{"id":14648,"date":"2026-09-18T11:42:27","date_gmt":"2026-09-18T10:42:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=14648"},"modified":"2026-09-18T11:42:28","modified_gmt":"2026-09-18T10:42:28","slug":"conserves-de-poisson-le-maroc-face-au-test-de-la-ressource-des-normes-et-de-la-valeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=14648","title":{"rendered":"Conserves de poisson : le Maroc face au test de la ressource, des normes et de la valeur"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">R\u00e9unie le 17 septembre \u00e0 Agadir par Morocco Foodex et l\u2019Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP), la fili\u00e8re marocaine de la conserve a pos\u00e9 un diagnostic sans faux-semblants. Si le Maroc conserve une pr\u00e9sence mondiale solide et un savoir-faire centenaire, la baisse de certaines captures, la mont\u00e9e de la concurrence asiatique et le durcissement des exigences d\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s imposent d\u00e9sormais une strat\u00e9gie plus fine : s\u00e9curiser la ressource, am\u00e9liorer la valeur, anticiper les normes et mieux d\u00e9fendre l\u2019image des produits marocains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019ouverture de la rencontre, Najib Azzouzi, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de Morocco Foodex a rappel\u00e9 le r\u00f4le de cette institution : \u00ab&nbsp;<em>Morocco Foodex assume un r\u00f4le central d\u2019accompagnement et de r\u00e9gulation, \u00e0 travers la garantie de la conformit\u00e9 et de la qualit\u00e9 des produits alimentaires destin\u00e9s \u00e0 l\u2019export, la valorisation du label Maroc et le renforcement de sa notori\u00e9t\u00e9 sur les march\u00e9s ext\u00e9rieurs<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une mission qui place naturellement la conformit\u00e9 sanitaire au c\u0153ur de la comp\u00e9titivit\u00e9 des produits marocains sur les march\u00e9s internationaux. Comme l\u2019a soulign\u00e9 Mohamed Zardoune,&nbsp;Directeur du contr\u00f4le aux fronti\u00e8res et des accords sanitaires et phytosanitaires chez ONSSA, celle-ci doit \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e bien en amont du processus d\u2019exportation : \u00ab&nbsp;<em>La conformit\u00e9 sanitaire ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la derni\u00e8re petite formalit\u00e9 avant l\u2019exportation. Elle doit devenir, d\u00e8s le d\u00e9part, une composante de la strat\u00e9gie de performance, de comp\u00e9titivit\u00e9 et de durabilit\u00e9 de la fili\u00e8re.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une fili\u00e8re historique sous la pression de nouveaux d\u00e9fis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La conserve de poisson reste l\u2019un des produits phare du Maroc. Le pr\u00e9sident de l\u2019UNICOP Mehdi Dhaloomal a rappel\u00e9 que les conserves marocaines sont pr\u00e9sentes dans plus de 100 pays, repr\u00e9sente environ 35 000 emplois directs et plus de 120 000 emplois indirects. \u00ab&nbsp;<em>Notre force repose sur une cha\u00eene compl\u00e8te et solidaire<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-il soulign\u00e9, de la p\u00eache \u00e0 la transformation, en passant par les logisticiens, les fournisseurs d\u2019emballages et les organismes de contr\u00f4le.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Anas Lamhandaz, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UNICOP, l\u2019ampleur de cette fili\u00e8re ne doit pas masquer sa fragilit\u00e9 : \u00ab&nbsp;<em>Derri\u00e8re les chiffres, il y a des questions de changement climatique, d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 et de qualit\u00e9 de la ressource<\/em>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le secteur s\u2019inscrit aussi dans une histoire industrielle longue. La premi\u00e8re conserverie de thon aurait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Rabat en 1918, avant l\u2019apparition d\u2019une premi\u00e8re conserverie de sardines en 1923. Mais l\u2019anciennet\u00e9 du mod\u00e8le ne garantit plus, \u00e0 elle seule, sa comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Anas Lamhandaz, DG de