Visites terrain OCDE : Morocco Foodex expose ses atouts agricoles et les enjeux hydriques

Le Maroc a profité de la 19ème réunion annuelle du régime OECD-OCDE des services d’inspection, organisée pour la première fois dans le Royaume, pour ouvrir les portes de ses filières agricoles aux délégations africaines, européennes et internationales. Ainsi, Morocco Foodex a orchestré le 26 novembre une série de visites terrain dans la région du Souss-Massa, offrant une plongée directe dans les réalités techniques, économiques et environnementales d’un modèle agricole à la fois performant et sous tension face à la rareté de l’eau.

Un parcours immersif au cœur du Souss : eau, tomates et agrumes

Trois sites stratégiques ont été mis en avant :

  • La station de dessalement de Chtouka, 
  • L’entreprise Duroc, spécialisée dans la tomate cerise, 
  • La Coopérative agricole M’Brouka, pilier historique de la filière agrumes.

Ces immersions ont permis aux inspecteurs de confronter les normes aux pratiques réelles, en observant de près la traçabilité, les référentiels qualité et les modes de gouvernance agricole.

Des délégations séduites par la transparence et l’expertise

Les retours recueillis témoignent de la portée pédagogique de ces visites.

Sabal Y Safietou, du Sénégal, salue un partage inspirant : « J’ai beaucoup appris, notamment sur les référentiels de contrôle qualité, la traçabilité et les missions de Morocco Foodex. Cela m’a donné de nombreuses idées pour avancer vers des normes nationales alignées sur les standards internationaux. »

Pour Antoine Mi-Hotte Renier, de la Commission européenne, le terrain apporte une dimension précieuse : « C’est une occasion rare de voir comment les choses se passent réellement, au-delà des documents et législations que je traite au quotidien. »

Quant à Olaf Apelt, directeur général de Qualiservice GmbH (Suisse), il insiste sur l’importance d’un échange franc entre professionnels, autour de la qualité des fruits et légumes, de la traçabilité et des nouveaux développements.

Chtouka : le dessalement comme réponse à une crise hydrique profonde

Point central des visites, la station de dessalement de Chtouka incarne l’un des efforts hydriques les plus ambitieux du Royaume.

La plaine fait face à une surexploitation de sa nappe depuis les années 1970, avec un déficit annuel ayant grimpé de 25,4 Mm³ à plus de 90 Mm³ depuis 2015. Sans action corrective, ce stress hydrique menace jusqu’à trois milliards de dirhams de capitaux, neuf milliards de valeur ajoutée et environ 200 000 emplois agricoles.

Le projet, d’un coût global de 4,4 MMDH, repose sur un partenariat public-privé réunissant le ministère de l’Agriculture, l’ONEE et ABENGOA. Il s’appuie sur une technologie d’osmose inverse et affiche une capacité initiale de 275 000 m³/j, appelée à atteindre 400 000 m³/j. Chaque année, 74 Mm³ doivent être mobilisés pour irriguer 15 600 hectares, avec une allocation minimale de 3 600 m³/ha/an.

Au-delà des chiffres, le site illustre la volonté de concilier maintien de l’activité agricole, protection de la nappe phréatique et sécurisation de l’approvisionnement en eau potable du Grand Agadir, conformément aux objectifs de Génération Green 2020-2030.

Duroc : une vitrine d’innovation variétale et de certifications internationales

La visite de Duroc a mis en lumière un autre pilier du dynamisme agricole marocain : l’innovation variétale.

Basée à Agadir, l’entreprise cultive 24 variétés de tomates cerises et en teste plus de 600 par an dans ses serres R&D. Ses variétés exclusives – Cheribelle®️, Caramello®️, Ambrosia®️, Joy Pop’s… – sont pensées pour le snacking et la haute qualité gustative.

L’entreprise propose une offre diversifiée de conditionnements et s’appuie sur une logistique maîtrisée. Son engagement pour la conformité est attesté par un ensemble dense de certifications : GlobalG.A.P., SMETA, BRC, LEAF, SPRING, FairTrade, B Corp.

M’Brouka : un demi-siècle d’expertise dans la filière agrumes

Créée en 1967, la Coopérative Agricole M’Brouka constitue un pilier historique de la filière agrumes. Elle regroupe 70 producteurs, emploie 350 collaborateurs, exploite 2 000 hectares et opère une station de conditionnement de 16 hectares.

Chaque année, elle traite 60 000 tonnes d’agrumes et dispose d’une capacité de stockage de 8 000 tonnes, illustrant une filière parfaitement inscrite dans les exigences de traçabilité et de conservation des marchés internationaux.

Un Maroc agricole ambitieux, transparent et faisant face à ses défis

En associant travaux techniques, échanges réglementaires et visites terrain, la séquence OCDE–Morocco Foodex a montré un Maroc agricole réaliste : un pays qui innove, qui se professionnalise et qui assume ses tensions hydriques tout en développant des modèles réplicables.

L’ouverture de ces infrastructures à des experts venus d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs nourrit un dialogue fondé sur la transparence, l’exigence et la coopération. Elle renforce également la place du Royaume comme plateforme technique africaine, capable de partager ses avancées, de reconnaître ses défis et d’alimenter les discussions internationales sur la qualité, la durabilité et la sécurité des échanges agroalimentaires.

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