{"id":13860,"date":"2026-05-22T14:23:21","date_gmt":"2026-05-22T13:23:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=13860"},"modified":"2026-05-22T23:12:37","modified_gmt":"2026-05-22T22:12:37","slug":"tomate-avec-13-milliard-de-dollars-dexportations-le-maroc-simpose-comme-3eme-exportateur-mondial","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=13860","title":{"rendered":"Tomate : avec 1,3 milliard de dollars d\u2019exportations, le Maroc s\u2019impose comme 3\u00e8me\u00a0exportateur mondial"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c0 Agadir, au c\u0153ur du principal bassin primeur du Royaume, la Morocco Tomato Conference, organis\u00e9e le 21 mai par Green Smile, a donn\u00e9 le ton des grandes mutations qui traversent aujourd\u2019hui la fili\u00e8re tomate. Face aux exportateurs, producteurs et professionnels du secteur, Ali Rougui, Chef de D\u00e9partement Veille Strat\u00e9gique \u00e0 Morocco Foodex, a pr\u00e9sent\u00e9 une lecture approfondie de la dynamique mondiale du march\u00e9, marqu\u00e9e \u00e0 la fois par l\u2019ascension spectaculaire du Maroc et par l\u2019\u00e9mergence de nouvelles contraintes environnementales et commerciales.<\/p>\n\n\n\n<p>Car si la tomate marocaine consolide ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e sa pr\u00e9sence sur les march\u00e9s internationaux, la concurrence mondiale se joue d\u00e9sormais sur de nouveaux terrains : l\u2019empreinte carbone, la durabilit\u00e9, la logistique, la r\u00e9silience climatique et la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux standards environnementaux impos\u00e9s par les grands march\u00e9s importateurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une progression fulgurante du Maroc sur le march\u00e9 mondial<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les chiffres pr\u00e9sent\u00e9s lors de la conf\u00e9rence illustrent l\u2019ampleur de la transformation op\u00e9r\u00e9e par la fili\u00e8re marocaine au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2025, les \u00e9changes mondiaux de tomates fra\u00eeches ont atteint 7,2 millions de tonnes pour une valeur estim\u00e9e \u00e0 11,6 milliards de dollars. Dans cet environnement fortement concurrentiel, le Maroc s\u2019est impos\u00e9 comme le troisi\u00e8me exportateur mondial de tomates fra\u00eeches, derri\u00e8re le Mexique et les Pays-Bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette mont\u00e9e en puissance est loin d\u2019\u00eatre symbolique. Les exportations marocaines sont pass\u00e9es de 856 millions de dollars en 2021 \u00e0 1,307 milliard de dollars en 2025. En seulement quatre ans, le Royaume a ainsi gagn\u00e9 plus de 450 millions de dollars de valeur export\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Surtout, le Maroc affiche la croissance la plus dynamique parmi les grands exportateurs mondiaux, avec un taux de croissance annuel moyen de 11 % entre 2021 et 2025. \u00c0 titre de comparaison, le Mexique, leader mondial, n\u2019a enregistr\u00e9 qu\u2019une progression annuelle moyenne de 1 %, tandis que les Pays-Bas ont \u00e9volu\u00e9 de 3 %.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Le Maroc adopte une strat\u00e9gie de mont\u00e9e en gamme et de diversification des march\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb, a soulign\u00e9 Ali Rougui, en mettant en avant le renforcement des positions marocaines sur plusieurs march\u00e9s europ\u00e9ens strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, le Royaume d\u00e9tient 11,2 % des parts du march\u00e9 mondial de la tomate fra\u00eeche. Une progression qui confirme le basculement progressif du Maroc dans le cercle restreint des grandes puissances exportatrices agricoles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Europe reste le c\u0153ur du mod\u00e8le marocain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette performance est intimement li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution du march\u00e9 europ\u00e9en, devenu au fil des ann\u00e9es, le principal moteur de croissance de la tomate marocaine.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne repr\u00e9sente \u00e0 elle seule, 41 % des volumes mondiaux import\u00e9s et surtout 53,7 % de la valeur mondiale du commerce de la tomate. Le march\u00e9 europ\u00e9en absorbe donc l\u2019essentiel de la production export\u00e9e par le Royaume.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es de Morocco Foodex montrent que 93 % des exportations marocaines de tomates sont destin\u00e9es \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne et au Royaume-Uni. Cette concentration traduit la forte d\u00e9pendance de la fili\u00e8re marocaine vis-\u00e0-vis de la demande europ\u00e9enne, mais \u00e9galement la place strat\u00e9gique acquise par le Maroc dans l\u2019approvisionnement du continent.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le march\u00e9 communautaire, le Royaume est d\u00e9sormais le deuxi\u00e8me fournisseur de tomates derri\u00e8re les Pays-Bas. En 2025, les exportations marocaines vers l\u2019Union europ\u00e9enne ont atteint 1,4 milliard de dollars, repr\u00e9sentant 23 % des importations europ\u00e9ennes de tomates fra\u00eeches.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Royaume-Uni constitue lui aussi un march\u00e9 devenu central dans la strat\u00e9gie marocaine. En 2025, les importations britanniques de tomates ont atteint pr\u00e8s de 390 000 tonnes pour une valeur de 840 millions de dollars.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce march\u00e9 particuli\u00e8rement concurrentiel, les Pays-Bas conservent la premi\u00e8re place avec 44 % de parts de march\u00e9 en valeur, suivis par le Maroc avec d\u00e9sormais 25 %, devant l\u2019Espagne qui recule \u00e0 20 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette progression s\u2019explique par plusieurs avantages comp\u00e9titifs identifi\u00e9s par Morocco Foodex : proximit\u00e9 g\u00e9ographique avec l\u2019Europe, rapidit\u00e9 logistique, co\u00fbts de production relativement comp\u00e9titifs et climat favorable limitant les besoins en serres chauff\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le recul europ\u00e9en ouvre de nouvelles opportunit\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La progression du Maroc intervient \u00e9galement dans un contexte de transformation profonde de la production europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les projections pr\u00e9sent\u00e9es lors de la conf\u00e9rence, la production europ\u00e9enne de tomates devrait passer de 16,95 millions de tonnes en 2025 \u00e0 16,56 millions de tonnes en 2028. Dans le m\u00eame temps, les superficies cultiv\u00e9es poursuivent leur contraction, passant de 8,4 millions \u00e0 7,69 millions d\u2019hectares.