UNICOP\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/O9mxKnQJbG8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Maroc encore dans le top 10, mais sous pression<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Awatif Elrhaba, Directrice de Coordination et Veille \u00e0 Morocco Foodex&nbsp;&nbsp;a situ\u00e9 le Maroc dans le top 10 des exportateurs dans un march\u00e9 mondial estim\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 34 milliards de dollars. Le thon repr\u00e9sente \u00e0 lui seul environ 28 % de la valeur mondiale. Selon les donn\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es, le Maroc a export\u00e9 environ 119 000 tonnes en 2024, \u00e0 un prix moyen de 5,86 dollars le kilogramme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le tableau est contrast\u00e9. Le Maroc est et reste premier mondial sur les anchois, avec 21 % de part de march\u00e9 et une hausse annonc\u00e9e de 30 % des volumes. Il se classe deuxi\u00e8me sur les sardines, avec 22 % de part de march\u00e9, derri\u00e8re la Chine, avec un recul de 6 % des volumes. Sur le maquereau, il arrive quatri\u00e8me, avec 4,3 % de part de march\u00e9 et, l\u00e0 aussi, un repli des volumes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>Un rang peut \u00eatre conserv\u00e9 alors m\u00eame que la position relative se fragilise<\/em>&nbsp;\u00bb, a averti Awatif Elrhaba. Le constat m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pris au s\u00e9rieux : la place du Maroc demeure forte, mais ses avantages historiques sont moins percutants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La concurrence est d\u00e9sormais port\u00e9e par des mod\u00e8les industriels plus int\u00e9gr\u00e9s. Sur le segment analys\u00e9 par Morocco Foodex, la Chine aurait fait passer sa part de march\u00e9 de 18 % \u00e0 38 % entre 2020 et 2025, tandis que celle du Maroc serait pass\u00e9e de 21 % \u00e0 16 %. L\u2019explication ne tient pas seulement aux volumes : la Chine s\u2019appuie sur des approvisionnements internationaux diversifi\u00e9s, des capacit\u00e9s de transformation \u00e0 grande \u00e9chelle et une organisation logistique qui r\u00e9duit sa d\u00e9pendance \u00e0 la ressource locale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le Maroc, le risque est donc double : subir la volatilit\u00e9 de ses captures tout en affrontant des concurrents capables d\u2019acheter et de transformer la mati\u00e8re premi\u00e8re dans plusieurs bassins d\u2019approvisionnement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La ressource, premi\u00e8re condition de la comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>La production halieutique marocaine a d\u00e9pass\u00e9 1,5 million de tonnes en 2025, tout en enregistrant une baisse de 15 % par rapport \u00e0 2024<\/em>&nbsp;\u00bb, a indiqu\u00e9 Najib Chiadmi, Division de suivi, \u00e9valuation des projets et statistique, Direction de la strat\u00e9gie et de la Coop\u00e9ration, Secr\u00e9tariat d\u2019Etat charg\u00e9 de la p\u00eache maritime. En valeur, le chiffre d\u2019affaires du secteur aurait atteint 15,5 milliards de dirhams, en recul de 5 %.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les petits p\u00e9lagiques repr\u00e9senteraient pr\u00e8s de 76 % des volumes d\u00e9barqu\u00e9s. Cette concentration donne une place centrale \u00e0 la sardine dans l\u2019\u00e9quilibre des conserveries. Elle rend aussi la fili\u00e8re particuli\u00e8rement sensible aux fluctuations des stocks, aux campagnes de p\u00eache, aux d\u00e9cisions de gestion et aux al\u00e9as climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les premiers indicateurs de 2026 \u00e9voqu\u00e9s durant le s\u00e9minaire sont plus encourageants. Ils font \u00e9tat d\u2019un rebond de la production nationale, mais les intervenants ont appel\u00e9 \u00e0 la prudence. Le retour de volumes ne suffit pas \u00e0 effacer la vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle de la fili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>Il faudra faire une veille sur la quantit\u00e9 approch\u00e9e des d\u00e9barquements, esp\u00e8ce par esp\u00e8ce et r\u00e9gion par r\u00e9gion<\/em>&nbsp;\u00bb, a insist\u00e9 Najib Chiadmi. Pour les conserveries, l\u2019enjeu est de pouvoir planifier les achats, les fabrications et les contrats commerciaux, sur une visibilit\u00e9 plus fiable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La nouvelle feuille de route sectorielle \u00e0 l\u2019horizon 2027 fixe notamment l\u2019objectif de cr\u00e9er 10 000 emplois directs et d\u2019augmenter de 20 % la valeur ajout\u00e9e du secteur halieutique. Elle place au centre la pr\u00e9servation des ressources, l\u2019am\u00e9lioration des conditions des professionnels, la comp\u00e9titivit\u00e9 et le d\u00e9veloppement du march\u00e9 local.