Une conférence consacrée aux innovations technologiques italiennes et aux perspectives des futurs modèles agricoles durables a été organisée le 23 avril en marge du SIAM. Cette rencontre a mis en lumière le rôle stratégique des échanges entre l’Italie et le Maroc dans le domaine de la mécanique agricole et des technologies appliquées à l’agriculture.
Les échanges entre les deux pays ont été présentés comme un levier essentiel de développement des partenariats industriels et commerciaux. Ils reposent sur une coopération structurée, largement portée par les petites et moyennes entreprises, qui constituent le cœur du tissu industriel italien. « Les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint environ 5 milliards d’euros en 2025, avec une prédominance des exportations italiennes vers le Maroc, tout en enregistrant une progression des exportations marocaines vers l’Italie », a cité Luigi D’Apréa, Directeur de l’Agence ICE au Maroc.
Au-delà des flux commerciaux, cette dynamique s’appuie sur le partage d’expériences, de savoir-faire, de formation et de mobilité des entreprises. Elle accompagne également la transformation du marché marocain, marqué par l’émergence de nouveaux acteurs et la diversification des secteurs industriels, notamment l’agriculture, l’automobile, les énergies renouvelables et la logistique.
Les intervenants ont souligné l’importance de l’investissement technologique et de la productivité dans la perspective des grands projets structurants du Maroc à l’horizon 2030, visant à renforcer l’autonomie industrielle et la compétitivité économique du pays.
Dans ce cadre, les entreprises italiennes jouent un rôle actif dans plusieurs domaines, notamment la mécanique agricole, les technologies industrielles, la transformation agroalimentaire et les chaînes logistiques du froid. L’Italie est aujourd’hui un fournisseur majeur de technologies pour le marché marocain.
La coopération s’étend également à la formation, à la certification et à l’innovation, ainsi qu’au soutien des startups industrielles, considérées comme un levier stratégique de transformation économique et de création de partenariats entre entreprises marocaines et italiennes.
Dans cette dynamique, le Maroc est de plus en plus perçu comme une plateforme logistique et industrielle régionale reliant l’Europe et l’Afrique, grâce au développement de ses infrastructures portuaires, énergétiques et industrielles.
M. D’Apréa a rappelé l’engagement de l’agence italienne du commerce, dans l’accompagnement des opérateurs économiques à travers les missions liées à EIMA International, salon majeur du secteur des machines agricoles et de jardinage qui se tiendra du 10 au 14 novembre 2026 à Bologne. Il a souligné le caractère particulier de cette édition : « L’agence italienne, cette année, a la volonté d’accompagner les organisateurs en mission économique comme à chaque édition de l’EIMA. En particulier cette année, c’est une édition spéciale. »
Dans le même esprit, Mme Monica Muscio, Première Secrétaire de l’Ambassade d’Italie à Rabat, a déclaré : « La coopération entre l’Italie et le Maroc dans le secteur agricole est ainsi appelée à se renforcer, au service d’une agriculture plus moderne, résiliente et durable. »
Le Pavillon Italie met en avant des entreprises actives dans la certification agroalimentaire, les technologies de transformation et de conditionnement, les systèmes d’irrigation et la production de plants fruitiers, illustrant la diversité et la complémentarité de l’offre italienne.
L’Italie dispose d’un savoir-faire reconnu en mécanique agricole et en technologies appliquées à l’agriculture. Selon M. D’Apréa, plus de 60 % de ces exportations sont destinés au Maroc.
Le renforcement de la diffusion de ces technologies permet à la fois d’accompagner la modernisation du secteur agricole marocain et de développer de nouvelles opportunités de partenariats industriels, d’investissements et d’échanges commerciaux, dans une logique gagnant-gagnant.
Dans cette perspective, la présentation de la foire EIMA International 2026, prévue à Bologne en novembre, constitue une étape importante. Ce salon est aujourd’hui une plateforme mondiale de référence pour les innovations en machines agricoles et pour le renforcement des liens entre acteurs internationaux.
Le marché mondial des machines agricoles connaît toutefois un contexte contrasté, marqué par un recul récent des ventes de tracteurs, tandis que la demande en équipements agricoles reste soutenue par les enjeux d’efficacité et de durabilité, mais freinée par les tensions géopolitiques et la hausse des coûts des intrants.
Dans ce paysage, le Maroc se distingue comme un marché en forte croissance, avec une progression récente estimée à 50 %, constituant un débouché stratégique pour les exportations italiennes.
EIMA International 2026, 47ème édition du salon lancé en 1969, affiche déjà complet. L’édition précédente avait réuni 1 750 exposants, dont 670 internationaux, avec plus de 60 000 modèles de machines répartis en 14 secteurs et plusieurs salons spécialisés couvrant notamment l’agriculture numérique, la gestion de l’eau, les énergies renouvelables et la formation.
L’innovation, la robotique agricole et les démonstrations en direct occupent également une place centrale, tout comme le secteur du jardinage et des espaces verts, en forte expansion dans des pays comme le Maroc.
« EIMA International s’impose ainsi comme une plateforme mondiale de référence pour découvrir les innovations du secteur et renforcer les échanges entre acteurs internationaux », a affirmé Davide Gallarà, représentant de la Fédération italienne des fabricants de machines agricoles (FederUnacoma).
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