{"id":13195,"date":"2026-03-24T12:18:27","date_gmt":"2026-03-24T11:18:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=13195"},"modified":"2026-04-10T20:29:31","modified_gmt":"2026-04-10T19:29:31","slug":"mohamed-et-siham-zahidi-co-dirigeants-de-green-smile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=13195","title":{"rendered":"Mohamed et Siham Zahidi, co-dirigeants de Green Smile"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Le parc de serres au Maroc est proche de 30 000 ha, ce qui place le Maroc parmi les pays ayant les plus grandes superficies de serres \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le responsable de demain ne doit pas seulement bien produire. Il doit comprendre toute la cha\u00eene de valeur.\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Des premi\u00e8res exp\u00e9rimentations de mara\u00eechage sous serre aux exploitations hautement technicis\u00e9es d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019agriculture marocaine d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019exportation a connu en quelques d\u00e9cennies une transformation profonde. Port\u00e9e par l\u2019essor des cultures sous abri, l\u2019am\u00e9lioration continue des techniques de production et l\u2019adaptation permanente aux exigences des march\u00e9s internationaux, la fili\u00e8re des fruits et l\u00e9gumes s\u2019est progressivement impos\u00e9e au Maroc comme l\u2019un des piliers de l\u2019approvisionnement de l\u2019Europe en produits frais.<\/p>\n\n\n\n<p>Acteur historique du d\u00e9veloppement marocain du mara\u00eechage d\u2019exportation, l\u2019agronome Mohamed Zahidi a accompagn\u00e9 plusieurs d\u00e9cennies d\u2019\u00e9volution du secteur, depuis l\u2019introduction de nouvelles techniques de production jusqu\u2019\u00e0 l\u2019essor des cultures sous serre. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, Siham Zahidi, sa fille et Head of Business Development de Green Smile, prolonge aujourd\u2019hui cet engagement en faveur de l\u2019innovation, de la formation et du partage d\u2019expertise au sein des fili\u00e8res agricoles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet entretien crois\u00e9, ils reviennent sur les grandes transformations de l\u2019agriculture marocaine, les innovations qui ont structur\u00e9 la fili\u00e8re des primeurs et les perspectives d\u2019\u00e9volution du secteur face aux d\u00e9fis climatiques, \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pouvez-vous nous pr\u00e9senter votre parcours professionnel et le concept \u00e0 la base de Green Smile ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis agronome de formation. J&#8217;ai d&#8217;abord enseign\u00e9 dans un \u00e9tablissement de formation de techniciens agricoles \u00e0 Berkane. Par la suite, j&#8217;ai dirig\u00e9 une \u00e9quipe de conseillers techniques au sein de la SASMA, soci\u00e9t\u00e9 de droit priv\u00e9 mais enti\u00e8rement subventionn\u00e9e par la profession agrumicole et mara\u00eech\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 un pr\u00e9l\u00e8vement sur le tonnage export\u00e9 en agrumes et primeurs. Durant les ann\u00e9es 70 et jusqu&#8217;en 1986 c&#8217;\u00e9tait l\u2019OCE (Office de commercialisation et d&#8217;exportation) qui assurait ce pr\u00e9l\u00e8vement et permettait \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de fonctionner comme une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 but non lucratif.<\/p>\n\n\n\n<p>La SASMA a rendu d&#8217;innombrables services \u00e0 la profession agrumicole et mara\u00eech\u00e8re. C&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 elle que le Maroc a pu introduire le mara\u00eechage sous serre et bien d&#8217;autres techniques de production. Cet effort a permis \u00e0 notre pays de sauvegarder le flux d&#8217;exportation des primeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la privatisation du commerce ext\u00e9rieur fin 86, j&#8217;ai commenc\u00e9 une carri\u00e8re de producteur exportateur de primeurs d&#8217;abord \u00e0 Oualidia puis \u00e0 Agadir. Pendant 20 ans j&#8217;ai produit et export\u00e9 une gamme tr\u00e8s vari\u00e9e de produits mara\u00eechers (tomate, poivron, melon, haricot vert, courgette, plantes aromatiques&#8230;).<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 2000 nous avons, ma fille Siham (qui m&#8217;a second\u00e9 sur l&#8217;exploitation) et moi, d\u00e9cid\u00e9 de lancer la soci\u00e9t\u00e9 GREEN SMILE avec pour activit\u00e9 : l&#8217;\u00e9v\u00e9nementiel, le conseil technique et la formation. Notre atout de d\u00e9part \u00e9tait notre exp\u00e9rience du terrain et une parfaite connaissance du milieu agricole du Souss Massa et des autres r\u00e9gions mara\u00eech\u00e8res du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p>Green Smile a pu mener \u00e0 bien des op\u00e9rations de formation, d&#8217;introduction de nouvelles techniques et d&#8217;\u00e9v\u00e9nements ayant maintenant une grande renomm\u00e9e tant au Maroc qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Le concept a \u00e9volu\u00e9 vers l&#8217;am\u00e9lioration continue de la qualit\u00e9 de la prestation de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins des entreprises et des professionnels.