{"id":12919,"date":"2026-02-06T12:37:53","date_gmt":"2026-02-06T11:37:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=12919"},"modified":"2026-02-06T16:51:33","modified_gmt":"2026-02-06T15:51:33","slug":"seafood-4-africa-a-dakhla-structurer-une-economie-bleue-africaine-entre-souverainete-science-et-investissement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=12919","title":{"rendered":"Seafood 4 Africa \u00e0 Dakhla : structurer une \u00e9conomie bleue africaine entre souverainet\u00e9, science et investissement"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c0 Dakhla, Seafood 4 Africa a r\u00e9uni du 4 au 6 f\u00e9vrier chercheurs, institutions publiques africaines, op\u00e9rateurs priv\u00e9s et partenaires internationaux autour d\u2019un constat d\u00e9sormais partag\u00e9 : l\u2019Afrique dispose d\u2019un potentiel halieutique et aquacole consid\u00e9rable, mais la valeur cr\u00e9\u00e9e reste encore largement capt\u00e9e hors du continent.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Photo-2-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12921\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Photo-2-2.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Photo-2-2-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Photo-2-2-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Photo-2-2-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Panels techniques, interventions institutionnelles et \u00e9changes de terrain mettent en lumi\u00e8re les leviers, mais aussi les fragilit\u00e9s d\u2019une \u00e9conomie bleue africaine confront\u00e9e \u00e0 des enjeux \u00e9troitement li\u00e9s de souverainet\u00e9 alimentaire, de durabilit\u00e9 environnementale et de structuration industrielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des discussions, une m\u00eame urgence s\u2019impose : passer de la vision strat\u00e9gique \u00e0 l\u2019action, en s\u2019appuyant sur des exp\u00e9riences concr\u00e8tes, des coop\u00e9rations r\u00e9gionales et une transformation locale plus affirm\u00e9e des ressources marines. Les travaux s\u2019organisent ainsi autour de cinq axes structurants, esquissant les contours d\u2019une \u00e9conomie bleue africaine encore en construction, mais d\u00e9sormais engag\u00e9e dans une dynamique op\u00e9rationnelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transformer localement les richesses de la mer : sortir du mod\u00e8le extractif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12922\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-1.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-1-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-1-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-1-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La transformation locale des produits de la mer s\u2019est impos\u00e9e comme un enjeu central des d\u00e9bats. En Afrique, pr\u00e8s de 12 millions de tonnes de produits halieutiques sont produites chaque ann\u00e9e, mais moins de 10 % sont transform\u00e9es localement. L\u2019essentiel de la valeur ajout\u00e9e continue ainsi d\u2019\u00eatre cr\u00e9\u00e9e hors du continent, au d\u00e9triment des \u00e9conomies c\u00f4ti\u00e8res et de l\u2019emploi local.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Dr Lahcen Ababouch, consultant international en \u00e9conomie bleue, la durabilit\u00e9 ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e du march\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le r\u00f4le du march\u00e9 peut \u00eatre d\u00e9terminant pour reconna\u00eetre la durabilit\u00e9, \u00e0 condition que celle-ci repose sur des crit\u00e8res stricts et cr\u00e9dibles.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette reconnaissance passe par des standards pr\u00e9cis, fond\u00e9s notamment sur le Code de conduite pour une p\u00eache responsable et les directives de la FAO sur l\u2019\u00e9colabellisation, aujourd\u2019hui pleinement int\u00e9gr\u00e9s par seulement deux syst\u00e8mes nationaux, en Alaska et en Islande.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Maroc, la transformation locale est \u00e9galement abord\u00e9e sous l\u2019angle de la structuration industrielle et sanitaire. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019INRH, Mohammed NAJIH &#8211; Directeur G\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;INRH, a rappel\u00e9 que la cr\u00e9ation de valeur passe par une ma\u00eetrise compl\u00e8te de la cha\u00eene, de la ressource au produit fini :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La valorisation des produits de la mer ne peut se faire sans connaissance<em>&nbsp;scientifique, sans contr\u00f4le sanitaire et sans outils de transformation adapt\u00e9s aux march\u00e9s<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, la recherche halieutique joue un r\u00f4le cl\u00e9 pour orienter les investissements vers des segments \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e et r\u00e9duire les pertes post-capture.