Le Maroc s’apprête à suspendre temporairement les importations de blé tendre du 1er juin au 31 juillet 2026, après une forte amélioration de la campagne céréalière nationale, portée par les récentes précipitations.
Cette décision intervient dans un contexte de reprise agricole après plusieurs années de sécheresse qui avaient fortement réduit la production locale et accentué la dépendance du Royaume aux achats extérieurs. Selon Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie, cité par Reuters, la récolte céréalière marocaine devrait atteindre près de 9 millions de tonnes cette saison, soit environ le double du volume enregistré l’an dernier.
Ce redressement devrait contribuer à rééquilibrer le marché national des céréales et à réduire temporairement le recours aux importations. Ces dernières années, le Maroc avait renforcé ses achats de blé à l’étranger, notamment auprès de l’Union européenne et de la France, afin de sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur.
D’après les données relayées par FranceAgriMer, les exportations françaises de blé tendre vers le Maroc ont atteint 2,7 millions de tonnes entre juillet 2025 et mars 2026, contre une moyenne de 1,5 million de tonnes sur la même période au cours des cinq dernières années.
Le département américain de l’Agriculture prévoit également une baisse des importations marocaines de blé, tendre et dur confondus, à environ 4 millions de tonnes pour la campagne 2026-2027, soit un recul estimé à près de 40 %.
Parallèlement, les opérateurs font face à des contraintes logistiques. Environ 300.000 tonnes de blé tendre seraient actuellement en attente de déchargement au port de Casablanca, en raison d’une congestion portuaire.
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