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette baisse structurelle s\u2019explique notamment par la hausse des co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques en Europe, les contraintes environnementales croissantes et les difficult\u00e9s climatiques affectant plusieurs bassins de production.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>La dynamique actuelle est marqu\u00e9e par une reconfiguration de l\u2019approvisionnement europ\u00e9en<\/em>&nbsp;\u00bb, a expliqu\u00e9 Ali Rougui, rappelant que la demande europ\u00e9enne reste soutenue tout au long de l\u2019ann\u00e9e malgr\u00e9 le recul de la production locale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9s\u00e9quilibre structurel entre production et consommation favorise m\u00e9caniquement les fournisseurs m\u00e9diterran\u00e9ens capables d\u2019assurer une disponibilit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re, particuli\u00e8rement durant les p\u00e9riodes de contre-saison.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-article-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13862\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-article-2.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-article-2-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-article-2-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Photo-2-article-2-660x330.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une fili\u00e8re puissante mais fortement concentr\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re cette r\u00e9ussite, la fili\u00e8re marocaine demeure toutefois expos\u00e9e \u00e0 plusieurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s structurelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Au 30 avril 2026, les exportations marocaines de tomates atteignaient 549 000 tonnes, en recul de 11 % par rapport \u00e0 la campagne pr\u00e9c\u00e9dente. Les tomates de segmentation repr\u00e9sentaient 320 000 tonnes contre 230 000 tonnes pour les tomates rondes.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre caract\u00e9ristique majeure : l\u2019extr\u00eame concentration g\u00e9ographique de la production. La r\u00e9gion de Souss-Massa repr\u00e9sente \u00e0 elle seule 98 % des exportations marocaines de tomates.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette d\u00e9pendance territoriale renforce la sensibilit\u00e9 de la fili\u00e8re face aux tensions hydriques et aux al\u00e9as climatiques qui affectent fortement le sud du Royaume.<\/p>\n\n\n\n<p>Ali Rougui a d\u2019ailleurs alert\u00e9 sur la multiplication des \u00e9pisodes climatiques extr\u00eames, des vagues de chaleur et du stress hydrique qui p\u00e8sent directement sur les rendements et la qualit\u00e9 des cultures.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces contraintes climatiques s\u2019ajoutent les risques phytosanitaires, notamment la propagation du virus ToBRFV, consid\u00e9r\u00e9 aujourd\u2019hui comme l\u2019une des principales menaces pour la production mondiale de tomates.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La bataille du carbone redessine d\u00e9sormais la concurrence<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais au-del\u00e0 des enjeux agricoles traditionnels, la conf\u00e9rence d\u2019Agadir a surtout montr\u00e9 que la comp\u00e9tition mondiale entre exportateurs entre dans une nouvelle phase : celle de la comp\u00e9titivit\u00e9 environnementale.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Union europ\u00e9enne acc\u00e9l\u00e8re actuellement le d\u00e9ploiement du m\u00e9canisme d\u2019ajustement carbone aux fronti\u00e8res (MACF\/CBAM), destin\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer progressivement le co\u00fbt carbone dans les \u00e9changes commerciaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce nouveau contexte, la capacit\u00e9 des exportateurs \u00e0 d\u00e9montrer une production durable devient un facteur d\u00e9terminant d\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sujet est d\u2019autant plus sensible que les \u00e9missions nettes globales de gaz \u00e0 effet de serre du Maroc sont pass\u00e9es de 72 945 Gg \u00e9quivalent CO\u2082 en 2010 \u00e0 98 871 Gg en 2022. Le secteur agricole repr\u00e9sente \u00e0 lui seul pr\u00e8s de 19 % des \u00e9missions nationales, avec 18 510 Gg \u00e9quivalent CO\u2082 en 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, la durabilit\u00e9 devient progressivement un levier de comp\u00e9titivit\u00e9 autant qu\u2019une contrainte r\u00e9glementaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Tra\u00e7abilit\u00e9 environnementale, optimisation \u00e9nerg\u00e9tique, r\u00e9duction de l\u2019empreinte carbone, gestion rationnelle de l\u2019eau ou encore adaptation logistique : autant de param\u00e8tres qui p\u00e8seront d\u00e9sormais dans la capacit\u00e9 des exportateurs marocains \u00e0 pr\u00e9server leurs parts de march\u00e9 en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Agadir, le message port\u00e9 par Morocco Foodex \u00e9tait sans ambigu\u00eft\u00e9 : la r\u00e9ussite future de la tomate marocaine ne d\u00e9pendra plus uniquement des volumes export\u00e9s ou des co\u00fbts de production. Elle se jouera d\u00e9sormais sur la capacit\u00e9 de toute une fili\u00e8re \u00e0 conjuguer performance \u00e9conomique, r\u00e9silience climatique et conformit\u00e9 environnementale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Agadir, au c\u0153ur du principal bassin primeur du Royaume, la Morocco Tomato Conference, organis\u00e9e le 21 mai par Green Smile, a donn\u00e9 le ton des grandes mutations qui traversent aujourd\u2019hui la fili\u00e8re tomate. 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