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le continent africain, la transformation locale est aussi per\u00e7ue comme un levier de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. En Guin\u00e9e, o\u00f9 le potentiel&nbsp;halieutique&nbsp;est important, la fili\u00e8re reste pourtant peu d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous disposons d\u2019un r\u00e9seau hydrographique dense, mais l\u2019aquaculture et la transformation restent sous-exploit\u00e9es, notamment faute d\u2019investissements priv\u00e9s structurants<\/em>&nbsp;\u00bb, a soulign\u00e9 Mme Mariame Diallo, directrice g\u00e9n\u00e9rale du Centre national des sciences halieutiques de Boussoura.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pays s\u2019est engag\u00e9 dans le d\u00e9veloppement de quatre p\u00f4les aquacoles, un par r\u00e9gion naturelle, afin de structurer la production autour des communaut\u00e9s locales et des PME.<\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation de valeur passe enfin par l\u2019innovation industrielle. M. Youssef Radi, chercheur \u00e0 l\u2019INRH, a rappel\u00e9 que le risque \u00e9conomique se joue tr\u00e8s en amont :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le taux de r\u00e9ussite d\u2019un nouveau produit alimentaire ne d\u00e9passe pas 20 %. C\u2019est pourquoi le projet doit passer par l\u2019\u00e9tude de march\u00e9, le prototypage et la validation avant l\u2019industrialisation.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il a cit\u00e9 un projet men\u00e9 en 2024 avec l\u2019INRH et l\u2019INPHI, portant sur la valorisation de farines de poisson faiblement exploit\u00e9es et de coproduits, ayant permis \u00e0 l\u2019entreprise concern\u00e9e d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un financement public couvrant jusqu\u2019\u00e0 80 % des \u00e9quipements industriels.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les op\u00e9rateurs africains, la transformation locale appara\u00eet ainsi moins comme une option que comme une condition d\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s, aux financements et \u00e0 une souverainet\u00e9 alimentaire durable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Initiatives et coop\u00e9rations africaines : construire des cha\u00eenes de valeur continentales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12923\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-2.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-2-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-2-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-2-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9changes ont largement d\u00e9pass\u00e9 les cadres nationaux. Tous les intervenants ont converg\u00e9 vers une m\u00eame conclusion : l\u2019\u00e9conomie bleue africaine ne pourra se structurer sans une approche r\u00e9gionale et continentale coordonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Blessing Mapfumo, repr\u00e9sentante de la World Aquaculture Society \u2013 African Chapter, a rappel\u00e9 les ordres de grandeur :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La production aquacole africaine atteint environ 2,6 millions de tonnes, alors que la demande future d\u00e9passera largement les 40 millions de tonnes par an<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fracture entre potentiel et r\u00e9alit\u00e9 s\u2019explique par la fragmentation des cha\u00eenes de valeur, la d\u00e9pendance aux importations d\u2019intrants et l\u2019absence de march\u00e9s r\u00e9gionaux int\u00e9gr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Mariame Diallo a insist\u00e9 sur le r\u00f4le des partenaires techniques et financiers : \u00ab&nbsp;<em>Des institutions comme la FAO, l\u2019AFD et la GIZ accompagnent la Guin\u00e9e, mais le v\u00e9ritable enjeu reste la structuration d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me local viable<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a \u00e9galement rappel\u00e9 que les derni\u00e8res \u00e9valuations des ressources halieutiques continentales en Guin\u00e9e remontaient aux ann\u00e9es 1970-1980, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance des nouveaux programmes d\u2019\u00e9valuation scientifique engag\u00e9s dans le cadre du projet KUNGI.