{"id":13855,"date":"2026-05-22T14:19:37","date_gmt":"2026-05-22T13:19:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=13855"},"modified":"2026-05-22T14:19:39","modified_gmt":"2026-05-22T13:19:39","slug":"morocco-tomato-conference-la-filiere-marocaine-de-la-tomate-face-a-une-transformation-decisive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=13855","title":{"rendered":"Morocco Tomato Conference : la fili\u00e8re marocaine de la tomate face \u00e0 une transformation d\u00e9cisive"},"content":{"rendered":"\n<p>La ville d\u2019Agadir a accueilli le 21 mai 2025, la 6<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;\u00e9dition de la Morocco Tomato Conference, organis\u00e9e par Green Smile. D\u00e9di\u00e9 aux enjeux strat\u00e9giques de la fili\u00e8re tomate, l\u2019\u00e9v\u00e9nement a r\u00e9uni producteurs, chercheurs, exportateurs, semenciers, experts internationaux et repr\u00e9sentants du secteur agricole autour des profondes mutations que traverse aujourd\u2019hui cette industrie cl\u00e9 de l\u2019agriculture marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des interventions, un constat s\u2019est impos\u00e9 : la fili\u00e8re tomate marocaine entre dans une phase de transformation o\u00f9 la comp\u00e9titivit\u00e9 ne d\u00e9pend plus uniquement des volumes export\u00e9s, mais de la capacit\u00e9 du secteur \u00e0 r\u00e9pondre simultan\u00e9ment aux \u00e9volutions des march\u00e9s, aux exigences r\u00e9glementaires, aux contraintes climatiques et aux d\u00e9fis sanitaires et sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc consolide sa place parmi les grandes puissances exportatrices<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ali Rougui, chef du d\u00e9partement veille strat\u00e9gique \u00e0 Morocco Foodex, a pr\u00e9sent\u00e9 les principaux indicateurs qui confirment le repositionnement progressif du Royaume sur le commerce mondial de la tomate.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2025, les \u00e9changes mondiaux de tomates fra\u00eeches ont atteint 7,2 millions de tonnes pour une valeur estim\u00e9e \u00e0 11,6 milliards de dollars. Dans cet environnement fortement concurrentiel, le Maroc s\u2019est impos\u00e9 comme le troisi\u00e8me exportateur mondial derri\u00e8re le Mexique et les Pays-Bas.<\/p>\n\n\n\n<p>La progression marocaine s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Les exportations sont pass\u00e9es de 856 millions de dollars en 2021 \u00e0 1,307 milliard de dollars en 2025, soit une hausse de plus de 450 millions de dollars en quatre ans. Avec une croissance annuelle moyenne de 11 % sur la p\u00e9riode 2021-2025, le Maroc affiche d\u00e9sormais la dynamique la plus forte parmi les grands exportateurs mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le Maroc adopte une strat\u00e9gie de mont\u00e9e en gamme et de diversification des march\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb, a soulign\u00e9 Ali Rougui, en mettant en avant le renforcement des positions marocaines sur plusieurs march\u00e9s europ\u00e9ens strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Europe demeure le principal moteur de cette croissance. Selon les donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es par Morocco Foodex, 93 % des exportations marocaines de tomates sont destin\u00e9es \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne et au Royaume-Uni. En 2025, les exportations marocaines vers l\u2019Union europ\u00e9enne ont atteint 1,4 milliard de dollars, repr\u00e9sentant 23 % des importations europ\u00e9ennes de tomates fra\u00eeches.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Royaume-Uni constitue lui aussi un march\u00e9 devenu strat\u00e9gique. Le Maroc y d\u00e9tient d\u00e9sormais 25 % des parts de march\u00e9 en valeur, derri\u00e8re les Pays-Bas et devant l\u2019Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette progression intervient dans un contexte de recul progressif de la production europ\u00e9enne, confront\u00e9e \u00e0 la hausse des co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques, aux contraintes environnementales et aux difficult\u00e9s climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La dynamique actuelle est marqu\u00e9e par une reconfiguration de l\u2019approvisionnement europ\u00e9en<\/em>&nbsp;\u00bb, a expliqu\u00e9 Ali Rougui.