La France a confirmé sa résilience sur le marché céréalier avec une belle récolte en 2025, totalisant 33,3 Mt de blé meunier, 1,3 Mt de blé dur et 12 Mt d’orge. Le blé meunier français, apprécié des utilisateurs marocains pour sa qualité technologique et sanitaire, a affiché de bons rendements malgré les aléas climatiques de 2024, grâce à des grains de gros calibre et une faible humidité.
C’est dans ce contexte que INTERCÉRÉALES‑France a organisé les Rencontres franco‑marocaines des céréales le mardi 7 octobre 2025 à Casablanca. L’événement s’est tenu sous la présidence de M. Philippe Heusele, agriculteur et Président des Relations Internationales de l’organisation. La journée a vu la participation de Moulay Abdelkader Alaoui, Président de la Fédération Nationale de la Minoterie (FNM), de M. Bilal Hajjouji, Directeur de l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), ainsi que d’autres acteurs majeurs de la filière céréalière des deux pays.
Récolte française 2025 : qualité et volume au rendez-vous
La France, cinquième producteur mondial de céréales et quatrième exportateur de blé meunier, prévoit d’exporter 15 millions de tonnes pour la campagne 2025/2026, dont plus de 3 millions de tonnes à destination du Maroc. À ce jour, un million de tonnes de blé français ont déjà été livrées au Royaume, confirmant la solidité des échanges bilatéraux entre les deux pays.
Cette dynamique s’appuie sur une récolte 2025 marquée par des conditions climatiques contrastées. L’automne et l’hiver ont été humides, entraînant des semis plutôt tardifs et parfois étalés. Le printemps, plus chaud et sec, a accéléré les stades de culture, limité la pression des maladies et provoqué des situations de stress hydrique dans les sols superficiels. Toutefois, un bon rayonnement printanier et des conditions globalement favorables à la récolte ont permis d’obtenir des rendements satisfaisants et une bonne qualité des grains.
« Ce que nous allons voir aujourd’hui, c’est la qualité de cette récolte française 2025, très bonne notamment au niveau de la panification, ainsi que sa disponibilité. Nous verrons aussi comment, tout au long de cette année, les deux filières céréalières, marocaine et française, pourront travailler ensemble pour assurer une sécurité alimentaire de qualité à tous les consommateurs marocains », a souligné M. Philippe Heusele.
Marché mondial stable : une chance pour les importateurs marocains
En raison d’une nouvelle et sévère sécheresse en 2025 ayant fortement réduit la récolte, le Maroc devra importer environ 5 millions de tonnes de blé meunier, 1 million de tonnes de blé dur, 1 million de tonnes d’orge et plus de 2,5 millions de tonnes de maïs durant cette campagne, malgré les efforts déployés dans le cadre des stratégies agricoles.
D’après Moulay Abdelkader Alaoui, Président de la FNM, la production mondiale a atteint des niveaux records, offrant une opportunité favorable pour le Maroc et ses importateurs, avec des cours mondiaux très stables, proches de ceux d’avant 2020. L’Inde, en phase de déstockage, limite ses importations, ce qui maintient une pression sur les prix. « C’est une bonne opportunité pour reprendre et reconstituer un stock satisfaisant au niveau de nos organismes stockeurs », a-t-il confié.
Les Rencontres franco-marocaines des céréales ont permis de faire le point sur les tendances mondiales du marché céréalier, dans un contexte toujours marqué par des incertitudes géopolitiques et des problèmes logistiques persistants, malgré une production mondiale globalement satisfaisante. Ce séminaire, qui a réuni plus de 350 participants, dont 60 entreprises françaises et européennes, a également été l’occasion d’aborder les enjeux clés des filières céréalières et de renforcer les échanges bilatéraux pour la nouvelle campagne de commercialisation.
En plus des questions d’approvisionnement, la décarbonation des filières, enjeu majeur pour les entreprises, a également été abordée. L’événement a aussi été marqué par la remise de certificats aux stagiaires africains formés à l’IFIM de Casablanca, ainsi que par la signature d’un protocole de coopération entre l’ONICL, INTERCÉRÉALES et FranceAgriMer.

A cette occasion, M. Bilal Hajjouji, Directeur de l’ONICL, est revenu sur les impacts liés à l’évolution du marché mondial, en mettant l’accent sur l’amélioration de la qualité de la production et de la transformation, le renforcement de la résilience de la filière face aux défis climatiques et géopolitiques, ainsi que l’accompagnement dans la mise en œuvre de la stratégie Génération Green.

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