
C’est officiel. La décision de soumettre à licence préalable l’exportation des olives et de l’huile d’olives marocaines a finalement été signée.
En effet, une circulaire de la douane dont le tableau annexe a fait l’objet de publication dans la presse, est venue officialiser cette mesure que nous avions annoncé récemment.
Ainsi, il est indiqué qu’aux termes de l’arrêté du ministre de l’industrie et du commerce n°2362.23 du 20 septembre 2023, l’exportation des produits (olives et huiles d’olives mentionnées dans la circulaire) est soumise à licence d’exportation jusqu’au 31 décembre 2024.
Pour rappel, la filière oléicole couvre 68 % de la superficie arboricole du pays et génère plus de 50 millions de journées de travail par an, soit l’équivalent de plus de 200 000 emplois permanents dont plus de 25 % sont occupés par des femmes.
Pour la saison automnale 2023, la production d’olives connaît un défi de taille. Les prévisions estiment la récolte à 1,07 million de tonnes, comparable à la campagne précédente, malgré un sévère déficit hydrique persistant. En comparaison avec le pic record de 1,9 million de tonnes d’olives en 2021, cette récolte est en baisse de 44 %, impactant principalement les régions de Marrakech-Safi, l’Oriental, et Béni Mellal-Khénifra. Cette baisse est attribuable à une combinaison de facteurs tels que la sécheresse prolongée, des vagues de chaleur au moment de la floraison, et les dommages causés par la grêle, en particulier dans la région de l’Oriental.
Sur le plan économique, la production actuelle d’olives, compte tenu des prix en hausse, devrait générer un chiffre d’affaires amont estimé à 7,4 milliards de dirhams, soit une augmentation de 10 % par rapport à la saison précédente.
En principe, la filière oléicole marocaine aurait dû entrer dans une nouvelle ère de développement continu avec la signature du nouveau Contrat Programme pour la période 2021-2030, dans le cadre de la stratégie Génération Green du gouvernement. Ce contrat prévoit d’engager un budget total de près de 17 milliards de dirhams sur la décennie, avec une contribution de l’État s’élevant à 8,3 milliards de dirhams. Parmi les objectifs clés à l’horizon 2030 figurent l’expansion des superficies oléicoles, la réhabilitation des plantations existantes, l’augmentation de la production et la pérennisation des investissements réalisés dans le cadre des projets du Plan Maroc Vert.
Cependant, les conditions climatiques extrêmes, notamment dans les pays producteurs méditerranéens, ont fortement impacté la production d’huile d’olive, créant des tensions sur le marché mondial. Cette situation a incité le gouvernement marocain à prendre des mesures préventives pour valoriser la production nationale, assurer la stabilité des prix au Maroc et renforcer la sécurité alimentaire. Dans cette optique, l’exportation d’olives fraîches ou réfrigérées, d’olives transformées, d’huile d’olive et d’huile de grignons d’olives a été soumise à partir du 11 octobre à une autorisation spéciale en vertu de la loi 13-89 sur le commerce extérieur, une mesure qui restera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2024.
Cependant, on peut d’ores et déjà se demander comment cette décision d’encadrer strictement l’exportation sera appliquée sur le terrain. Comment cette mesure affectera-t-elle les entreprises exportatrices qui ont déjà des contrats en cours avec des clients étrangers ? Sur quels critères reposera l’octroi des licences d’exportation ? Cette décision soulève donc un ensemble de questions importantes dont on connaitra les réponses dans les prochaines semaines.
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