
À l’instar des autres opérateurs du secteur alimentaire marocain, le producteur de pâtes et couscous GLCM (Groupement Lipac Copar Maroc) a dû réagir tout de suite à l’épidémie. « Des mesures ont été prises dès les premiers jours de l’alerte, en optimisant les lignes de production pour un rendement maximal. La priorité a été donnée à la sécurisation des stocks de notre principal intrant, à savoir la semoule de blé dur, en augmentant nos volumes de stocks, évitant ainsi tout risque de rupture », évoque Amine Saidi, Directeur Général de GLCM. Ce dernier reste d’ailleurs très confiant quant à la capacité de l’État à maintenir un stock stratégique de blé dur. La difficulté risque plutôt de se situer dans les fluctuations à la hausse des cours des matières premières, d’autant plus que « la répercussion systématique de la hausse des prix n’est malheureusement pas chose aisée, surtout dans un secteur très concurrentiel comme celui des pâtes et couscous. »
Concernant la production proprement dite, GLCM a déployé, dès les premiers jours, un Plan de Continuité d’activité (PCA) avec l’aide de la CGEM. « Par le biais de notre association professionnelle AMIPAC, ainsi que la FENAGRI, nous avons reçu un canevas que nous avons personnalisé et mis en œuvre. Le PCA est un outil de pilotage précieux et indispensable », insiste M. Saidi. En termes de sécurité des équipes et de prévention des risques de contamination, GLCM a mis en place des mesures spécifiques au niveau des unités de production comme sur l’ensemble de la chaine logistique : information, sensibilisation et protocole strict (prise de température à l’entrée, désinfection en continu, limitation et interdiction des visites non dispensables, renforcement des règles d’hygiène, distanciation, gestion des déchets…).

Un marché moins demandeur de produits à haute valeur ajoutée
Au niveau du marché, les ventes de pâtes ont connu un essor indéniable. Cependant, les consommateurs ont préféré acheter massivement des produits « standards », tels que les vermicelles ou les coquillettes, délaissant les pâtes spéciales, qui constituent un segment important de l’offre de GLCM : « les farfalle, tagliatelles, pâtes aux légumes… sont très prisées par nos clients du secteur CHR, qui malheureusement subissent de plein fouet la crise du Covid-19. Nous avons donc dû très rapidement réorganiser nos plannings et nos lignes de production afin de répondre à la demande subite et croissante des formes standards. »
Cette réorientation aura des conséquences, et ce malgré la poursuite de l’activité. En effet, Amine Saidi révèle que « les différents scenarii passés en revue laissent croire que l’impact économique sera négatif. En effet, la rentabilité de chaque société est liée à un mix de produits qui assure un certain équilibre financier. À l’heure actuelle, tous les produits à forte valeur ajoutée connaissent un tassement très important. » GLCM évalue ainsi la baisse de son chiffre d’affaires entre 15 et 30% pour la période avril à août. « Ces prévisions restent évidemment liées à la date effective du retour à la normale. Il est vrai que pendant les 45 derniers jours, la demande sur les pâtes a été tirée vers le haut, mais un risque réel d’inflexion des ventes existe, dû notamment au fait qu’un très grand nombre de ménages a constitué son stock. »
Quant au soutien de l’État, Amine Saidi est satisfait de la forte réactivité et des solutions déployées, justes et apportant une bouffée d’oxygène à une grande partie du tissu économique.

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