berry Conference, organis\u00e9e le 13 novembre \u00e0 Agadir, a confirm\u00e9 la puissance croissante du Maroc dans la production et l\u2019exportation des fruits rouges. L\u2019\u00e9v\u00e9nement a r\u00e9uni pr\u00e8s de 700 participants venus de 30 pays, repr\u00e9sentant producteurs, exportateurs, chercheurs, investisseurs et institutions publiques, venus dresser le bilan de la fili\u00e8re et &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12299,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,2],"tags":[],"class_list":["post-12298","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-a-la-une","category-actus-maroc"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12298","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12298"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12298\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12300,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12298\/revisions\/12300"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12299"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12298"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12298"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12298"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}