LasoBio mise plus de 100 MDH dans un nouveau complexe industriel

Avec un investissement de plus de 100 millions de dirhams, LasoBio franchit une nouvelle étape dans son développement industriel. La filiale de Promamec vient d’inaugurer un complexe consacré notamment à la fabrication de compléments alimentaires et de produits cosmétiques. Doté d’une capacité de plus de 3 millions de formes galéniques par an, le site entend également servir de plateforme industrielle aux entreprises souhaitant développer leurs propres produits au Maroc.

Cet investissement répond notamment à l’évolution de la demande en matière de prévention et de bien-être. « Nous voyons aujourd’hui une croissance du marché des compléments alimentaires qui est même encore plus importante que la croissance du marché des médicaments. Et c’est justement pour cette raison que nous avons décidé d’investir dans ce bâtiment, pour accompagner cet essor », explique Pour Hatim El Kabbaj, directeur général de LasoBio

Un projet dans le prolongement de Promamec

Le projet s’appuie sur l’expérience industrielle de Promamec, groupe fondé en 1981 et historiquement positionné dans le secteur de la santé. Selon Ismail Guezzar, directeur Business Development de LasoBio, Promamec compte aujourd’hui environ 400 collaborateurs, dispose de deux unités industrielles et réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 750 millions de dirhams.

Le groupe poursuit parallèlement son développement hors du Maroc, notamment en Afrique, et envisage également l’Europe à travers Promamec Europe.

Pour Ismail Guezzar, le développement de LasoBio constitue le prolongement d’une évolution plus large des attentes en matière de santé. « Il n’importe plus seulement de vivre le plus longtemps possible, mais plutôt de vivre en bonne santé », souligne-t-il, estimant que cette évolution a progressivement donné au bien-être une place croissante dans l’écosystème de la santé.

LasoBio se présente ainsi comme une nouvelle étape dans cette diversification. « C’est le fruit de plusieurs années de dur labeur », ajoute Ismail Guezzar, qui insiste également sur le rôle joué par les équipes de LasoBio et de Promamec dans la conception du site.

Un outil industriel ouvert aux entreprises

Au-delà de ses propres gammes, LasoBio veut positionner son complexe comme un outil de production accessible à d’autres opérateurs. L’objectif est notamment d’accompagner les entrepreneurs et les entreprises disposant d’un concept ou d’une marque, mais pas nécessairement de leur propre infrastructure industrielle.

« Ce site ne sera pas seulement le nôtre. Nous voulons l’ouvrir à tous les entrepreneurs marocains, celles et ceux qui ont les idées, l’audace et l’ambition, mais pas encore l’outil pour les concrétiser », affirme Hatim El Kabbaj.

Cette orientation rejoint le positionnement affiché par LasoBio dans la fabrication pour compte de tiers, avec un accompagnement allant notamment de la formulation et de la R&D jusqu’à la production, en passant par le contrôle et le conditionnement.

« À chaque entreprise qui veut grandir dans la santé et le bien-être, au Maroc comme à l’étranger, nous adressons un message simple, ce site est aussi le vôtre », résume le directeur général.

Le Made in Morocco au cœur du projet

L’investissement intervient également dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent à renforcer la production nationale dans les secteurs liés à la santé.

Présent lors de l’inauguration, Rachid Bahi, directeur des Activités industrielles diverses au ministère de l’Industrie et du Commerce, a insisté sur l’enjeu de la substitution progressive d’une partie des importations par une offre produite localement.

Selon les chiffres qu’il a communiqués, l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (ANPPS) avait enregistré à mars 2026, environ 305 produits dans le domaine des compléments alimentaires. Une dynamique qui pose toutefois, selon lui, la question de la part effectivement fabriquée au Maroc. « Sur les 305 produits enregistrés, combien sont aujourd’hui fabriqués au Maroc ? C’est la question essentielle que nous devons nous poser », souligne Rachid Bahi.

Le responsable indique que le ministère travaille avec l’ANPPS afin de renforcer la place des produits marocains face aux produits importés. « Nous espérons dans l’avenir, voir de plus en plus de projets dans ce sens, et bien évidemment le ministère de l’Industrie est disposé à les accompagner », ajoute-t-il.

L’enjeu dépasse ainsi le seul marché des compléments alimentaires et s’inscrit, selon lui, dans une logique plus large de souveraineté sanitaire et industrielle.

Plus de 150 emplois directs à terme

Le volet emploi constitue également l’un des axes mis en avant par LasoBio. Une soixantaine de personnes travaillent sur le projet lors de cette première phase, parmi lesquelles des pharmaciens, ingénieurs, techniciens et opérateurs.

L’entreprise prévoit, à terme, de dépasser les 150 emplois directs et estime à près de 500 le nombre d’emplois indirects susceptibles d’être générés.

« Ce projet, c’est plus de 100 millions de dirhams engagés par nos actionnaires. Mais l’investissement dont je suis le plus fier se compte en hommes et en femmes », insiste Hatim El Kabbaj.

Pour Ismail Guezzar également, la réussite du projet repose avant tout sur les équipes. « Dans toute aventure, au final, on revient toujours à l’élément et au facteur clé de succès numéro un, qui est le facteur humain », souligne-t-il.

Le CBD parmi les développements annoncés

LasoBio entend par ailleurs exploiter le potentiel de certaines ressources végétales locales. Interrogé sur le positionnement de l’entreprise dans la filière du cannabis légal, Hatim El Kabbaj a confirmé que le nouveau complexe intégrerait des activités liées au CBD.

« Nous allons participer aujourd’hui à l’essor des plantes du terroir marocain, notamment en faisant de l’extraction ici même de CBD », indique-t-il. L’objectif, poursuit-il, est d’utiliser cette molécule dans les produits pour lesquels elle présente un intérêt, « sous une approche scientifique ».

Ce positionnement ne part pas de zéro. LasoBio avait déjà entamé son développement dans cette filière et s’était notamment intéressée à des actifs européens spécialisés dans les produits à base de CBD.

L’international dans le viseur

Au-delà du marché marocain, LasoBio affiche clairement ses ambitions à l’export. L’entreprise veut s’appuyer sur son nouvel outil industriel pour démontrer la capacité d’une production développée au Maroc à répondre aux exigences des marchés internationaux.

« Notre objectif et notre ambition est de montrer que l’excellence, le Made in Morocco et le Made by Morocco sont tout à fait capables d’être synonymes de réussite à l’étranger », affirme Hatim El Kabbaj.

Cette orientation internationale accompagne une ambition plus immédiate renforcer l’offre locale et réduire le recours à des produits fabriqués à l’étranger. Pour le directeur général, l’enjeu est notamment de permettre aux consommateurs marocains d’accéder localement aux dernières innovations du secteur.

Une ambition qu’il résume par une formule appelée à devenir la signature industrielle du projet « L’excellence Made in Morocco et l’excellence Made by Morocco. »

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