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais derri\u00e8re cette dynamique, plusieurs fragilit\u00e9s persistent. La r\u00e9gion du Souss-Massa concentre \u00e0 elle seule 98 % des exportations marocaines de tomates, renfor\u00e7ant la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du secteur face au stress hydrique et aux al\u00e9as climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la comp\u00e9tition sur les volumes et les co\u00fbts, Ali Rougui estime que la concurrence mondiale se joue d\u00e9sormais sur de nouveaux crit\u00e8res : durabilit\u00e9, empreinte carbone, r\u00e9silience climatique et conformit\u00e9 environnementale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le consommateur europ\u00e9en change ses habitudes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Wilco Van Den Berg, manager data &amp; digitalisation au Fresh Produce Centre, a dress\u00e9 un \u00e9tat des lieux d\u00e9taill\u00e9 de l\u2019\u00e9volution du march\u00e9 europ\u00e9en de la tomate.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, les habitudes de consommation ont profond\u00e9ment chang\u00e9 au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Le consommateur europ\u00e9en privil\u00e9gie d\u00e9sormais des tomates plus petites, plus savoureuses et mieux adapt\u00e9es aux nouveaux modes de consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le consommateur europ\u00e9en recherche avant tout le go\u00fbt. Le prix arrive seulement en troisi\u00e8me position<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il affirm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019expert n\u00e9erlandais a notamment mis en avant la progression rapide des tomates snack et des segments premium dans plusieurs pays europ\u00e9ens. Aux Pays-Bas, les tomates rondes classiques ont pratiquement disparu des rayons au profit de vari\u00e9t\u00e9s cocktail, miniatures ou destin\u00e9es \u00e0 une consommation rapide.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette \u00e9volution s\u2019accompagne \u00e9galement d\u2019une mont\u00e9e en puissance des meal kits, des produits pr\u00eats \u00e0 cuisiner et des attentes li\u00e9es \u00e0 la durabilit\u00e9 et \u00e0 la qualit\u00e9 gustative.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les producteurs marocains, le message est clair : la cr\u00e9ation de valeur devient d\u00e9sormais aussi importante que les volumes export\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-Article-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13857\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-Article-1.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-Article-1-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-Article-1-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-Article-1-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une d\u00e9pendance europ\u00e9enne appel\u00e9e \u00e0 se maintenir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ancien ambassadeur et n\u00e9gociateur agricole en chef de l\u2019Union europ\u00e9enne, John Alistair Clarke a apport\u00e9 une lecture g\u00e9opolitique des relations agricoles entre le Maroc et l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, l\u2019Union europ\u00e9enne restera durablement d\u00e9pendante des approvisionnements marocains en fruits et l\u00e9gumes frais. \u00ab&nbsp;<em>L\u2019Europe continuera d\u2019avoir besoin du Maroc comme fournisseur stable de fruits et l\u00e9gumes<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il assur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9pendance ne signifie toutefois pas un rel\u00e2chement des exigences europ\u00e9ennes. Bien au contraire. Le sp\u00e9cialiste anticipe un renforcement progressif des r\u00e9glementations environnementales, des normes phytosanitaires et des exigences li\u00e9es aux r\u00e9sidus de pesticides et \u00e0 l\u2019empreinte carbone.<\/p>\n\n\n\n<p>John Clarke a \u00e9galement mis en garde contre la mont\u00e9e du protectionnisme agricole europ\u00e9en ainsi que contre l\u2019int\u00e9gration progressive de l\u2019Ukraine dans l\u2019espace agricole europ\u00e9en, un facteur susceptible d\u2019intensifier la concurrence sur plusieurs productions.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, plusieurs intervenants ont estim\u00e9 que la fili\u00e8re marocaine devait renforcer sa diplomatie commerciale, diversifier ses march\u00e9s et acc\u00e9l\u00e9rer la modernisation de ses syst\u00e8mes de production.