{"id":5936,"date":"2022-05-24T12:08:42","date_gmt":"2022-05-24T11:08:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=5936"},"modified":"2022-05-24T12:08:44","modified_gmt":"2022-05-24T11:08:44","slug":"tribune-le-secteur-bio-dans-la-politique-generation-green","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/?p=5936","title":{"rendered":"Tribune : le secteur Bio dans la politique \u00ab G\u00e9n\u00e9ration Green \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"664\" src=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Photo-de-RODNAE-Productions-provenant-de-Pexels.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5937\" srcset=\"https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Photo-de-RODNAE-Productions-provenant-de-Pexels.jpg 1000w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Photo-de-RODNAE-Productions-provenant-de-Pexels-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Photo-de-RODNAE-Productions-provenant-de-Pexels-768x510.jpg 768w, https:\/\/www.foodmagazine.ma\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Photo-de-RODNAE-Productions-provenant-de-Pexels-310x205.jpg 310w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption><em>\u00a9 RODNAE Productions &#8211; Pexels<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><em>Propos\u00e9e par Slim Kabbaj, entrepreneur bio et pr\u00e9sident de la FAMIBio<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s bon nombre d\u2019institutions sp\u00e9cialis\u00e9es internationales, la production alimentaire serait responsable de plus de 55 % des \u00e9missions des gaz \u00e0 effet de serre. Le secteur de l\u2019agriculture (agriculture et \u00e9levage) est en effet en interaction continue avec l\u2019environnement et influence la variabilit\u00e9 du climat ; il constitue aujourd\u2019hui un des th\u00e8mes essentiels du d\u00e9bat sur la pr\u00e9servation de la nature et de la lutte contre les changements climatiques. De plus en plus d\u2019op\u00e9rateurs commencent \u00e0 \u00eatre conscients que les m\u00e9thodes conventionnelles de production agricole et d\u2019\u00e9levage, dominantes, bas\u00e9es essentiellement sur la productivit\u00e9 et le rendement, et l\u2019utilisation intensive des produits chimiques, pr\u00e9sentent des limites critiques sur le plan environnemental : sol, air, eau, biodiversit\u00e9. De plus, les \u00e9missions totales de gaz \u00e0 effet de serre (CO<sub>2<\/sub>) provenant de l\u2019agriculture et de l\u2019\u00e9levage augmentent significativement et les chiffres des experts pr\u00e9voient des effets cons\u00e9quents sur les changements climatiques, d\u00e8s 2030.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le sol, les produits chimiques provoquent un appauvrissement continu de la terre et ne se d\u00e9gradent que tr\u00e8s lentement. Les pertes de terre arable peuvent atteindre des dizaines de tonnes\/ha par an. Les vers de terre et autres micro-organismes qui jouent un r\u00f4le essentiel dans les couches de surface disparaissent, au fur et \u00e0 mesure des traitements. De plus, si les sols sont mal g\u00e9r\u00e9s ou cultiv\u00e9s selon des pratiques non durables, le carbone pr\u00e9sent dans le sol est lib\u00e9r\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re sous forme de dioxyde de carbone, \u00e0 travers la min\u00e9ralisation de la mati\u00e8re organique dans le sol. Ainsi, le sol, qui repr\u00e9sente un puits de carbone efficace, peut d\u00e9gager lors des labours intensifs des centaines de tonnes\/ha de gaz \u00e0 effet de serre, appauvrissant la fertilit\u00e9 du sol et le taux d\u2019humus. N\u2019oublions pas \u00e9galement les conversions croissantes des prairies et for\u00eats en terres cultiv\u00e9es et en p\u00e2turages. Il faut savoir ainsi qu\u2019un sol priv\u00e9 de mati\u00e8re organique est un d\u00e9sert.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon certaines \u00e9tudes scientifiques, dans les r\u00e9gions fortement trait\u00e9es, il arrive que 90 % des eaux superficielles et 60 % des eaux souterraines soient contamin\u00e9es de r\u00e9sidus de pesticides. Au del\u00e0 de la destruction des \u00e9cosyst\u00e8mes, cette contamination chimique par des familles multiples d\u2019herbicides, d\u2019insecticides, de fongicides, se retrouve dans les oc\u00e9ans et les rivi\u00e8res, perturbant la vie des poissons et du plancton. Sur le plan de la biodiversit\u00e9, les \u00e9volutions sont alarmantes sur la faune et sur la flore, que ce soit au niveau des insectes et des animaux, ou des vari\u00e9t\u00e9s de semences qui font la richesse alimentaire et permettent d&#8217;obtenir les volumes n\u00e9cessaires pour nourrir les populations et les b\u00e9tails, sans parler de la souverainet\u00e9 alimentaire. Enfin, l\u2019\u00e9levage en plein air sur des prairies permanentes, comme c&#8217;est souvent le cas dans le Bio, a le b\u00e9n\u00e9fice de fixer le carbone et de compenser les \u00e9missions de m\u00e9thane des animaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Les atouts environnementaux du Bio sont donc multiples, pour les sols, l\u2019eau, l\u2019air et la biodiversit\u00e9. Les avantages viennent clairement des techniques et des m\u00e9thodes agricoles en usage dans cette fili\u00e8re : rotation des cultures, cultures intercalaires, associations symbiotiques, engrais biologiques vari\u00e9s, labour superficiel des terres. Il en r\u00e9sulte une diminution des pertes de substances nutritives et une moindre exposition aux facteurs d\u2019\u00e9rosion. De plus, l\u2019utilisation de compost, de fumier et d\u2019engrais vert r\u00e9duit les risques de pollution. La fertilit\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e du sol, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la culture des plantes l\u00e9gumineuses, conduit \u00e0 une stabilisation de la mati\u00e8re organique, une meilleure s\u00e9questration du dioxyde de carbone et aussi \u00e0 une meilleure capacit\u00e9 de r\u00e9tention d\u2019eau, ce qui est particuli\u00e8rement important dans les pays les plus vuln\u00e9rables aux d\u00e9fis du climat, comme au Maroc. Sans oublier que l\u2019utilisation, conseill\u00e9e en Bio, de semences locales g\u00e9n\u00e8re plus de r\u00e9sistance aux maladies et moins de sensibilit\u00e9 aux chocs climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste \u00e0 mettre en ex\u00e9cution dans notre pays des plans de d\u00e9veloppement public-priv\u00e9 d\u2019envergure et des programmes d&#8217;actions concrets afin d\u2019att\u00e9nuer l\u2019impact de notre agriculture et de notre \u00e9levage sur l\u2019environnement, et entrer de plain pied dans le d\u00e9veloppement durable au niveau de nos territoires. Il est maintenant temps d\u2019engager le plan G\u00e9n\u00e9ration Green avec volontarisme dans sa dimension Bio, qui repr\u00e9senterait le couronnement des efforts des d\u00e9cideurs publics et des op\u00e9rateurs priv\u00e9s depuis des ann\u00e9es, et qui impliquerait les agriculteurs, \u00e9leveurs, transformateurs, restaurateurs, distributeurs, exportateurs et enfin les consommateurs, bien s\u00fbr. Une grande ambition pour le Royaume, et une \u00e9vidence aujourd\u2019hui !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a9 RODNAE Productions &#8211; Pexels Propos\u00e9e par Slim Kabbaj, entrepreneur bio et pr\u00e9sident de la FAMIBio D\u2019apr\u00e8s bon nombre d\u2019institutions sp\u00e9cialis\u00e9es internationales, la production alimentaire serait responsable de plus de 55 % des \u00e9missions des gaz \u00e0 effet de serre. 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