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La conformit\u00e9, de contrainte r\u00e9glementaire \u00e0 avantage concurrentiel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le volet sanitaire a occup\u00e9 une place centrale dans les d\u00e9bats. L\u2019ONSSA d\u00e9fend une approche de contr\u00f4le plus cibl\u00e9e, fond\u00e9e sur l\u2019analyse du risque, plut\u00f4t qu\u2019un contr\u00f4le uniforme de tous les lots.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Olaya Hariri, Division des Produits de la P\u00eache et de l\u2019Aquaculture de l\u2019ONSSA, a expliqu\u00e9 que la classification des \u00e9tablissements repose sur le risque du produit et du proc\u00e9d\u00e9, l\u2019historique des non-conformit\u00e9s et l\u2019\u00e9valuation de l\u2019inspecteur. Un \u00e9tablissement class\u00e9 au meilleur niveau peut \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 \u00e0 raison d\u2019un lot sur trente journ\u00e9es de production, contre un lot sur cinq pour les op\u00e9rateurs les moins bien class\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>L\u2019ONSSA n\u2019est pas un partenaire de contr\u00f4le et de r\u00e9pression, mais un partenaire d\u2019anticipation, de pr\u00e9vention, de s\u00e9curisation et d\u2019accompagnement<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-elle affirm\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La port\u00e9e \u00e9conomique de cette \u00e9volution est directe : une bonne ma\u00eetrise sanitaire permet de r\u00e9duire les immobilisations, les d\u00e9lais et les co\u00fbts logistiques. La conformit\u00e9 devient ainsi un levier de fluidit\u00e9 \u00e0 l\u2019export.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les exigences restent toutefois tr\u00e8s diff\u00e9rentes selon les destinations. Pour la Chine, les conserves de poisson rel\u00e8vent des cat\u00e9gories de produits consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 haut risque sanitaire. Les \u00e9tablissements doivent \u00eatre agr\u00e9\u00e9s par l\u2019ONSSA, audit\u00e9s selon les exigences chinoises, recommand\u00e9s via la plateforme d\u00e9di\u00e9e, puis obtenir un num\u00e9ro d\u2019enregistrement valable cinq ans. \u00ab&nbsp;<em>Une petite faute ou une erreur dans un document peut poser de vrais blocages \u00e0 l\u2019export<\/em>&nbsp;\u00bb, a pr\u00e9venu Oulaya Hariri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019Europe pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 les prochaines r\u00e8gles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Ingrid Morvan, experte de CoLEAD, la veille r\u00e9glementaire doit devenir un r\u00e9flexe industriel. \u00ab&nbsp;<em>Nous faisons la veille r\u00e9glementaire \u00e0 votre place<\/em>&nbsp;\u00bb, a-t-elle expliqu\u00e9 en pr\u00e9sentant la plateforme AgriInfo, qui suit les textes europ\u00e9ens et les traduit en fiches pratiques pour les op\u00e9rateurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les changements \u00e0 anticiper sont nombreux. Les navires cong\u00e9lateurs doivent d\u00e9sormais \u00eatre \u00e9quip\u00e9s de syst\u00e8mes \u00e9lectroniques certifi\u00e9s de surveillance de temp\u00e9rature ; le suivi doit \u00eatre continu, contr\u00f4lable \u00e0 distance et permettre d\u2019atteindre \u201318 \u00b0C \u00e0 c\u0153ur du produit dans un d\u00e9lai maximal de 87 heures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La digitalisation des certificats de capture, via la plateforme CATCH, constitue un autre virage. Obligatoire depuis le 10 janvier 2026 pour les op\u00e9rateurs europ\u00e9ens, elle deviendra obligatoire pour les pays tiers \u00e0 partir du 10 janvier 2028.