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, la coop\u00e9ration est aussi per\u00e7ue comme un levier d\u2019attractivit\u00e9 pour l\u2019investissement. Mme Kamile Klap, du World Economic Forum, a soulign\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019aquaculture mondiale progresse rapidement en Asie et dans les Am\u00e9riques, tandis que l\u2019Afrique stagne. Cela envoie un signal n\u00e9gatif aux investisseurs<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a rappel\u00e9 que, depuis 2022, l\u2019aquaculture a d\u00e9pass\u00e9 la p\u00eache de capture en volume au niveau mondial, devenant un pilier central de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Ghana, des initiatives concr\u00e8tes sont en cours, avec la cr\u00e9ation d\u2019un Blue Food Innovation Hub et l\u2019annonce par le gouvernement, en novembre 2025, d\u2019un fonds d\u00e9di\u00e9 au d\u00e9veloppement de l\u2019aquaculture, ciblant les PME et les organisations de petits producteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les participants, la coop\u00e9ration africaine ne rel\u00e8ve plus d\u2019un discours politique, mais d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique, conditionnant l\u2019\u00e9mergence de cha\u00eenes de valeur comp\u00e9titives face aux grands bassins mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Technologies de p\u00eache et \u00e9conomie bleue : science, donn\u00e9es et adaptation aux r\u00e9alit\u00e9s africaines<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12924\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-3.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-3-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-3-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-3-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des ambitions affich\u00e9es, Seafood 4 Africa a mis en lumi\u00e8re un point souvent sous-estim\u00e9 dans les strat\u00e9gies africaines : la technologie n\u2019est pas un suppl\u00e9ment, mais un pr\u00e9requis \u00e0 toute \u00e9conomie bleue cr\u00e9dible.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019il s\u2019agisse de p\u00eache, d\u2019aquaculture ou de transformation, les interventions ont rappel\u00e9 que la durabilit\u00e9 ne peut \u00eatre d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e sans connaissance fine des milieux, des esp\u00e8ces et des capacit\u00e9s r\u00e9elles des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dr Lahcen Ababouch a pos\u00e9 le cadre d\u00e8s le d\u00e9part : \u00ab&nbsp;<em>L\u2019Atlantique a des sp\u00e9cificit\u00e9s naturelles, m\u00e9t\u00e9orologiques et oc\u00e9aniques qui n\u2019existent pas ailleurs. On ne peut pas transposer des mod\u00e8les asiatiques ou tropicaux sans investir massivement dans la compr\u00e9hension du milieu.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019appuyant sur son exp\u00e9rience au Maroc et dans plusieurs pays atlantiques africains, il a rappel\u00e9 que l\u2019aquaculture marine dans cette zone reste au stade d\u2019apprentissage, comme l\u2019a \u00e9t\u00e9 la p\u00eache hauturi\u00e8re marocaine dans les ann\u00e9es 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, le Maroc versait pr\u00e8s de 89 millions de dollars par an en salaires \u00e0 des \u00e9quipages \u00e9trangers (cor\u00e9ens, chinois) faute de comp\u00e9tences locales pour exploiter les zones au-del\u00e0 des 9 milles nautiques.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous allons apprendre, faire des erreurs, corriger, et avancer. L\u2019important est de ne pas croire que tout est d\u00e9j\u00e0 ma\u00eetris\u00e9<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche progressive a trouv\u00e9 un \u00e9cho dans les interventions scientifiques africaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Mme Mariame Diallo (CNSHB, Guin\u00e9e) a insist\u00e9 sur le r\u00f4le central de la recherche appliqu\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Une aquaculture r\u00e9ussie commence toujours par une \u00e9tude de faisabilit\u00e9 et une connaissance bio\u00e9cologique du milieu. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Elle a rappel\u00e9 que la Guin\u00e9e n\u2019avait pas conduit d\u2019\u00e9valuation exhaustive de ses ressources halieutiques continentales depuis les ann\u00e9es 1970\u20131980, justifiant les nouveaux programmes engag\u00e9s dans le cadre du projet KUNGI pour identifier les esp\u00e8ces r\u00e9ellement adapt\u00e9es aux milieux locaux, au-del\u00e0 des seuls tilapias et silures.<\/p>\n\n\n\n<p>La technologie est \u00e9galement apparue comme un outil de r\u00e9duction du risque \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>M. Youssef Radi (INRH) a d\u00e9taill\u00e9 le r\u00f4le du Centre de valorisation et de d\u00e9veloppement des produits : \u00ab&nbsp;<em>Innover sans processus structur\u00e9, c\u2019est exposer le projet \u00e0 un risque \u00e9lev\u00e9. La technologie permet de s\u00e9curiser chaque \u00e9tape, de l\u2019id\u00e9e au prototype, avant l\u2019industrialisation<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Il a rappel\u00e9 que seuls 20 % des nouveaux produits alimentaires atteignent le march\u00e9, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance des phases interm\u00e9diaires (tests, prototypage, validation march\u00e9) pour rendre les projets finan\u00e7ables.