Organisée du 28 octobre au 1er novembre à Erfoud sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 15èmeédition du SIDATTES rassemble plus de 230 exposants marocains et étrangers sur 40 000 m². Plus de 100 000 visiteurs sont attendus.
Placée sous le thème « Palmier dattier et innovation : opportunités pour le développement territorial intégré », cette édition met en avant les nouvelles pratiques agricoles, les équipements, les solutions de gestion des ressources naturelles et les possibilités de valorisation des produits du palmier dattier.
Dans un contexte de hausse attendue de la production, le principal défi pour la filière sera de mieux transformer ses volumes en valeur ajoutée, de consolider ses débouchés commerciaux et de renforcer durablement les revenus des producteurs.
La filière dattière marocaine s’achemine vers une récolte record. Pour la campagne agricole 2026-2027, la production nationale devrait atteindre 177 000 tonnes, en hausse de 11 % par rapport à la saison précédente. Cette progression s’explique notamment par l’amélioration des conditions climatiques et l’entrée en production de nouvelles plantations.
Au-delà de cette hausse attendue, le défi consiste désormais à mieux valoriser la production nationale et à renforcer la compétitivité de la filière, tant sur le marché intérieur qu’à l’export. Le développement des capacités de stockage et de transformation, l’encadrement des importations et l’accès aux marchés internationaux figurent parmi les principales priorités.
Ces enjeux ont été mis en avant par Khalid Hatimy, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, à l’occasion de l’ouverture du SIDATTES, le 28 octobre à Erfoud. Pour le ministre, ce rendez-vous « ne se limite pas à sa dimension agricole et commerciale, mais constitue une étape stratégique pour le développement de la filière du palmier dattier et le renforcement de son rôle dans la sécurité alimentaire et le développement territorial des zones oasiennes ».
Valorisation de la production et maîtrise des importations
Pour accompagner la progression de la production nationale, le ministère entend agir sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur, de la conservation des récoltes jusqu’à leur commercialisation.
M. Hatimy a notamment mis l’accent sur « la valorisation de la production, la création d’emplois, particulièrement pour les jeunes, et l’organisation des importations de dattes en fonction des besoins du marché ».
L’encadrement des importations constitue, à cet égard, un enjeu important. Il s’agit notamment de mieux maîtriser les volumes importés, les opérateurs et les pays d’origine, tout en préservant les investissements publics et privés réalisés pour développer la production nationale.
Autre priorité : le renforcement des infrastructures de conservation et de transformation. Khalid Hatimy a ainsi insisté sur « le développement des capacités de stockage, de réfrigération et de transformation, la maîtrise des prix et le renforcement de la présence des dattes marocaines sur les marchés internationaux ».
Ces orientations traduisent la volonté d’améliorer la valorisation des récoltes tout en assurant des prix accessibles aux consommateurs.
Drâa-Tafilalet, premier bassin de production
Avec 83 % de la production nationale, Drâa-Tafilalet demeure le principal bassin phoenicicole du Royaume. La région dispose de près de 56 000 hectares d’oasis, abritant plus de 6,49 millions de palmiers dattiers et plus de 225 variétés de dattes.
Souss-Massa et l’Oriental arrivent ensuite, avec une contribution de 7,5 % chacune à la production nationale.
Sur le plan économique, la filière génère une valeur ajoutée supérieure à 3 milliards de dirhams et représente plus de 3,4 millions de journées de travail par an. Elle contribue jusqu’à 60 % du revenu agricole des ménages oasiens et constitue une source de revenus, directe ou indirecte, pour près de deux millions de Marocains.
Au-delà de son poids économique, la culture du palmier dattier joue un rôle dans le maintien des populations rurales, la lutte contre la désertification et la préservation des écosystèmes oasiens.
Modernisation des oasis : plusieurs investissements engagés
En marge de l’ouverture du salon, le ministre a effectué plusieurs visites de terrain dans la province d’Errachidia, consacrées à la recherche agronomique, à la gestion de l’eau et à la réhabilitation des palmeraies.
Au Laboratoire national de culture in vitro du palmier dattier, relevant de l’INRA, les travaux portent notamment sur la multiplication de plants sélectionnés, la préservation des ressources génétiques nationales et la lutte contre la maladie du Bayoud.
Dans le cadre du programme de réhabilitation des oasis traditionnelles de Drâa-Tafilalet, doté de 792 millions de dirhams pour la période 2021-2030, plus de 917 000 vitroplants ont déjà été distribués aux agriculteurs, sur un objectif de 2,6 millions.
La préservation des ressources hydriques figure également parmi les priorités. À Aoufous, le projet de gestion durable des écosystèmes oasiens (PROGEDOM), soutenu par la Banque mondiale, mobilise 164 millions de dirhams et cible environ 37 000 habitants des oasis d’Aoufous et d’Akka.
Parallèlement, les travaux d’aménagement hydroagricole de l’Oued Ziz et de la plaine du Tafilalet concernent près de 28 000 hectares, répartis sur 540 ksour. Les investissements réalisés depuis 2020 avoisinent 180 millions de dirhams.
La filière dattière marocaine en chiffres
- 177 000 tonnes : production nationale prévisionnelle en 2026-2027, en hausse de 11 %.
- Plus de 3 milliards de DH : valeur ajoutée générée par la filière.
- 3,4 millions : journées de travail générées chaque année.
- Près de 2 millions de Marocains : bénéficiaires directs et indirects des revenus de la filière.
- Jusqu’à 60 % : contribution des dattes au revenu agricole des ménages oasiens.
- 83 % : part de Drâa-Tafilalet dans la production nationale.
- 56 000 hectares : superficie des oasis de Drâa-Tafilalet.
- 6,49 millions : nombre de palmiers dattiers dans la région.
- Plus de 225 : variétés de dattes recensées dans la région.
- 1 510 tonnes : exportations de dattes de Drâa-Tafilalet en 2026.
- 792 millions de DH : budget du programme de réhabilitation des oasis traditionnelles pour 2021-2030.
- 917 051 : vitroplants distribués sur un objectif de 2,6 millions.
- 164 millions de DH : investissement consacré au projet de gestion durable des écosystèmes oasiens (PROGEDOM).
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