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9ch\u00e9ance la plus concr\u00e8te pour les conserveries concerne le bisph\u00e9nol A. Son interdiction dans les emballages alimentaires s\u2019appliquera aux conserves de poisson \u00e0 compter du 20 janvier 2028. Les fabricants devront donc s\u2019assurer d\u00e8s maintenant que leurs bo\u00eetes et rev\u00eatements seront conformes, avec des d\u00e9clarations de conformit\u00e9 tout au long de la cha\u00eene.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>La conformit\u00e9 et la durabilit\u00e9 doivent devenir un atout commercial<\/em>&nbsp;\u00bb, a insist\u00e9 Ingrid Morvan. Pour le Maroc, le sujet d\u00e9passe donc la simple adaptation r\u00e9glementaire : il s\u2019agit de pr\u00e9server l\u2019avantage d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 europ\u00e9en au moment o\u00f9 l\u2019Union renforce ses crit\u00e8res de tra\u00e7abilit\u00e9, de durabilit\u00e9 et d\u2019information du consommateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Ingrid Morvan, Experte en politiques et r\u00e9glementations de l&amp;apos;UE\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/iV7teiQKues?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>D\u00e9carboner pour rester comp\u00e9titif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pression environnementale s\u2019ajoute \u00e0 la pression sanitaire. Ouafae Jrondi, Senior Manager Strategy &amp; Sustainability chez BearingPoint, a pr\u00e9sent\u00e9 la feuille de route nationale de d\u00e9carbonation des industries alimentaires \u00e9labor\u00e9e pour la FENAGRI.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon cette \u00e9tude, les industries alimentaires marocaines ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 28 millions de tonnes \u00e9quivalent CO\u2082 en 2024 sur l\u2019ensemble de leur cycle de vie, dont 4 millions de tonnes d\u2019\u00e9missions directes. L\u2019industrie halieutique repr\u00e9sente 1,3 million de tonnes \u00e9quivalent CO\u2082, soit 5 % des \u00e9missions de l\u2019ensemble des industries alimentaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sc\u00e9nario op\u00e9rationnel pr\u00e9sent\u00e9 pr\u00e9voit une r\u00e9duction de 34,6 % des \u00e9missions de la fili\u00e8re halieutique \u00e0 l\u2019horizon 2040, par rapport au sc\u00e9nario tendanciel. L\u2019effort reposerait principalement sur l\u2019amont halieutique (\u201314,4 %), l\u2019\u00e9nergie et le froid (\u201313,2 %), le transport (\u20136,5 %) et les emballages (\u20130,4 %).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>D\u00e9carboner, c\u2019est avant tout aujourd\u2019hui un sujet de comp\u00e9titivit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Ouafae Jrondi. C\u2019est aussi, a-t-elle ajout\u00e9, un enjeu de r\u00e9silience, de financement et d\u2019acc\u00e8s futur au march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le message est clair : l\u2019empreinte carbone risque de devenir, \u00e0 moyen terme, un \u00e9l\u00e9ment du cahier des charges autant qu\u2019un facteur de co\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>En France, la qualit\u00e9 reste le juge de paix<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;<em>Sur le march\u00e9 fran\u00e7ais, 47 % des m\u00e9nages ach\u00e8tent des conserves de sardines, \u00e0 raison d\u2019environ 300 grammes par acte d\u2019achat et pr\u00e8s de quatre fois par an<\/em>&nbsp;\u00bb, a indiqu\u00e9 Pierre Commer\u00e9, expert consultant de l\u2019industrie du poisson et ancien de la FIAC et de Pactalim.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le march\u00e9 est stable, mais le comportement du consommateur reste difficile \u00e0 r\u00e9sumer. Il recherche \u00e0 la fois des recettes, des b\u00e9n\u00e9fices nutritionnels, des produits responsables, une origine lisible et un prix acceptable. L\u2019habitude conserve aussi un r\u00f4le d\u00e9cisif : le temps pass\u00e9 en rayon est court et le consommateur tend \u00e0 racheter les r\u00e9f\u00e9rences qu\u2019il conna\u00eet d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tendances les plus porteuses concernent la nutrition et le bien-\u00eatre, l\u2019origine, les engagements