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan international, l\u2019exemple de l\u2019Alaska a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 non comme mod\u00e8le \u00e0 copier, mais comme r\u00e9f\u00e9rence m\u00e9thodologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dr Lahcen Ababouch a rappel\u00e9 que l\u2019Alaska avait d\u00e9velopp\u00e9 son propre syst\u00e8me de certification nationale bas\u00e9 sur les instruments FAO : \u00ab&nbsp;<em>Ce syst\u00e8me repose sur plus de 500 pages de crit\u00e8res techniques, couvrant l\u2019ensemble de la cha\u00eene, de la ressource \u00e0 la commercialisation<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un dispositif aujourd\u2019hui partag\u00e9 uniquement avec l\u2019Islande, et qui permet au march\u00e9 de jouer un r\u00f4le actif dans la reconnaissance de la durabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La technologie appara\u00eet enfin comme un facteur de souverainet\u00e9 strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon plusieurs intervenants, l\u2019Afrique ne pourra s\u00e9curiser ses cha\u00eenes de valeur halieutiques sans investir dans :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>la collecte de donn\u00e9es environnementales,<\/li>\n\n\n\n<li>la mod\u00e9lisation des capacit\u00e9s de charge,<\/li>\n\n\n\n<li>la tra\u00e7abilit\u00e9,<\/li>\n\n\n\n<li>et l\u2019adaptation des outils de p\u00eache et de production aux r\u00e9alit\u00e9s atlantiques et continentales.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, l\u2019\u00e9conomie bleue ne se limite plus \u00e0 l\u2019exploitation des ressources, mais devient un champ d\u2019ing\u00e9nierie, de science appliqu\u00e9e et de d\u00e9cision publique \u00e9clair\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aquaculture africaine&nbsp;: de la vision \u00e0 l\u2019action<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12925\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-4.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-4-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-4-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-4-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au c\u0153ur des d\u00e9bats de Seafood 4 Africa, l\u2019aquaculture s\u2019impose comme un pilier structurant de la souverainet\u00e9 alimentaire africaine. Loin d\u2019un discours prospectif, les \u00e9changes mettent en lumi\u00e8re des trajectoires d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es, des choix politiques assum\u00e9s et des mod\u00e8les en cours de d\u00e9ploiement, \u00e0 commencer par l\u2019exp\u00e9rience marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019ouverture des discussions, la directrice g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Agence nationale pour le d\u00e9veloppement de l\u2019aquaculture (ANDA),&nbsp;Majida MAAROUF, Directrice G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Agence Nationale pour le D\u00e9veloppement de l\u2019Aquaculture (ANDA),&nbsp;pose un cadre clair : l\u2019aquaculture ne peut plus \u00eatre pens\u00e9e comme un segment marginal de la p\u00eache, mais comme une fili\u00e8re industrielle \u00e0 part enti\u00e8re, fond\u00e9e sur la planification, la s\u00e9curisation du foncier, une gouvernance claire et un accompagnement public cibl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019aquaculture n\u2019est pas une activit\u00e9 opportuniste. C\u2019est une industrie qui exige du temps, de la visibilit\u00e9 et une structuration rigoureuse des projets&nbsp;<\/em>\u00bb, rappelle-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Maroc, cette vision repose sur un potentiel identifi\u00e9 de 300 000 tonnes par an, alors que la production reste tr\u00e8s inf\u00e9rieure \u00e0 ce plafond. L\u2019enjeu n\u2019est donc pas la ressource, mais la capacit\u00e9 \u00e0 transformer ce potentiel en projets r\u00e9els, cr\u00e9dibles et bancables, capables d\u2019attirer l\u2019investissement priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche fait \u00e9cho \u00e0 d\u2019autres trajectoires africaines. Au Ghana, Jacob Adzikah, pr\u00e9sident de la Chambre de l\u2019Aquaculture, rappelle l\u2019ampleur du d\u00e9fi : \u00ab&nbsp;<em>Le Ghana accuse aujourd\u2019hui un d\u00e9ficit d\u2019environ 630 000 tonnes de poisson.<\/em>&nbsp;\u00bb Pour y r\u00e9pondre, les autorit\u00e9s ont opt\u00e9 pour un projet d\u2019envergure nationale centr\u00e9 sur le lac Volta, principal r\u00e9servoir de croissance aquacole du pays. La cr\u00e9ation du Volta Economic Corridor Initiative traduit cette orientation, avec un parc aquacole structur\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00c9tat intervient directement sur l\u2019un des principaux freins \u00e0 l\u2019investissement : le foncier.