Moustiques vecteurs : l’AM3D appelle à une gestion intégrée et anticipative

Face à des conditions climatiques de plus en plus favorables à la prolifération des moustiques vecteurs, notamment du genre Aedes, le Maroc voit émerger de nouveaux risques liés à l’introduction et à la circulation d’espèces invasives et d’agents pathogènes. La hausse des températures, les épisodes de pluies, l’urbanisation croissante et l’intensification des échanges internationaux constituent autant de facteurs aggravants.

Dans ce contexte, l’AM3D plaide pour une approche proactive reposant sur trois piliers : le renforcement de la surveillance entomologique, la sensibilisation des citoyens et la mise en place de mesures préventives en amont de toute circulation virale. L’association insiste également sur la nécessité de structurer le secteur à travers un système d’agrément encadrant l’usage des pesticides de santé publique, afin de garantir la sécurité, le respect des normes environnementales et de limiter les phénomènes de résistance.

Les méthodes traditionnelles de lutte montrent aujourd’hui leurs limites, en raison notamment d’une résistance croissante aux insecticides et de restrictions réglementaires réduisant les substances disponibles. Face à ces contraintes, de nouvelles stratégies émergent, combinant contrôle génétique (techniques de l’insecte stérile ou recours à la bactérie Wolbachia), technologies intelligentes (drones, capteurs connectés, intelligence artificielle) et dispositifs de piégeage ciblé.

Les experts soulignent par ailleurs l’importance d’une coordination étroite entre les différents acteurs (autorités publiques, opérateurs spécialisés et laboratoires) dans une logique intégrée inspirée du concept « One Health », associant santé humaine, animale et environnementale. La sensibilisation du public, à travers des campagnes régulières et des initiatives de science participative, apparaît également comme un levier essentiel.

Les décideurs sont appelés à privilégier des stratégies préventives, moins coûteuses que la gestion des crises sanitaires, en misant sur des approches durables, financées et coordonnées. L’enjeu est de passer d’une lutte essentiellement réactive, centrée sur les produits chimiques, à une gestion intégrée, innovante et participative des risques liés aux moustiques vecteurs.

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