Gaspillage alimentaire au Maroc : 4,2 millions de tonnes perdues en 2022, le CESE appelle à une stratégie nationale

Le gaspillage alimentaire reste un défi majeur à l’échelle mondiale et au Maroc. Selon les chiffres, 13,2 % des denrées sont perdues avant la vente et 19 % gaspillées au niveau des ménages et commerces dans le monde. Au Maroc, le phénomène s’accentue : 4,2 millions de tonnes de nourriture ont été jetées en 2022, soit 113 kg par habitant et par an, en hausse par rapport à 2021. Les pertes touchent principalement les céréales, fruits, légumes et produits laitiers, avec des taux oscillant entre 20 et 40 % selon les filières, tandis que le pain reste particulièrement concerné, avec près de 40 millions d’unités jetées chaque jour.

Les impacts sont multiples. Sur le plan économique, producteurs, distributeurs et ménages subissent des pertes financières importantes. Sur le plan social, le gaspillage contribue à l’aggravation de l’insécurité alimentaire et accentue les inégalités. Sur le plan environnemental, il représente un gaspillage de 1,6 milliard de m³ d’eau par an et génère des émissions de gaz à effet de serre liées à la décomposition des déchets.

Les causes sont à la fois en amont et en aval de la chaîne alimentaire. Du côté de la production, elles incluent des techniques agricoles insuffisantes, des infrastructures de stockage et de transport limitées et des contraintes climatiques. Du côté de la distribution et de la consommation, la surconsommation, la mauvaise gestion des stocks, les normes esthétiques strictes et l’absence de redistribution des invendus sont responsables. Les pertes se concentrent surtout dans les zones rurales pour la production et la logistique, tandis que le gaspillage prédomine en zones urbaines au niveau de la distribution et de la consommation.

Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) déplore l’absence de coordination nationale, de cadre juridique spécifique et de mécanismes de suivi fiables. Face à cette situation, il recommande l’élaboration d’une loi anti-gaspillage, la création d’un observatoire national, le développement des infrastructures de stockage et de transport, le soutien aux circuits courts et aux initiatives citoyennes, ainsi que l’intégration de la réduction des pertes et gaspillage alimentaires dans toutes les politiques publiques.

Le Conseil appelle à une stratégie nationale d’alimentation durable afin de réduire les pertes et le gaspillage, renforcer la souveraineté alimentaire et préserver les ressources naturelles du pays.

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