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de conduire lui-m\u00eame l\u2019acquisition des terres afin de lever l\u2019un des freins majeurs \u00e0 l\u2019investissement priv\u00e9&nbsp;<\/em>\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Une fois ce pr\u00e9alable s\u00e9curis\u00e9, les op\u00e9rateurs priv\u00e9s sont invit\u00e9s \u00e0 investir dans un cadre de partenariat public-priv\u00e9, via un SPV (Special Purpose Vehicle) destin\u00e9 \u00e0 structurer le financement et la cha\u00eene de valeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Au S\u00e9n\u00e9gal, l\u2019aquaculture progresse \u00e0 un rythme plus prudent, mais avec des objectifs d\u00e9sormais chiffr\u00e9s. Les projections \u00e9voqu\u00e9es tablent sur 20 000 tonnes \u00e0 l\u2019horizon 2030, dont 17 000 tonnes de poissons, port\u00e9es par des esp\u00e8ces \u00e0 cycle court et \u00e0 faible exigence technologique. \u00ab&nbsp;<em>Le poisson-chat et la carpe sont des esp\u00e8ces faciles \u00e0 d\u00e9velopper, qui permettent d\u2019atteindre rapidement des volumes importants<\/em>&nbsp;\u00bb, est-il soulign\u00e9. Ces orientations sont \u00e9troitement li\u00e9es au travail conduit avec la FAO, notamment sur la question strat\u00e9gique de l\u2019alimentation animale.<\/p>\n\n\n\n<p>En Guin\u00e9e, Mariame Diallo, directrice g\u00e9n\u00e9rale du Centre national des sciences halieutiques de Boussoura (CNSHB), dresse un constat sans d\u00e9tour : \u00ab&nbsp;<em>La Guin\u00e9e est le ch\u00e2teau d\u2019eau de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, mais reste paradoxalement l\u2019un des pays o\u00f9 l\u2019aquaculture est le moins d\u00e9velopp\u00e9e.&nbsp;<\/em>\u00bb Malgr\u00e9 un r\u00e9seau hydrographique dense, le secteur demeure largement communautaire, port\u00e9 par des PME faiblement capitalis\u00e9es. Pour inverser cette tendance, l\u2019aquaculture est inscrite comme priorit\u00e9 du plan strat\u00e9gique 2023\u20132027, avec l\u2019appui de la Banque mondiale, de l\u2019AFD et d\u2019autres partenaires. Quatre p\u00f4les aquacoles sont actuellement en cours de d\u00e9veloppement, correspondant aux quatre r\u00e9gions naturelles du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Une aquaculture r\u00e9ussie commence par une \u00e9tude du milieu et par le choix d\u2019esp\u00e8ces r\u00e9ellement adapt\u00e9es \u00e0 l\u2019environnement<\/em>&nbsp;\u00bb, insiste-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en perspective internationale apport\u00e9e par Asaad Mohamed, directeur du programme aquaculture \u00e0 la KAUST, \u00e9claire ces trajectoires africaines. Dans le cadre de la Vision 2030, l\u2019Arabie saoudite vise une production de 530 000 tonnes de produits aquacoles, r\u00e9parties entre 230 000 tonnes de poissons marins, 220 000 tonnes de crevettes et 70 000 tonnes d\u2019esp\u00e8ces d\u2019eau douce.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le gouvernement saoudien a investi pr\u00e8s de 120 milliards de riyals, soit environ 30 milliards de dollars, pour soutenir le d\u00e9veloppement de l\u2019aquaculture<\/em>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>KAUST joue le r\u00f4le de bras scientifique de l\u2019\u00c9tat, avec une approche fond\u00e9e sur la recherche appliqu\u00e9e, la mod\u00e9lisation environnementale et la validation \u00e0 \u00e9chelle commerciale, notamment en cages marines. L\u2019am\u00e9lioration de la nutrition animale et du Food Conversion Ratio a permis, \u00e0 elle seule, d\u2019\u00e9conomiser environ 417 millions de dollars par an en importations de mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers ces exp\u00e9riences crois\u00e9es, Seafood 4 Africa met en \u00e9vidence un basculement clair : l\u2019aquaculture africaine n\u2019est plus un horizon lointain, mais un chantier en cours, qui avance \u00e0 des rythmes diff\u00e9rents selon les pays, tout en reposant partout sur les m\u00eames fondamentaux \u2014 planification, science, financement et gouvernance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Financement des projets d\u2019aquaculture et de valorisation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12926\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-5.