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Votre parcours s\u2019inscrit dans l\u2019histoire du d\u00e9veloppement de l\u2019agriculture d\u2019exportation au Maroc. Avec le recul, comment analysez-vous les grandes transformations qu\u2019a connues l\u2019agriculture marocaine au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les grandes transformations sont multiples. Pour n&#8217;en citer que quelques-unes :<\/p>\n\n\n\n<p>1 &#8211; une progression fulgurante des abris serres. Le parc de serres au Maroc est proche de 30000 ha ce qui place le Maroc parmi les pays ayant les plus grandes superficies de serres \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>2 &#8211; Le Maroc est devenu un grand pays d&#8217;exportation de fruits et l\u00e9gumes :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 1<sup>er<\/sup> exportateur non-Europ\u00e9en de tomates sur l\u2019U.E. Dans le commerce intra-europ\u00e9en de la tomate, le Maroc occupe le second rang juste derri\u00e8re les Pays-Bas. C\u2019est le plus important fournisseur de l&#8217;Europe en tomates durant la p\u00e9riode de novembre \u00e0 mai.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 1<sup>er<\/sup> exportateur d&#8217;haricot-vert frais sur l&#8217;Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Exportateur important de past\u00e8que, melon, courgettes, poivrons&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Le Maroc est aussi un des plus grands exportateurs de fruits rouges sur le continent Europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel succ\u00e8s est avant tout le r\u00e9sultat d&#8217;un savoir-faire exceptionnel de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de producteurs. Les producteurs de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration sont jeunes, disposent d&#8217;une tr\u00e8s bonne formation technique et commerciale et sont ouverts \u00e0 l&#8217;innovation et aux nouvelles technologies.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre aspect hautement positif est sa r\u00e9silience face \u00e0 l&#8217;acharnement des lobbys agricoles de l\u2019U.E. qui usent de tous leurs moyens pour tenter de freiner les exportations marocaines.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, les professionnels ont d\u00fb se battre en permanence contre le danger repr\u00e9sent\u00e9 par l&#8217;apparition de fl\u00e9aux et maladies nouvelles en adoptant les m\u00e9thodes de protection efficaces. Souvenons-nous des alertes graves caus\u00e9es par le TYLC, TUTA ABSOLUTA, et l&#8217;actuelle menace due au ToBRFV.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Votre famille a \u00e9t\u00e9 pionni\u00e8re dans l\u2019exportation de tomates et dans l\u2019introduction de nouvelles pratiques de production. Quelles innovations ont, selon vous, le plus contribu\u00e9 \u00e0 structurer la fili\u00e8re mara\u00eech\u00e8re marocaine ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme nous l&#8217;avons \u00e9voqu\u00e9 plus haut, le secteur exportateur de primeurs doit sa survie au dynamisme de 4 g\u00e9n\u00e9rations de professionnels et \u00e0 l&#8217;encadrement de l&#8217;\u00c9tat par des mesures d&#8217;encouragement concr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les principales innovations techniques, signalons les abris serres qui ont permis de produire en p\u00e9riode hivernale, en d\u00e9calage et en compl\u00e9mentarit\u00e9 avec la production europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9part les serres \u00e9taient localis\u00e9es dans la r\u00e9gion de Casablanca-El Jadida-Safi et le parc serricole consistait en des tunnels hauts de 3 m et larges de 6 m. La tomate \u00e9tait conduite pour produire de novembre \u00e0 mars et concernait 6 \u00e0 7 bouquets. Ce sch\u00e9ma de production aboutissait \u00e0 des rendements de l&#8217;ordre de 60 \u00e0 70 tonnes \/ ha au maximum. C&#8217;\u00e9tait durant les ann\u00e9es 80 et cette performance bien que modeste permettait n\u00e9anmoins de g\u00e9n\u00e9rer un profit confortable compte tenu des charges limit\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 90\/2000, le parc d&#8217;abris serres s&#8217;est d\u00e9plac\u00e9 dans le Souss avec des abris type Almeria, qu\u2019on appelle \u00e0 tort canarienne, hautes de 6 m, ce qui permet de produire sur 20 \u00e0 25 bouquets gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9thode de couchage des plants de tomate.