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab Diversifier ou mourir \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question de la diversification a occup\u00e9 une place centrale dans les d\u00e9bats. L\u2019expert international Peter Jens a r\u00e9sum\u00e9 cette probl\u00e9matique par une formule qui a marqu\u00e9 les \u00e9changes :&nbsp;<em>\u00ab Diversifier ou mourir<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, les producteurs supportent aujourd\u2019hui l\u2019essentiel des risques climatiques, sanitaires et commerciaux. Pour renforcer leur r\u00e9silience, il estime n\u00e9cessaire de d\u00e9velopper des syst\u00e8mes agricoles plus autonomes, davantage fond\u00e9s sur les bio-intrants, les microorganismes et les nouvelles approches biologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette diversification ne concerne pas uniquement les march\u00e9s, mais l\u2019ensemble du mod\u00e8le agricole et des cha\u00eenes de valeur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le mod\u00e8le mexicain comme r\u00e9f\u00e9rence technologique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le benchmark mexicain a constitu\u00e9 l\u2019un des principaux axes de r\u00e9flexion de cette \u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p>Invit\u00e9 \u00e0 la conf\u00e9rence, Jorge Flores Vel\u00e1zquez, sp\u00e9cialiste des syst\u00e8mes de production sous serre au Colegio de Postgraduados, a pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019\u00e9volution du mod\u00e8le mexicain de production de tomates.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chercheur a soulign\u00e9 les nombreuses similitudes climatiques entre certaines r\u00e9gions mexicaines et la r\u00e9gion d\u2019Agadir, notamment en mati\u00e8re de temp\u00e9ratures et de rayonnement solaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, le Mexique figure parmi les leaders mondiaux de la tomate sous serre gr\u00e2ce \u00e0 des investissements importants dans les serres intelligentes, la gestion climatique, l\u2019irrigation pilot\u00e9e et les syst\u00e8mes automatis\u00e9s. \u00ab&nbsp;<em>Le v\u00e9ritable enjeu est de trouver l\u2019\u00e9quilibre entre co\u00fbts de production et rendement<\/em>&nbsp;\u00bb, a expliqu\u00e9 Jorge Flores Vel\u00e1zquez.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, le d\u00e9veloppement technologique du Mexique s\u2019est construit progressivement, avec une mont\u00e9e en gamme continue des infrastructures et des outils de pilotage.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Maroc appel\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer sa transition technologique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sentation du mod\u00e8le mexicain a suscit\u00e9 de nombreuses r\u00e9actions parmi les producteurs marocains pr\u00e9sents \u00e0 Agadir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ahmed Chraibi, producteur sous serre dans le Souss, a rappel\u00e9 qu\u2019une d\u00e9l\u00e9gation marocaine avait d\u00e9j\u00e0 visit\u00e9 plusieurs exploitations mexicaines afin d\u2019\u00e9tudier leur organisation et leurs performances. \u00ab&nbsp;<em>Nous avons vu des exploitations capables d\u2019atteindre 500 tonnes par hectare avec des structures proches des n\u00f4tres<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour lui, le Maroc dispose d\u2019atouts climatiques majeurs, mais reste confront\u00e9 \u00e0 plusieurs freins, notamment l\u2019incertitude commerciale et la difficult\u00e9 d\u2019investir massivement dans des technologies co\u00fbteuses sans visibilit\u00e9 durable sur les march\u00e9s. \u00ab&nbsp;<em>Le plus grand obstacle, c\u2019est la peur du changement&nbsp;<\/em>\u00bb, a-t-il estim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chercheur Hicham Fatmassi, sp\u00e9cialiste des syst\u00e8mes agricoles en climat aride \u00e0 INRA Avignon, consid\u00e8re n\u00e9anmoins que les conditions naturelles marocaines demeurent particuli\u00e8rement favorables \u00e0 l\u2019agriculture prot\u00e9g\u00e9e. \u00ab&nbsp;<em>Les conditions climatiques d\u2019Agadir donnent au Maroc un avantage r\u00e9el pour l\u2019agriculture prot\u00e9g\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il affirm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, l\u2019enjeu consiste d\u00e9sormais \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019int\u00e9gration technologique tout en adaptant les solutions aux r\u00e9alit\u00e9s climatiques locales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le ToBRFV reste une menace majeure<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question sanitaire a \u00e9galement occup\u00e9 une place importante dans les \u00e9changes, notamment autour du ToBRFV et des virus \u00e9mergents qui fragilisent les cultures de tomate.