environnementaux et l\u2019innovation dans les recettes. Pierre Commer\u00e9 observe que les influenceurs ont r\u00e9cemment contribu\u00e9 \u00e0 un regain de demande pour les sardines en conserve, allant jusqu\u2019\u00e0 provoquer des ruptures temporaires dans certains rayons fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais il appelle \u00e0 ne pas confondre ph\u00e9nom\u00e8ne viral et strat\u00e9gie durable. Sa recommandation aux industriels marocains tient en une phrase : \u00ab&nbsp;<em>Ne pas transiger sur la qualit\u00e9<\/em>. \u00bb Il ajoute la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler les gammes, la r\u00e9gularit\u00e9 des approvisionnements, la relation avec les distributeurs et l\u2019image du Maroc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"COMMERE Pierre, Expert Consultant Industrie de poisson Ex FIAC \/ PACTALIM\" width=\"618\" height=\"348\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/AsceMyV28bA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Br\u00e9sil, un march\u00e9 \u00e0 explorer avec m\u00e9thode<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec ses 213 millions d\u2019habitants, le Br\u00e9sil constitue un march\u00e9 vaste et diversifi\u00e9, o\u00f9 la consommation de produits de la mer reste encore inf\u00e9rieure \u00e0 son potentiel. Jos\u00e9 Lu\u00eds Ravagnani Vargas, responsable au minist\u00e8re br\u00e9silien de la P\u00eache et de l\u2019Aquaculture, a notamment soulign\u00e9 l\u2019importance des importations de saumon ainsi que le caract\u00e8re saisonnier de la demande, qui progresse durant les f\u00eates et les p\u00e9riodes religieuses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La crevette produite dans le pays est, pour sa part, principalement absorb\u00e9e par le march\u00e9 int\u00e9rieur. Dans ce contexte, l\u2019enjeu n\u2019est pas de se partager un march\u00e9 d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9, mais d\u2019accro\u00eetre la consommation globale de produits de la mer au Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il a indiqu\u00e9 qu\u2019une ouverture aux produits marocains \u00e9tait envisageable, sous r\u00e9serve d\u2019autorisations sanitaires et administratives. Les conserveries marocaines int\u00e9ress\u00e9es devront donc d\u2019abord clarifier l\u2019agr\u00e9ment des \u00e9tablissements, les esp\u00e8ces admises et les exigences documentaires applicables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Une \u00e9quation \u00e0 r\u00e9soudre sans attendre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le s\u00e9minaire d\u2019Agadir n\u2019a pas donn\u00e9 de r\u00e9ponse unique. Il a, en revanche, dessin\u00e9 une \u00e9quation tr\u00e8s concr\u00e8te pour les conserveurs marocains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Maroc doit conserver la ressource sans casser l\u2019outil industriel. Il doit r\u00e9pondre \u00e0 des normes toujours plus pr\u00e9cises sans transformer la conformit\u00e9 en frein administratif. Il doit gagner en valeur sans perdre ses march\u00e9s de volume. Il doit enfin promouvoir son origine sans s\u2019en remettre \u00e0 l\u2019image seule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La comp\u00e9titivit\u00e9 future de la conserve marocaine se jouera donc moins dans un seul avantage que dans la coh\u00e9rence de l\u2019ensemble : visibilit\u00e9 sur les d\u00e9barquements, qualit\u00e9 irr\u00e9prochable, innovation, logistique, ma\u00eetrise \u00e9nerg\u00e9tique, documentation et capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9montrer une p\u00eache durable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme l\u2019a r\u00e9sum\u00e9 Pierre Commer\u00e9, le d\u00e9fi est de \u00ab&nbsp;<em>travailler l\u2019image du produit<\/em>&nbsp;\u00bb, mais aussi de garantir ce qui la rend cr\u00e9dible : la qualit\u00e9, la r\u00e9gularit\u00e9 et la confiance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9unie le 17 septembre \u00e0 Agadir par Morocco Foodex et l\u2019Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP), la fili\u00e8re marocaine de la conserve a pos\u00e9 un diagnostic sans faux-semblants. 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