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-5-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-5-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Panel-5-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Si la vision aquacole africaine est d\u00e9sormais clairement pos\u00e9e, sa mise en \u0153uvre se heurte \u00e0 un enjeu transversal : le financement. \u00c0 Seafood 4 Africa, les \u00e9changes ont montr\u00e9 que le principal frein n\u2019est pas l\u2019absence de capitaux, mais la difficult\u00e9 \u00e0 transformer des projets techniquement solides en projets r\u00e9ellement bancables, capables de rassurer les investisseurs, les assureurs et les institutions financi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Maroc, cette question est au c\u0153ur des travaux conduits par le minist\u00e8re des Finances dans le cadre de la future strat\u00e9gie nationale de l\u2019\u00e9conomie bleue. Siham Fellahi, cheffe de mission et co-coordonnatrice de l\u2019UGP \u00c9conomie bleue, r\u00e9sume l\u2019enjeu :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>L\u2019enjeu n\u2019est pas de mobiliser davantage de ressources, mais de transformer le potentiel en projets concrets, cr\u00e9dibles et bancables<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le potentiel national est estim\u00e9 \u00e0 300 000 tonnes par an, alors que la production reste tr\u00e8s inf\u00e9rieure \u00e0 ce plafond, principalement en raison d\u2019une structuration insuffisante des projets en amont. L\u2019approche marocaine repose ainsi sur une finance mixte, combinant ressources publiques concessionnelles et capitaux priv\u00e9s, ainsi que sur un fonds d\u2019investissement th\u00e9matique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9conomie bleue, con\u00e7u comme catalyseur plut\u00f4t que simple outil de subvention. \u00ab&nbsp;<em>Un instrument financier seul ne peut r\u00e9pondre aux besoins du secteur aquacole<\/em>&nbsp;\u00bb, insiste Siham Fellahi.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette analyse est largement partag\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle africaine. Au Ghana, malgr\u00e9 une dynamique aquacole affirm\u00e9e, l\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit demeure un goulet d\u2019\u00e9tranglement. Jacob Adzikah, pr\u00e9sident de la Chambre de l\u2019Aquaculture, rappelle que le secteur a longtemps \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme trop risqu\u00e9 : \u00ab&nbsp;<em>Les banques ne comprenaient pas le secteur. Elles le percevaient comme trop risqu\u00e9, sans assurance ni garanties adapt\u00e9es<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un travail de fond avec banques et assureurs a permis l\u2019introduction de produits couvrant les stocks vivants et l\u2019int\u00e9gration de l\u2019aquaculture dans le Ghana Incentive-Based Risk Sharing and Agricultural Lending System (GIRSAL).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Aujourd\u2019hui, les pr\u00eats \u00e0 l\u2019aquaculture b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une garantie publique de 70 %&nbsp;<\/em>\u00bb, pr\u00e9cise-t-il, un m\u00e9canisme qui a profond\u00e9ment modifi\u00e9 la perception du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale, l\u2019UEMOA souligne l\u2019importance d\u2019un cadre harmonis\u00e9 pour s\u00e9curiser les financements transfrontaliers. Diengane Ndong, directeur de l\u2019Agriculture, rappelle que :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La certification est aujourd\u2019hui le passeport de toutes les denr\u00e9es alimentaires d\u2019origine animale dans l\u2019espace UEMOA<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais au-del\u00e0 des normes, le manque de coordination entre producteurs, transformateurs et financeurs demeure un frein majeur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Il faut organiser les acteurs autour de la cha\u00eene de valeur et d\u00e9finir ensemble o\u00f9 l\u2019on veut aller dans cinq ou dix ans<\/em>&nbsp;\u00bb, insiste-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame lecture du c\u00f4t\u00e9 du World Economic Forum. Kamile Klap, Lead Global Risks, rappelle que si l\u2019aquaculture mondiale progresse rapidement, avec +60 % en huit ans en Asie, l\u2019Afrique reste en retrait malgr\u00e9 son potentiel. \u00ab&nbsp;<em>Le financement issu de l\u2019aide au d\u00e9veloppement se tarit. Le relais doit d\u00e9sormais venir du secteur priv\u00e9, dans des cadres de partenariat public-priv\u00e9 solides<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte qu\u2019a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u le Blue Food Innovation Hub au Ghana, destin\u00e9 \u00e0 accompagner startups et PME aquacoles vers une maturit\u00e9 financi\u00e8re suffisante.