Perspectives économiques en Afrique du Nord 2020 : une crise inédite et une reprise au conditionnel

Selon l’édition 2020 des Perspectives économiques en Afrique du Nord, publiée, le 14 juillet, par la Banque africaine de développement, l’Afrique du Nord était, en 2019, pour la seconde année consécutive, la 2ème région la plus performante d’Afrique, avec une croissance de 3,7%. La croissance était estimée à 2,5% au Maroc, légèrement en baisse par rapport à 2018. En Algérie et en Tunisie, la croissance était atone, respectivement à 0,7% et 1%, tandis que la Mauritanie et l’Egypte menaient le bal avec 6,7% et 5,6%.

D’après le rapport, les secteurs des services, du tourisme et de l’industrie ont été fortement touchés par les nombreuses mesures de restriction. Le déficit budgétaire pourrait atteindre en moyenne 10,9 % du PIB régional en 2020. S’agissant des comptes courants, le scénario pessimiste laisse entrevoir un déficit de 11,4% du PIB en 2020 pour les pays nord-africains.

Par ailleurs, le rapport souligne que la croissance n’a pas été inclusive en Afrique du Nord. Les disparités sociales et régionales se sont aggravées en raison des répercussions socio-économiques de la pandémie. Ainsi, le document recommande d’engager des réformes structurelles, qui renforcent l’efficience du secteur public et la compétitivité du secteur privé, dans le but de créer davantage d’emplois. Dans cette optique, le rapport appelle les pays nord-africains à maintenir l’effort budgétaire pour préserver les ménages et les entreprises affectés. Le développement de l’agro-industrie est également préconisé pour promouvoir les chaînes de valeur agricoles locales. Les pays devraient enfin chercher à renforcer leur intégration et ouverture commerciales, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

Côté capital humain, l’adaptation des compétences aux nouveaux métiers induits par la quatrième révolution industrielle nécessitera de coordonner les réformes des systèmes d’éducation et de formation, note le rapport. Pour les travailleurs en activité, les pays devraient mettre en place davantage de mécanismes efficients pour la promotion de la formation en cours d’emploi. Afin de promouvoir l’investissement privé dans certains secteurs stratégiques, les gouvernements de la région pourraient envisager de fournir des subventions subordonnées à la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes. Le développement du secteur manufacturier est, quant à lui, véritablement déterminant pour la croissance économique car il fournit des emplois productifs et bien rémunérés à un grand nombre de travailleurs.

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