<\/p>\n\n\n\n<p>Les intervenants ont pr\u00e9sent\u00e9 plusieurs avanc\u00e9es scientifiques portant sur les diagnostics rapides, les nouvelles sources de r\u00e9sistance g\u00e9n\u00e9tique, les biopesticides et les traitements hormonaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais tous ont insist\u00e9 sur un point : il n\u2019existe pas de solution miracle.<\/p>\n\n\n\n<p>La performance repose avant tout sur la discipline op\u00e9rationnelle, la rigueur des protocoles sanitaires et la qualit\u00e9 du management au sein des exploitations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une campagne marqu\u00e9e par les \u00e9pisodes pluvieux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9pisodes pluvieux inhabituels observ\u00e9s cette saison dans la r\u00e9gion du Souss ont \u00e9galement nourri les discussions. Le consultant international Paolo Battistel, repr\u00e9sentant de Ceres, a d\u00e9taill\u00e9 les cons\u00e9quences directes de l\u2019humidit\u00e9 excessive sur les cultures sous serre.<\/p>\n\n\n\n<p>Botrytis, mildiou et maladies fongiques ont fortement progress\u00e9 au cours de la campagne.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Les premi\u00e8res heures apr\u00e8s le lever du soleil sont les plus critiques pour les attaques fongiques<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon lui, \u00ab&nbsp;<em>les producteurs doivent d\u00e9sormais investir davantage dans les syst\u00e8mes de ventilation, les outils de surveillance climatique, les capteurs et les dispositifs d\u2019alerte pr\u00e9coce.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>M\u00eame les vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes ne suffisent plus sans une gestion globale du climat et de l\u2019hygi\u00e8ne des exploitations,&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;a-t-il insist\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le facteur humain devient un enjeu strat\u00e9gique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9changes ont \u00e9galement mis en \u00e9vidence les tensions croissantes li\u00e9es \u00e0 la main-d\u2019\u0153uvre agricole.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sident de l\u2019Association marocaine des directeurs des ressources humaines agricoles, Othman El Qacemi estime que la p\u00e9nurie de travailleurs devient progressivement structurelle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le Maroc entre dans une phase o\u00f9 l\u2019offre de main-d\u2019\u0153uvre ne suit plus la demande \u00e9conomique<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il alert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Urbanisation, ralentissement d\u00e9mographique, migration vers l\u2019Europe et concurrence entre fili\u00e8res agricoles accentuent les tensions sur le march\u00e9 du travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fruits rouges, particuli\u00e8rement consommateurs de main-d\u2019\u0153uvre, contribuent \u00e9galement \u00e0 renforcer la pression sur les exploitations de tomate.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Abdessadek Boumdi, la tomate n\u00e9cessite entre 80 et 100 journ\u00e9es de travail par hectare, contre jusqu\u2019\u00e0 250 journ\u00e9es pour les fruits rouges.<\/p>\n\n\n\n<p>Les intervenants ont \u00e9galement soulign\u00e9 le d\u00e9ficit d\u2019image dont souffre encore le secteur agricole aupr\u00e8s des jeunes g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Kamal Machaallah, directeur des ressources humaines chez MedaDour Maroc, l\u2019agriculture moderne reste largement m\u00e9connue. \u00ab&nbsp;<em>Beaucoup de jeunes ignorent aujourd\u2019hui le niveau de technologie et d\u2019organisation du secteur agricole moderne \u00bb,<\/em>&nbsp;a-t-il regrett\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-3-Article-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13858\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-3-Article-1.