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette production qui s&#8217;\u00e9tale d&#8217;octobre \u00e0 juin avec un rendement de 200 \u00e0 250 tonnes n&#8217;est possible qu&#8217;avec une conduite faisant intervenir l&#8217;irrigation au goutte \u00e0 goutte, la pratique de la fertigation, l\u2019utilisation de vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 haute performance et la technique du greffage.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces techniques ont permis de porter les rendements \u00e0 des niveaux jamais atteints par le pass\u00e9. Ajoutons que beaucoup d&#8217;exploitations ont adopt\u00e9 la technique du hors-sol qui permet de se lib\u00e9rer des traitements du sol par des produits chimiques que les diverses certifications n&#8217;autorisent pas.<\/p>\n\n\n\n<p>En aval, les stations de conditionnement ont \u00e9volu\u00e9 vers une configuration largement similaire aux standards europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re de logistique c&#8217;est le transport par camions frigorifiques qui pr\u00e9domine bien que le transport en conteneurs frigorifiques par voie maritime se d\u00e9veloppe aussi. Dans tous les cas, le produit est achemin\u00e9 sans rupture de la cha\u00eene de froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi avec toutes ces innovations, l&#8217;export marocain des primeurs s&#8217;est impos\u00e9 par sa qualit\u00e9, sa r\u00e9gularit\u00e9 et par sa proximit\u00e9 g\u00e9ographique.<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re d&#8217;organisation professionnelle, les unit\u00e9s de production en amont ont \u00e9volu\u00e9 vers une augmentation de la superficie moyenne et les fermes de petite taille, peu en mesure de soutenir des investissements lourds, se sont effac\u00e9es. La grande taille des exploitations marocaines a permis plus de performances techniques et commerciales dans un contexte fortement concurrentiel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019agriculture marocaine fait aujourd\u2019hui face \u00e0 de nouveaux d\u00e9fis. Quelles sont, selon vous, les priorit\u00e9s strat\u00e9giques pour assurer la durabilit\u00e9 des fili\u00e8res mara\u00eech\u00e8res ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, les d\u00e9fis sont nombreux mais le secteur des primeurs s&#8217;est toujours adapt\u00e9 aux contraintes qui, depuis plus de 70 ans, furent difficiles et nombreuses.<\/p>\n\n\n\n<p>La contrainte climatique est tr\u00e8s importante. Outre les caprices conjoncturels du climat comme la violente temp\u00eate de f\u00e9vrier de cette ann\u00e9e, le secteur a fait face \u00e0 une grave s\u00e9cheresse qui a frapp\u00e9 le pays durant les 10 derni\u00e8res ann\u00e9es et particuli\u00e8rement le Souss.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;entr\u00e9e en service de la station de dessalement de Tifnit a permis de sauver beaucoup d&#8217;exploitations en situation critique quant \u00e0 leurs ressources hydriques. A notre avis, c&#8217;est le sch\u00e9ma qui devrait pr\u00e9valoir \u00e0 l&#8217;avenir afin de pr\u00e9server les ressources hydriques non renouvelables et d&#8217;assurer le d\u00e9veloppement d&#8217;un secteur dynamique, pourvoyeur d&#8217;emplois et de devises.<\/p>\n\n\n\n<p>Au niveau des exploitations, des progr\u00e8s dans la digitalisation de l&#8217;irrigation et l&#8217;utilisation des techniques nouvelles d&#8217;\u00e9conomie d&#8217;eau faisant appel \u00e0 l&#8217;intelligence artificielle, pourraient jouer un grand r\u00f4le dans ce sens.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment percevez-vous aujourd\u2019hui le positionnement du Maroc sur les march\u00e9s internationaux des fruits et l\u00e9gumes ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc se positionne comme un acteur incontournable dans l&#8217;exportation des fruits et l\u00e9gumes sur le continent europ\u00e9en. Il jouit d&#8217;une tr\u00e8s bonne image de marque chez le consommateur final. Il peut d\u00e9velopper d&#8217;autres opportunit\u00e9s sur d&#8217;autres gammes de l\u00e9gumes non encore export\u00e9s et pouvant se cultiver aussi bien au sud qu&#8217;au nord du pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pensez-vous que la valorisation des produits agricoles a un avenir au Maroc ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La valorisation des produits agricoles est absolument n\u00e9cessaire pour beaucoup de produits. Mais l\u00e0 encore, il faudra prendre en compte les exigences des industriels et y adapter la production. Pour la tomate par exemple, la tomate destin\u00e9e \u00e0 l&#8217;exportation n&#8217;offre pas les caract\u00e9ristiques pour l&#8217;industrie de la transformation. Il faudrait des vari\u00e9t\u00e9s adapt\u00e9es. C&#8217;est aussi le cas de la pomme de terre et d&#8217;autres l\u00e9gumes.