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9chelle des entreprises, Youssef Radi, chercheur \u00e0 l\u2019INRH, rappelle la r\u00e9alit\u00e9 du risque industriel : seuls 20 % des nouveaux produits agroalimentaires atteignent le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Pour r\u00e9duire le risque, un projet doit passer par l\u2019\u00e9tude de march\u00e9, la conception, le prototypage et l\u2019industrialisation avant l\u2019\u00e9tape du financement<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre, l\u2019accompagnement public peut couvrir jusqu\u2019\u00e0 80 % du financement, sous r\u00e9serve de viabilit\u00e9 technique et commerciale d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, Lahcen Ababouch, consultant senior international en \u00e9conomie bleue, replace ces m\u00e9canismes dans la perspective de la finance durable :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Si l\u2019on veut canaliser les financements vers une aquaculture durable, il faut des crit\u00e8res techniques stricts pour \u00e9viter le greenwashing<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Inspir\u00e9s des travaux europ\u00e9ens sur la taxonomie verte, ces crit\u00e8res visent \u00e0 orienter les capitaux vers des projets capables de r\u00e9duire l\u2019empreinte carbone, pr\u00e9server la biodiversit\u00e9 et renforcer la r\u00e9silience des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Seafood 4 Africa, le message est clair : le financement de l\u2019aquaculture africaine d\u00e9pend moins de l\u2019abondance des ressources que de la capacit\u00e9 collective \u00e0 structurer les projets, partager les risques et aligner les instruments financiers sur les r\u00e9alit\u00e9s du terrain.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#abb7c230\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>Tra\u00e7abilit\u00e9 et froid : quand la technologie structure la fili\u00e8re halieutique&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La cha\u00eene du froid et la tra\u00e7abilit\u00e9 s\u2019imposent comme des infrastructures invisibles mais d\u00e9cisives de l\u2019\u00e9conomie halieutique africaine, conditionnant \u00e0 la fois la qualit\u00e9 des produits, la r\u00e9duction des pertes et l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e. D\u00e8s la capture, toute rupture thermique entra\u00eene une d\u00e9gradation rapide du poisson, avec des impacts directs sur la valorisation industrielle et commerciale. Dans ce contexte, la tra\u00e7abilit\u00e9 n\u2019est plus seulement un outil de suivi, mais un levier de structuration du secteur. Elle permet d\u2019assurer la continuit\u00e9 des flux, de s\u00e9curiser les \u00e9changes internationaux et de renforcer la confiance des partenaires commerciaux. \u00ab&nbsp;<em>La tra\u00e7abilit\u00e9 est aujourd\u2019hui le c\u0153ur de la performance du secteur halieutique&nbsp;<\/em>\u00bb, souligne Dr Abdelghani Azzi,&nbsp;Dr Abdelghni AZZI &#8211; Directeur du Contr\u00f4le de l\u2019Alimenation de l&#8217;ONSSA&nbsp;en rappelant qu\u2019elle conditionne l\u2019agr\u00e9ment des \u00e9tablissements, la fluidit\u00e9 des exportations et la reconnaissance des dispositifs nationaux de contr\u00f4le par les march\u00e9s de destination.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Sur le plan technologique, les solutions existent et sont d\u00e9j\u00e0 op\u00e9rationnelles. Les installations frigorifiques \u00e9voluent vers des fluides frigorig\u00e8nes de transition, dont les indices de r\u00e9chauffement climatique sont huit \u00e0 dix fois inf\u00e9rieurs aux fluides conventionnels comme le R404A, tandis que les fluides naturels \u2013 CO\u2082 et surtout ammoniac \u2013 s\u2019imposent dans les grandes unit\u00e9s de froid n\u00e9gatif, avec un GWP quasi nul et une efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique jusqu\u2019\u00e0 33 % sup\u00e9rieure aux syst\u00e8mes classiques. \u00ab&nbsp;<em>Le froid n\u2019est plus seulement une contrainte technique, c\u2019est un outil de cr\u00e9ation de valeur<\/em>&nbsp;\u00bb, observe Nacer Yazami, en insistant sur l\u2019apport de la digitalisation, des syst\u00e8mes de supervision et de monitoring en temps r\u00e9el, capables d\u2019assurer une tra\u00e7abilit\u00e9 de bout en bout, de limiter les pertes et d\u2019anticiper les incidents techniques. Ces dispositifs, dont le retour sur investissement est estim\u00e9 entre 15 et 18 mois, s\u2019imposent progressivement comme un standard industriel pour r\u00e9pondre aux exigences des acheteurs internationaux et accompagner la mont\u00e9e en gamme des produits africains.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#abb7c230\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>Dakhla, laboratoire africain de l\u2019\u00e9conomie bleue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Situ\u00e9e \u00e0 l\u2019interface entre l\u2019Atlantique, le Sahara et l\u2019Afrique subsaharienne, Dakhla s\u2019impose progressivement comme un territoire d\u2019exp\u00e9rimentation \u00e0 ciel ouvert de l\u2019\u00e9conomie bleue africaine. La r\u00e9gion concentre \u00e0 la fois, des ressources halieutiques abondantes, des conditions oc\u00e9ano-climatiques favorables et des infrastructures en d\u00e9veloppement, faisant d\u2019elle un point d\u2019ancrage strat\u00e9gique pour les fili\u00e8res de la p\u00eache, de l\u2019aquaculture et des industries de transformation.