L’économie nationale a enregistré une décélération de sa croissance au troisième trimestre 2025, s’établissant à 4 % contre 5 % à la même période de 2024, selon les derniers comptes nationaux. Dans ce contexte de ralentissement global, le secteur agricole s’est distingué comme l’un des principaux moteurs de la croissance, contrastant avec la performance en demi-teinte des activités non agricoles.
Alors que les activités non agricoles ont vu leur rythme de croissance reculer à 3,8 %, contre 5,7 % un an auparavant, le secteur agricole a affiché une reprise notable, avec une hausse de la valeur ajoutée de 4,4 %, après une forte contraction de 5,1 % au troisième trimestre 2024. Cette amélioration a permis au secteur primaire de renouer avec une croissance globale de 2,6 %, contre une baisse de 4,2 % l’année précédente, malgré une chute marquée de l’activité de la pêche (–24,4 %).
Cette performance agricole intervient dans un contexte de demande intérieure dynamique, soutenue par une inflation maîtrisée et une hausse significative de l’investissement, notamment dans les secteurs productifs. La demande intérieure a progressé de 7,6 %, contribuant à hauteur de 8,3 points à la croissance nationale, portée par une forte augmentation de l’investissement brut (+15 %) et par la progression des dépenses de consommation des ménages (+3,9 %).
En revanche, les activités industrielles et de transformation, étroitement liées à l’agroalimentaire, ont connu un ralentissement. Les industries de transformation ont vu leur croissance chuter à 2,6 %, contre 6,6 % un an plus tôt, traduisant les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement, le renchérissement de certaines matières premières importées et le ralentissement de la demande extérieure.
Du côté des échanges extérieurs, la contribution est restée négative. Les importations de biens et services ont fortement augmenté (+15,3 %), creusant le déficit commercial, tandis que les exportations ont vu leur rythme de croissance ralentir à 8,2 %. Cette évolution pèse sur les filières agroalimentaires exportatrices, malgré une demande internationale toujours soutenue pour certains produits agricoles.
Sur le plan des prix, le ralentissement de l’inflation constitue un signal positif pour le secteur. La hausse du PIB aux prix courants s’est limitée à 5,7 %, traduisant une inflation contenue à 1,7 %, contre 3,7 % un an auparavant. Une évolution favorable au pouvoir d’achat des ménages et à la consommation de produits alimentaires.
Enfin, malgré l’amélioration de l’épargne nationale, qui a atteint 29,7 % du PIB, l’économie nationale affiche un besoin de financement équivalant à 2,9 % du PIB, en lien avec la forte dynamique de l’investissement.
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