<\/p>\n\n\n\n<p>La transformation ne doit pas se faire \u00e0 partir de ressources provenant d&#8217;\u00e9carts de triage ou de p\u00e9riodes de surproduction impr\u00e9visibles. Elle suppose une planification contractuelle de la ressource avec des partenaires ayant une vision \u00e0 moyen et long terme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les tensions g\u00e9opolitiques r\u00e9centes peuvent-elles impacter les exportations agricoles marocaines ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les tensions g\u00e9opolitiques actuelles peuvent avoir un impact important sur le prix de l\u2019\u00e9nergie et sur la disponibilit\u00e9 des engrais, ce qui risque d\u2019alourdir des charges d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9es pour les producteurs. Cependant, cette situation pourrait \u00e9galement cr\u00e9er un avantage relatif face \u00e0 certaines productions europ\u00e9ennes. En effet, une grande partie de la production sous serre en Europe d\u00e9pend du chauffage au gaz. La hausse du co\u00fbt de l\u2019\u00e9nergie pourrait donc entra\u00eener soit un rench\u00e9rissement difficilement soutenable pour ces exploitations, soit une r\u00e9duction significative de l\u2019offre.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, l\u2019augmentation des frais de transport constitue un autre facteur de pression sur les co\u00fbts. Dans ce contexte, un repositionnement progressif vers le transport maritime pourrait repr\u00e9senter une alternative int\u00e9ressante pour limiter l\u2019impact de ces hausses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Questions \u00e0 Siham Zahidi \u2013 Head of Business Development, Green Smile<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelle est aujourd\u2019hui la vocation de la plateforme Green Smile ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, la vocation de Green Smile est d\u2019\u00eatre une plateforme d\u2019accompagnement, de connexion et d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration pour les fili\u00e8res agricoles \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e. Nous ne nous limitons pas qu\u2019aux aspects techniques de la production. Nous travaillons aussi sur la mont\u00e9e en comp\u00e9tence des acteurs, la circulation de l\u2019information, l\u2019ouverture \u00e0 l\u2019international et la cr\u00e9ation de liens solides entre les diff\u00e9rents maillons du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche r\u00e9pond \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 simple : les fili\u00e8res agricoles ont chang\u00e9. Elles ont besoin de plus de technicit\u00e9, de plus de r\u00e9activit\u00e9, de plus d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 et de plus de coop\u00e9ration. Aujourd\u2019hui, un agriculteur ou une entreprise ne peut plus avancer seul. Il faut comprendre les nouvelles exigences des march\u00e9s, int\u00e9grer l\u2019innovation, former les \u00e9quipes, s\u00e9curiser les partenariats et cr\u00e9er des espaces d\u2019\u00e9change utiles. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que Green Smile apporte de la valeur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles comp\u00e9tences deviennent aujourd\u2019hui strat\u00e9giques pour les exploitations agricoles et les entreprises agroalimentaires ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, les comp\u00e9tences strat\u00e9giques sont d\u2019abord les comp\u00e9tences techniques li\u00e9es \u00e0 la performance de la production : gestion du climat, irrigation, fertigation, protection des cultures, conduite en hors-sol, suivi sanitaire et ma\u00eetrise de la qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce n\u2019est plus suffisant. Il faut aussi renforcer les comp\u00e9tences en analyse de donn\u00e9es, en pilotage technico-\u00e9conomique, en tra\u00e7abilit\u00e9, en respect des standards internationaux et en gestion durable des ressources, notamment l\u2019eau et les intrants. Les responsables techniques doivent aussi savoir anticiper, comparer des solutions, prendre des d\u00e9cisions rapides et travailler avec des partenaires de diff\u00e9rents pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les entreprises agricoles, la capacit\u00e9 \u00e0 relier technique, qualit\u00e9, march\u00e9 et rentabilit\u00e9, devient essentielle. Le responsable de demain ne doit pas seulement bien produire. Il doit comprendre toute la cha\u00eene de valeur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel r\u00f4le jouent les \u00e9v\u00e9nements internationaux organis\u00e9s par Green Smile ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces \u00e9v\u00e9nements jouent un r\u00f4le tr\u00e8s important. D\u2019abord, ils permettent une diffusion rapide de l\u2019innovation. En r\u00e9unissant producteurs, experts, investisseurs, fournisseurs et d\u00e9cideurs, ils cr\u00e9ent un espace o\u00f9 les id\u00e9es, les solutions concr\u00e8tes et les retours d\u2019exp\u00e9rience circulent directement.