
Dans un environnement complexe lié à la guerre en Ukraine, Coface a procédé à la révision à la baisse de l’évaluation de 19 pays, dont 16 en Europe – Allemagne, Espagne, France et Royaume-Uni notamment – et à seulement 2 révisions à la hausse (Brésil et Angola). Au niveau sectoriel, le nombre de révisions à la baisse (76 au total contre 9 révisions à la hausse) met en lumière la diffusion de ces chocs successifs sur l’ensemble des secteurs, aussi bien ceux intensifs en énergie (pétrochimie, métallurgie, papier…) que ceux plus directement liés au cycle de crédit (construction).
Les chiffres de croissance au T1 ont été publiés en-deçà des attentes dans la plupart des économies développées. Par ailleurs, le PIB de la zone euro n’a que très faiblement progressé pour le 2ème trimestre consécutif, avec notamment un recul de -0,2% en France. En cause, une baisse de la consommation des ménages dans un contexte de recul du pouvoir d’achat. L’activité a également reculé aux États-Unis, pénalisée par le commerce extérieur et les difficultés éprouvées par le secteur productif pour reconstituer ses stocks.
Compte tenu de l’accélération de l’inflation, de la dégradation des anticipations des agents, et du resserrement des conditions financières mondiales, l’activité au T2 ne s’annonce pas meilleure dans les économies avancées, et nettement moins favorable dans les économies émergentes. De plus, si les prix des matières premières se sont stabilisés récemment, ils restent à des niveaux très élevés.
De même, les industries dont la chaîne de valeur nécessite beaucoup d’énergie dans leurs processus de production voient leurs risques réévalués à la hausse. L’agroalimentaire voit le plus grand nombre de dégradations ce trimestre, presque toutes les régions du monde étant touchées. Enfin, il est probable que les entreprises qui n’avaient pas totalement transféré la hausse de leurs coûts de production dans leurs prix de vente continuent de le faire. Ainsi, la hausse des prix continuera dans les secteurs ayant un grand pouvoir de fixation des prix.
L’environnement économique et financier se détériorant rapidement, Coface a procédé au déclassement de l’évaluation de 16 pays sur le continent européen, dont toutes les principales économies – à l’exception de l’Italie, déjà évaluée en A4. Ainsi, les prévisions de croissance sont particulièrement médiocres dans les pays avancés. Les risques baissiers sur l’économie mondiale sont nombreux, tandis que le risque haussier sur l’inflation demeure. Afin de juguler l’inflation, les banques centrales semblent tentées d’agir jusqu’à pousser l’économie en récession, qu’elles espèrent plus clémente que dans le cas où les prix continueraient de déraper, les contraignant à procéder à un choc monétaire plus violent ultérieurement. Le risque, qu’on ne peut écarter, serait celui d’un recul de la demande et du maintien d’une inflation élevée, en raison de cours des matières premières qui peineraient à s’assagir du fait d’une insuffisance chronique de l’offre.
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