Produits alimentaires : des marges opaques, un frein à la concurrence

Le Conseil de la Concurrence a publié un avis détaillé sur les circuits de distribution des produits alimentaires, mettant en évidence des pratiques structurelles qui impactent la formation des prix et limitent la concurrence.

Il souligne notamment que le commerce traditionnel, encore dominant, uniformise les prix de vente en s’alignant sur les tarifs du fournisseur leader, sans répercuter les écarts réels de prix d’achat. Le Conseil de la Concurrence pointe un décalage dans la répercussion des prix : les hausses sont appliquées immédiatement, tandis que les baisses sont souvent retardées pour écouler les stocks.

Ce mécanisme nuit au consommateur, qui ne profite pas pleinement des baisses, et affaiblit la concurrence entre fournisseurs, privés d’un levier clé : le prix de vente comme outil de différenciation.

Le Conseil de la Concurrence observe une hausse continue des marges brutes dans les circuits traditionnels et modernes, surtout entre 2021 et 2022, en pleine période d’inflation.

Dans le commerce traditionnel, les marges ont grimpé jusqu’à 22 % pour les produits laitiers (2022–2023), 18 % pour le concentré de tomates et 20 % pour les pâtes et couscous.

Dans la grande distribution, les marges ont augmenté de 44 % pour les produits laitiers et de 55 % pour les conserves végétales entre 2021 et 2022, avant une correction partielle en 2023.

Le Conseil souligne que les hausses de prix de vente ont souvent dépassé celles des prix d’achat, amplifiant l’inflation, tandis que les baisses tarifaires des fournisseurs ont été peu répercutées, ralentissant la baisse des prix pour les consommateurs

Le rapport du Conseil de la Concurrence met en lumière la marge arrière, un levier clé dans les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs en grande distribution. Contrairement à la marge avant, visible sur facture, la marge arrière regroupe des remises, ristournes et accords négociés hors facture, souvent influencés par le pouvoir de négociation du distributeur.

Cette marge a connu une hausse constante, dépassant parfois la marge avant dans certaines enseignes. Elle atteint en moyenne 11,5 % dans les supermarchés classiques, contre 6,8 % dans le hard discount ou le cash & carry. Les niveaux varient selon les produits. Elle est en moyenne de 6,4 % pour les produits laitiers, tandis que les conserves végétales affichent une moyenne de 10,6 %.

Le Conseil de la Concurrence appelle à une régulation plus rigoureuse des relations commerciales dans la chaîne de distribution alimentaire. Il dénonce l’opacité des marges arrière, l’uniformité des prix dans le commerce traditionnel, et la faible transmission des baisses de prix aux consommateurs, autant de pratiques qui freinent une concurrence loyale et nuisent au pouvoir d’achat.

En soulignant les effets inflationnistes et la concentration du pouvoir de marché, le Conseil plaide pour plus de transparence et un encadrement renforcé. Son avis ouvre la voie à une réforme du secteur, visant un meilleur équilibre entre producteurs, distributeurs et consommateurs.

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