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, ils donnent de la visibilit\u00e9 au savoir-faire marocain. Le Maroc montre, \u00e0 travers ces rencontres, sa capacit\u00e9 \u00e0 organiser un dialogue agricole de haut niveau, \u00e0 attirer des intervenants internationaux et \u00e0 se positionner comme un pays de r\u00e9f\u00e9rence sur plusieurs fili\u00e8res strat\u00e9giques, notamment la tomate et les fruits rouges.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, ces plateformes renforcent le r\u00f4le du Maroc comme point de rencontre r\u00e9gional entre l\u2019Afrique, l\u2019Europe et le Moyen-Orient. Elles contribuent \u00e0 faire du pays un hub d\u2019\u00e9change, d\u2019investissement et d\u2019innovation agricole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans quelle mesure, l\u2019approche collaborative peut-elle acc\u00e9l\u00e9rer la structuration des fili\u00e8res agricoles ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche collaborative est essentielle, car aucune fili\u00e8re ne peut se structurer durablement sans coordination entre ses acteurs. Quand les producteurs, les chercheurs, les entreprises, les institutions et les partenaires internationaux travaillent ensemble, on cr\u00e9e de la synergie, on \u00e9vite les erreurs et on diffuse plus vite les bonnes pratiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela permet aussi de mieux identifier les besoins r\u00e9els du terrain, d\u2019orienter la formation, d\u2019adapter les solutions techniques et de cr\u00e9er des projets plus coh\u00e9rents. La mont\u00e9e en gamme ne d\u00e9pend pas seulement de la production. Elle d\u00e9pend aussi de la qualit\u00e9, de l\u2019organisation, de la connaissance des march\u00e9s et de la capacit\u00e9 \u00e0 innover de mani\u00e8re collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le Maroc comme pour plusieurs pays africains, cette logique de collaboration peut acc\u00e9l\u00e9rer la professionnalisation des fili\u00e8res et leur donner plus de comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On note l\u2019absence de l\u2019aval industriel dans vos interventions. Comment l\u2019expliquez-vous ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un constat juste. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, Green Smile s\u2019est surtout d\u00e9velopp\u00e9e autour de l\u2019amont agricole, l\u00e0 o\u00f9 il y avait un besoin tr\u00e8s fort en structuration, en expertise technique, en formation et en mise en r\u00e9seau. Notre priorit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u2019accompagner les producteurs, les responsables techniques et les fili\u00e8res de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne veut pas dire que l\u2019aval industriel n\u2019est pas important, bien au contraire. Il repr\u00e9sente une \u00e9tape strat\u00e9gique pour la valorisation, la transformation, la qualit\u00e9, l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 et la cr\u00e9ation de valeur. C\u2019est d\u2019ailleurs un axe que nous regardons avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat, car l\u2019avenir des fili\u00e8res passe aussi par une meilleure connexion entre production, transformation et march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je dirais donc qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une absence de vision, mais plut\u00f4t d\u2019un d\u00e9veloppement progressif. Nous avons commenc\u00e9 par r\u00e9pondre \u00e0 un besoin fort sur l\u2019amont, avec l\u2019objectif de construire \u00e0 terme des passerelles plus solides avec l\u2019aval.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment percevez-vous aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9volution du r\u00f4le des femmes dans les fili\u00e8res agricoles ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00f4le des femmes \u00e9volue de mani\u00e8re tr\u00e8s positive. Elles sont de plus en plus pr\u00e9sentes, visibles et actives, non seulement dans l\u2019ex\u00e9cution, mais aussi dans la gestion, l\u2019entrepreneuriat, l\u2019innovation, la qualit\u00e9, la transformation et la prise de d\u00e9cision. On voit \u00e9merger une g\u00e9n\u00e9ration de femmes comp\u00e9tentes, engag\u00e9es et porteuses de changement dans les fili\u00e8res agricoles.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le parc de serres au Maroc est proche de 30 000 ha, ce qui place le Maroc parmi les pays ayant les plus grandes superficies de serres \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.\u00a0 Le responsable de demain ne doit pas seulement bien produire. 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