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des panels de Seafood 4 Africa, Dakhla a \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9e comme un espace de d\u00e9monstration : d\u00e9monstration de la capacit\u00e9 \u00e0 accueillir des projets aquacoles pilotes, \u00e0 structurer des cha\u00eenes de valeur locales et \u00e0 tester des mod\u00e8les de coop\u00e9ration Sud-Sud et Sud-Nord. Sa position g\u00e9ographique, sur l\u2019axe atlantique reliant l\u2019Europe \u00e0 l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, renforce \u00e9galement son r\u00f4le de plateforme logistique et de dialogue r\u00e9gional, dans un contexte o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la valorisation locale des ressources deviennent des priorit\u00e9s continentales.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group has-background\" style=\"background-color:#abb7c230\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><strong>Coop\u00e9ration technique : signature d\u2019un m\u00e9morandum entre la FENIP et l\u2019Alaska Seafood Marketing Institute<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En marge des travaux de Seafood 4 Africa, un m\u00e9morandum d\u2019entente a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 entre la F\u00e9d\u00e9ration nationale des industries de transformation et de valorisation des produits de la p\u00eache (FENIP) et l\u2019Alaska Seafood Marketing Institute (ASMI).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet accord porte sur une coop\u00e9ration technique visant le partage d\u2019expertise en mati\u00e8re de gestion durable des p\u00eacheries, de tra\u00e7abilit\u00e9, de certification et de valorisation industrielle des produits de la mer. Il s\u2019inscrit dans une logique d\u2019\u00e9changes de savoir-faire entre \u00e9cosyst\u00e8mes halieutiques, \u00e0 un moment o\u00f9 plusieurs pays africains cherchent \u00e0 renforcer la cr\u00e9dibilit\u00e9 de leurs fili\u00e8res sur les march\u00e9s internationaux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Encadre-Cooperation-technique.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12927\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Encadre-Cooperation-technique.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Encadre-Cooperation-technique-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Encadre-Cooperation-technique-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Encadre-Cooperation-technique-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"SEAFOOD 4 AFRICA 2026 : M. Yanja EL KHATTAT - Pr\u00e9sident de la r\u00e9gion Dakhla Oued EDDAHAB\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uZtj5Z6DyHo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"SEAFOOD 4 AFRICA 2026 : Mme Lamia ZNAGUI - Directrice de la FENIP\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/F42hS8JCUnA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"SEAFOOD 4 AFRICA 2026  : M. Omar Hejira, Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat charg\u00e9 du Commerce ext\u00e9rieur\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/oBX9Of7MAWo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"SEAFOOD 4 AFRICA 2026 : M. Jorge SANTOS - Ministre de la Mer du Cap Vert\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/pl0-o2ZPCl4?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"SEAFOOD 4 AFRICA 2026 : Dr Abdelghni AZZI - Directeur du Controlede l\u2019Alimenation de l&#039;ONSSA\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/8vLgQQVWndU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Dakhla, Seafood 4 Africa a r\u00e9uni du 4 au 6 f\u00e9vrier chercheurs, institutions publiques africaines, op\u00e9rateurs priv\u00e9s et partenaires internationaux autour d\u2019un constat d\u00e9sormais partag\u00e9 : l\u2019Afrique dispose d\u2019un potentiel halieutique et aquacole consid\u00e9rable, mais la valeur cr\u00e9\u00e9e reste encore largement capt\u00e9e hors du continent. Panels techniques, interventions institutionnelles et \u00e9changes de terrain mettent &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12931,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,2],"tags":[],"class_list":["post-12919","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-a-la-une","category-actus-maroc"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12919","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12919"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12919\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12942,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12919\/revisions\/12942"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12931"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12919"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12919"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12919"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}