Face aux défis croissants qui pèsent sur les écosystèmes marins, la protection des océans s’impose comme un enjeu central des politiques publiques, à la croisée des impératifs environnementaux et économiques. Entre préservation de la biodiversité et développement des activités maritimes, l’équilibre reste délicat, mais indispensable pour garantir la durabilité des ressources.
C’est dans cette perspective qu’une conférence internationale intitulée « Aires marines protégées et économie bleue : enjeux et défis » s’est tenue le 28 avril à Rabat, sous la présidence de la secrétaire d’État chargée de la pêche maritime, Mme Zakia Driouich, en partenariat avec l’organisation Global Fishing Watch. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale des aires marines protégées et du programme de l’économie bleue, avec la participation d’acteurs nationaux et internationaux.
Dans une déclaration, Mme Zakia Driouich a affirmé : « Nous avons fait l’ouverture d’une conférence internationale très importante, organisée en collaboration avec Global Fishing Watch. L’objectif de cette conférence est d’essayer de donner plus d’importance à notre stratégie nationale, sous la vision royale de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a mis au centre de nos stratégies la préservation de l’écosystème marin et le développement de l’économie bleue dans le respect de la ressource. »
Mme Zakia Driouich a également précisé que le Maroc dispose aujourd’hui de huit aires marines protégées et ambitionne d’élargir ce réseau. « Notre objectif est de passer de 1 % de couverture des aires marines protégées à 10 % à l’horizon 2027-2028 », a-t-elle indiqué, qualifiant ce chantier de « très important » pour la durabilité des ressources et le développement économique.
Elle a également insisté sur l’impact de cette stratégie sur les populations locales : « Il y va de la durabilité non seulement de la ressource, mais aussi de l’économie bleue, qui va développer davantage le revenu des marins-pêcheurs, et plus précisément ceux de la pêche côtière. » Une dynamique portée aussi par les professionnels du secteur. « Il y a une implication très forte de la profession, plus particulièrement de la pêche artisanale, qui est elle-même à l’origine de la demande de création de nouvelles aires marines protégées dans leurs régions », a-t-elle souligné, évoquant notamment des initiatives à Boujdour et Agadir.
Mme Driouich a rappelé aussi que « la préservation du milieu marin et le développement économique durable ne sont pas deux ambitions opposées, mais deux exigences complémentaires ». Elle a également cité le message royal affirmant que « le Royaume du Maroc, fort de son engagement constant en faveur du développement durable, a placé la protection de l’environnement marin au cœur des priorités stratégiques ».
Cette orientation s’appuie notamment sur la création en 2023, d’une commission nationale interministérielle dédiée à l’économie bleue, chargée d’assurer la convergence des politiques publiques et le suivi des projets structurants liés aux activités maritimes.
De son côté, Mme Maria Graziano, représentante de Global Fishing Watch, a insisté sur l’importance de la coopération internationale : « Nous croyons fermement que la collaboration et le partenariat entre les chercheurs, les ONG et les gouvernements sont essentiels pour un avenir meilleur des océans. »
Elle a également souligné le rôle stratégique des aires marines protégées : « Les aires marines protégées ne sont pas des restrictions. Ce sont des atouts précieux qui soutiennent la reconstitution des stocks de pêche et la vie côtière, et génèrent des bénéfices qui dépassent souvent l’investissement initial. » Elle a mis en avant le rôle des technologies avancées, notamment la surveillance satellitaire et l’analyse des données, pour améliorer la gestion des espaces marins.
Malgré ces avancées, des défis subsistent, notamment en matière de gouvernance. « L’un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas le manque de données ou de preuves scientifiques, mais la fragmentation de la gouvernance, qui rend difficile l’analyse des informations et leur traduction en connaissances exploitables pour la prise de décision », a relevé Maria Graziano.
À travers cette conférence, le Maroc réaffirme son ambition de consolider son positionnement dans le domaine de l’économie bleue durable, en conciliant valorisation des ressources marines, protection des écosystèmes et développement des communautés côtières.
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