La Journée internationale des femmes rurales a été célébrée le 15 octobre 2026, en parfaite synergie avec l’Année internationale des agricultrices 2026 portée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
À cette occasion, Alexandre Huynh, représentant de la FAO au Maroc, a souligné le rôle essentiel des femmes rurales dans les systèmes agroalimentaires et plaidé pour un meilleur accès au foncier, au financement et aux marchés.
Dans une tribune consacrée à cette journée, Alexandre Huynh a mis en avant la contribution des femmes rurales à la production agricole, à la transformation et à la commercialisation des produits, ainsi qu’à la préservation des ressources naturelles et à la transmission des savoir-faire.
Au cours des derniers mois, ses rencontres avec des femmes rurales dans différentes régions du Royaume lui ont permis de mesurer leur capacité à surmonter les difficultés climatiques et économiques, tout en développant leurs activités malgré des moyens souvent limités.
« Je les ai vues cultiver des parcelles modestes avec une rigueur et une inventivité qui défient les statistiques. Je les ai vues transformer, conditionner, vendre, prendre la parole en coopérative, négocier un prix, transmettre aux filles de leur village des savoirs qui, hier encore, étaient à la portée d’une seule », témoigne-t-il.
Face aux aléas climatiques et aux difficultés économiques, ces femmes font preuve d’une résilience remarquable, contribuant à la continuité des activités agricoles et au maintien des systèmes alimentaires locaux.
À l’échelle mondiale, les femmes représentent 41 % de la main-d’œuvre des systèmes agroalimentaires, soit une proportion proche de celle des hommes. Pourtant, leur productivité agricole demeure inférieure de 24 % à celle des hommes, à superficie agricole égale.
Selon les données citées par le représentant de la FAO, cet écart ne s’explique pas par un manque de compétences, mais par un accès plus limité aux outils, aux intrants, aux services et au financement.
Les inégalités concernent également les rémunérations. Dans l’agriculture salariée, les femmes perçoivent 78 cents pour chaque dollar gagné par les hommes.
Pour Alexandre Huynh, ces disparités se traduisent par des conséquences concrètes sur les revenus et les perspectives économiques des femmes, malgré leur contribution essentielle à la production alimentaire.
La réduction de ces écarts représente toutefois un potentiel économique et social considérable. Selon les chiffres avancés dans la tribune, la résorption des inégalités de productivité et de rémunération pourrait accroître le produit intérieur brut mondial de près de 1 000 milliards de dollars et réduire l’insécurité alimentaire de 45 millions de personnes.
Par ailleurs, des interventions ciblées en faveur des femmes rurales pourraient augmenter les revenus de 58 millions de personnes supplémentaires et renforcer la résilience de 235 millions d’autres.
L’autonomisation économique des femmes rurales ne saurait se limiter à la reconnaissance de leur contribution ou à la création d’activités génératrices de revenus. Elle suppose également de leur donner les moyens de développer des entreprises viables, d’élargir leurs débouchés commerciaux et de créer durablement de la valeur.
« Reconnaître ces femmes ne consiste pas à leur dédier un jour, puis à les oublier. Les reconnaître, c’est leur donner les moyens de démultiplier la valeur de ce qu’elles font déjà, et de devenir les actrices de la prospérité », a souligné Alexandre Huynh.
Il a appellé notamment à concrétiser leur accès au foncier, au crédit et aux marchés, à investir dans leurs coopératives et à prendre en compte les priorités qu’elles identifient elles-mêmes.
« Leur autonomisation économique n’est pas une politique de bienveillance : c’est un moteur puissant du développement économique des territoires, et l’une des clefs de la sécurité alimentaire du Royaume », a-t-il affirmé.
Au Maroc, cette approche guide plusieurs initiatives menées par la FAO en faveur de la reconnaissance et du renforcement des capacités économiques des femmes rurales.
Depuis janvier, l’organisation consacre chaque mois, une série éditoriale à une femme rurale issue d’une région différente du Royaume, afin de mettre en lumière la diversité des parcours et des contributions féminines au développement agricole.
La FAO accompagne également les coopératives féminines à différentes étapes de leur activité, de la production des plants à la commercialisation, et travaille en collaboration avec le ministère de l’Agriculture pour améliorer la prise en compte de la contribution des femmes dans les dispositifs de suivi du secteur.
À l’occasion de cette Journée internationale, Alexandre Huynh a rendu hommage aux femmes rurales du Maroc et du monde entier, qui prennent soin de la terre et des ressources dont dépendent les moyens de subsistance.
« Elles méritent plus qu’un hommage annuel. Elles méritent une place pleine, entière et reconnue », a-t-il conclu, réaffirmant l’engagement de la FAO à poursuivre ses efforts en faveur de leur autonomisation économique.
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