Face aux défis globaux liés à la rareté de l’eau et à la nécessité de sécuriser durablement les systèmes alimentaires, le Maroc a choisi Berlin pour mettre en avant une stratégie hydrique devenue l’un des piliers de sa transformation agricole. En prenant part au 18ème Forum Mondial de l’Alimentation et de l’Agriculture (GFFA), le Royaume a présenté une approche intégrée où planification, innovation et gestion durable des ressources s’articulent pour renforcer la résilience de l’agriculture marocaine et contribuer aux efforts internationaux en matière de sécurité alimentaire.
Représenté par le Ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, M. Ahmed El Bouari, le Maroc a pris part aux travaux du GFFA 2026, organisé du 14 au 17 janvier à Berlin sous le thème « Eau. Récoltes. Notre avenir ». Ce rendez-vous mondial a réuni responsables politiques, experts, institutions scientifiques et acteurs du secteur privé autour des grands enjeux de l’agriculture et de la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique.
À travers cette participation, le Royaume a réaffirmé son engagement en faveur d’une gestion intégrée et durable de l’eau, d’une agriculture performante et résiliente, et d’une coopération internationale renforcée au service de la sécurité alimentaire mondiale.
L’eau, colonne vertébrale des débats 2026
Cette édition du GFFA a mis en avant quatre priorités :
- L’utilisation durable et efficiente de l’eau ;
- L’essor de la bioéconomie bleue ;
- L’articulation entre les multiples usages de la ressource ;
- Et le renforcement de sa gouvernance internationale.
Les échanges ont été couronnés par la Conférence ministérielle réunissant plus de 70 ministres de l’Agriculture, qui ont adopté un communiqué final synthétisant les principales recommandations du Forum.

Un panel africain qui met en lumière l’expérience du Maroc
En marge du Forum, le Maroc a participé à un panel de haut niveau organisé par l’Union africaine et le Ministère fédéral allemand de l’Agriculture sur la gestion durable de l’eau au service de la sécurité alimentaire en Afrique.
La délégation marocaine y a présenté les avancées du Royaume en matière de planification hydrique, d’irrigation intelligente et de modernisation du secteur agricole, considérées comme un modèle reproductible à l’échelle du continent.
C’est dans ce cadre que M. Zakaria El Yaakoubi, Directeur de l’Irrigation et de l’Aménagement de l’Espace Agricole (DIAEA), a rappelé la portée des efforts entrepris :
« Le Maroc a souligné les avancées majeures réalisées en matière de développement et de diversification de l’offre hydrique, de modernisation des infrastructures d’irrigation et d’amélioration de l’efficience de la gestion de l’eau agricole. Le recours accru aux ressources non conventionnelles, notamment le dessalement d’eau de mer, s’inscrit désormais pleinement dans les stratégies nationales de l’eau et de l’agriculture. »
Il a également mis en avant la dimension africaine de cette participation : « La planification stratégique, l’innovation et la coopération Sud–Sud constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour renforcer la sécurité alimentaire et la résilience des systèmes agricoles africains. »
Une trajectoire hydrique reconnue à l’international
L’expérience marocaine repose sur une politique volontariste menée depuis plusieurs années afin d’améliorer la maîtrise de l’eau en agriculture. La stratégie Génération Green 2020-2030 place l’eau au cœur de la transformation du modèle agricole, en accélérant la généralisation des systèmes d’irrigation économes, la modernisation des réseaux hydrauliques et le recours croissant aux ressources non conventionnelles.
L’agriculture irriguée, qui représente 16 % de la superficie agricole utile, assure une contribution déterminante à la sécurité alimentaire et à l’emploi rural. Grâce à la diffusion rapide des technologies économes en eau, 56 % des superficies irriguées bénéficient aujourd’hui de techniques de micro-irrigation, contre moins de 10 % il y a une quinzaine d’années.
Cette dynamique est soutenue par des projets structurants de mobilisation de l’eau conventionnelle et non conventionnelle, améliorant la résilience du secteur agricole tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles.
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