
Le 23 novembre, Danone a annoncé un important plan de restructuration, dont l’objectif est de permettre au groupe de renouer avec la création de valeur dans un monde avec le Covid.
« La pandémie mondiale qui sévit depuis le début de l’année a accéléré certains traits de la révolution de l’alimentation et en a altéré d’autres. Parmi les aspects qui nous sont favorables : le lien renforcé entre santé et alimentation, et notamment sur l’immunité, auxquels participent la fermentation des protéines et probiotiques, la conversion accélérée au végétal, le boom de l’e-commerce. À l’inverse, nous sommes confrontés à la fermeture des canaux hors domicile, qui affecte partout notre activité d’eaux, à la réduction des gammes portées par nos distributeurs, au creux annoncé dans la dynamique des naissances, mais aussi à des coûts opérationnels plus élevés liés aux mesures sanitaires et à la sécurisation des approvisionnements et des flux », commente Emmanuel Faber, Président directeur général de Danone. Pour ce dernier, les résultats récents de l’entreprise ont démontrer qu’elle n’était pas en mesure de tirer des opportunités des évolutions actuelles ni de répondre aux défis qui se posent. Danone doit donc se réinventer, et plus particulièrement s’ancrer dans le « local », qui est une tendance politique et de consommation majeure.
Les principaux axes de ce plan d’adaptation sont une nouvelle organisation plus locale, pour gagner en efficacité et dégager de nouvelles opportunités de croissance. Ainsi, l’organisation mondiale par catégories sera transformée en organisation locale par zones. Le Comité exécutif sera élargi à 6 nouveaux membres pour refléter ces nouvelles zones géographiques. Les organisations business locales, au plus près du terrain, devront gagner en autonomie. « Nos entités dans les pays ne seront plus inféodées à une organisation mondiale par catégorie, mais réunies en une seule business unit locale, pour jouer avec puissance et efficacité sur toute la gamme des spécificités locales pour gagner en capacité à servir nos clients et nos consommateurs, et donc à croître », indique Emmanuel Faber.
Le raccourcissement des chaines de décision et l’optimisation des fonctions centrales se traduiront par des réductions d’environ 1.500 à 2.000 postes dans les sièges mondiaux et locaux, avec jusqu’à 25% des effectifs des sièges mondiaux. Au global, Danone compte dégager un milliard d’euros d’économies d’ici 2023, intégrant une réduction de 20% des coûts de structure. « Après 12 mois de Covid, nous prévoyons, grâce à ce plan d’adaptation, un retour à la croissance rentable en moins de 12 mois, dès le S2 2021, et un retour de la marge opérationnelle courante à son niveau pré-COVID, à plus de 15%, en 2022 », conclut M. Faber, qui remercie les salariés pour leur contribution à la consultation mondiale sur ce plan d’adaptation et compte sur l’engagement de toutes les équipes de Danone dans le monde pour mettre en œuvre ce plan « Local First ».
Quid des conséquences au Maroc ? Centrale Danone n’avait pas répondu à nos questions à l’heure où nous envoyions notre newsletter.
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