
Voilà une décision qui pourrait créer un dangereux précédent pour toutes les entreprises ayant continué à travailler pendant la pandémie de Covid-19… En effet, le Procureur du Roi du Tribunal de Première Instance de Souk Arbaa a décidé de poursuivre les dirigeants de trois unités industrielles de fruits rouges situées à Lalla Mimouna pour « des soupçons de violation des mesures sanitaires ». Pour la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER), cette décision « interpelle les professionnels du secteur agricole en général et du secteur des fruits rouges en particulier à plus d’un titre. »
La COMADER rappelle ainsi que les dirigeants des unités de production sont tous parfaitement conscients des risques liées au Covid-19 et prennent toutes les dispositions pour maintenir leurs entreprises indemnes de toute propagation. Or, « l’expérience que nous vivons actuellement, aussi bien à l’échelle nationale qu’au niveau international, montre que le risque zéro n’existe pas et que des foyers de contamination peuvent toujours apparaître malgré toutes les mesures sanitaires prises », souligne la Confédération.
La question se pose aussi de la responsabilité des dirigeants quant au comportement de leurs ouvriers en dehors des heures de travail. « Par ailleurs, faut-il comprendre qu’à chaque fois qu’un foyer Covid 19 sera détecté au sein d’une entreprise, son dirigeant sera susceptible d’être traduit en justice ou bien s’agit-il d’une disposition réservée au secteur des fruits rouges ? », s’interroge la COMADER.
Compte-tenu des mesures sanitaires entreprises, ainsi que des performances économiques de la filière, la COMADER demande à surseoir à ces procédures judiciaires et permettre, dans le strict respect des mesures sanitaires, aux professionnels d’accéder à leurs fermes et à leurs unités de production afin de préparer la campagne export 2021, qui accuse déjà un retard important, et ce au profit de leurs concurrents du pourtour méditerranéen – qui eux aussi font face à la propagation du virus mais qui bénéficient du soutien de leurs autorités. « Tous nos espoirs reposent sur le principe que la raison l’emporte sur l’excès. Nos producteurs sont avant tout des investisseurs patriotes, pas des coupables », conclut le communiqué.
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