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-3-Article-1-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-3-Article-1-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-3-Article-1-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les professionnels de la tomate alertent sur les mutations du secteur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En marge des d\u00e9bats techniques et strat\u00e9giques organis\u00e9s lors de la Morocco Tomato Conference, plusieurs responsables de la fili\u00e8re ont \u00e9galement alert\u00e9 sur les profondes transformations qui redessinent aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de la tomate marocaine. Mohammed Zahidi, chairman de Green Smile, a rappel\u00e9 que cette sixi\u00e8me \u00e9dition, qui a r\u00e9uni pr\u00e8s de 1 000 participants \u00e0 Agadir, intervient dans un contexte marqu\u00e9 par la pression croissante des virus affectant les cultures, notamment le ToBRFV, mais aussi par les effets du changement climatique et les difficult\u00e9s auxquelles sont confront\u00e9s les producteurs. Dans le prolongement de cette r\u00e9flexion, Taquie-Dine Cherradi El Fadili, PDG de Lymouna Matysha Touty Berry, a insist\u00e9 sur l\u2019\u00e9volution rapide des march\u00e9s agricoles internationaux et sur la n\u00e9cessit\u00e9 pour les op\u00e9rateurs marocains de mieux s\u2019appuyer sur les \u00e9tudes de march\u00e9, les donn\u00e9es statistiques et l\u2019analyse des comportements de consommation afin d\u2019adapter les strat\u00e9gies entre march\u00e9 local, march\u00e9s africains et export europ\u00e9en. Cette pression \u00e9conomique a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e par Zakaria Hanich, pr\u00e9sident de la FIFEL, qui a rappel\u00e9 le r\u00f4le strat\u00e9gique de la tomate dans l\u2019\u00e9conomie agricole nationale tout en alertant sur la hausse continue des co\u00fbts de production et l\u2019apparition de nouvelles maladies fragilisant les exploitations. Selon lui, le co\u00fbt de production est pass\u00e9 d\u2019environ 3 dirhams \u00e0 pr\u00e8s de 5 \u00e0 6 dirhams par kilo, avec des r\u00e9percussions directes sur la comp\u00e9titivit\u00e9 et sur les prix du march\u00e9 local. Face \u00e0 ces multiples d\u00e9fis, l\u2019innovation vari\u00e9tale appara\u00eet d\u00e9sormais comme un levier central d\u2019adaptation. Nassir Halioua, repr\u00e9sentant de YUKSEL SEEDS MAROC, a ainsi pr\u00e9sent\u00e9 plusieurs nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de tomates d\u00e9velopp\u00e9es pour le march\u00e9 marocain, notamment sur les segments des tomates cerises, mini plum et tomates rondes individuelles, dans une logique de diversification de l\u2019offre et d\u2019adaptation aux nouvelles attentes du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une feuille de route articul\u00e9e autour de quatre piliers<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au terme des \u00e9changes, les d\u00e9bats ont permis de faire \u00e9merger une feuille de route structur\u00e9e autour de quatre grands piliers : comp\u00e9titivit\u00e9, efficience, r\u00e9silience et benchmark.<\/p>\n\n\n\n<p>Les intervenants s\u2019accordent sur plusieurs priorit\u00e9s : renforcer la mont\u00e9e en gamme qualitative, acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019int\u00e9gration technologique, am\u00e9liorer l\u2019organisation collective, investir dans le capital humain et poursuivre l\u2019adaptation climatique des syst\u00e8mes de production.<\/p>\n\n\n\n<p>Un message s\u2019est impos\u00e9 tout au long de cette \u00e9dition de la Morocco Tomato Conference : les avantages naturels du Maroc restent consid\u00e9rables, mais ils ne suffisent plus \u00e0 eux seuls. D\u00e9sormais, la p\u00e9rennit\u00e9 de l\u2019origine marocaine d\u00e9pendra de sa capacit\u00e9 \u00e0 conjuguer innovation, performance technique, rigueur sanitaire et intelligence commerciale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La ville d\u2019Agadir a accueilli le 21 mai 2025, la 6\u00e8me&nbsp;\u00e9dition de la Morocco Tomato Conference, organis\u00e9e par Green Smile. 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