Après plusieurs années marquées par la sécheresse, la campagne agricole 2025-2026 a bénéficié d’une pluviométrie exceptionnelle, favorisant la reprise de la production et l’amélioration des ressources hydriques. Cette embellie ne doit toutefois pas faire oublier l’urgence d’adapter durablement l’agriculture marocaine aux effets du changement climatique.
Dans cette perspective, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA) travaillent depuis plus de sept ans au développement de nouvelles variétés marocaines de blé dur. Menés dans le cadre du projet BOLD, piloté par le Crop Trust, ces travaux visent à proposer des semences capables de mieux résister à la sécheresse, à la chaleur et à l’irrégularité des saisons, tout en maintenant des rendements satisfaisants.
Cette démarche accompagne l’ambition du Maroc de porter à 50 % la part des semences issues de la recherche nationale à l’horizon 2030. Elle repose sur une approche participative associant les producteurs à l’évaluation des variétés. Chaque année, les chercheurs parcourent plus de 2 000 kilomètres dans les zones arides, notamment Settat, Jemâa-Shaim, la vallée d’Argana et Aït Baha, afin de réaliser les essais dans des conditions réelles.
« Plutôt que de se limiter à des environnements contrôlés, les nouvelles variétés de blé dur sont évaluées directement en conditions agricoles réelles, où leurs performances sont confrontées aux contraintes du climat, de la chaleur, de la sécheresse et des sols », explique le Dr Filippo Bassi, sélectionneur végétal à l’ICARDA et responsable du projet BOLD au Maroc.
Les observations des agriculteurs permettent d’intégrer des critères liés au rendement, à la longueur de la paille, à la couleur des grains, à la qualité recherchée sur les marchés ou encore au pain produit. « L’agriculteur, c’est l’autre moitié du chercheur », souligne Hassan K., exploitant dans la vallée d’Argana.
Trois variétés nationales se distinguent. Jawahir, reconnaissable à ses grains foncés, affiche de bonnes performances dans les zones arides et durant les saisons sèches. Nachit s’adapte aux zones irriguées et oasiennes, tandis que Sabil est appréciée pour son rendement, sa résistance à la sécheresse et sa production de paille.
Jawahir et Nachit sont en phase de multiplication chez SONACOS et devraient être disponibles en 2027 et 2028. Sabil a été inscrite en 2026 au Catalogue national des variétés. « Ces variétés représentent l’avenir du blé dur au Maroc », affirme M. Bounaga, agriculteur à Marchouch.
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