Transition de l’agriculture marocaine vers des systèmes alimentaires durables : au cœur d’un workshop dédié à Rabat

Sous l’égide du ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, CropLife Maroc et CropLife Afrique Moyen-Orient se sont réunis le 15 février 2024 à Rabat pour un workshop crucial intitulé « Promouvoir la transition de l’agriculture marocaine vers des systèmes alimentaires durables : de la théorie à l’action ». Cet événement a rassemblé les principaux acteurs de la chaîne de valeur alimentaire dans un contexte où l’agriculture marocaine est confrontée à de multiples défis, notamment le stress hydrique, les changements climatiques et les nouvelles menaces phytosanitaires.

Le workshop a souligné l’urgence d’adopter des pratiques agricoles durables pour répondre à la pression accrue sur la sécurité alimentaire nationale et maintenir la compétitivité internationale du Maroc. La réduction des solutions agricoles conventionnelles, notamment l’usage restreint de certains produits phytopharmaceutiques due aux normes du Pacte Vert de l’Union Européenne, a exacerbé ces défis, laissant les agriculteurs face à des menaces climatiques et biologiques sans précédent. Entre 2017 et 2023, le Maroc a vu le nombre de substances actives autorisées diminuer de 10,5%, limitant considérablement les options disponibles pour lutter contre les maladies et ravageurs.

Une étude menée par d’ex-professeurs chercheurs de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II révèle les conséquences potentiellement désastreuses de ces restrictions sur les rendements agricoles, avec des pertes significatives dans les productions clés telles que les céréales, les légumineuses, le sucre et l’huile d’olive. Ces impacts se sont manifestés concrètement par des réductions de calibre et de maturité dans les cultures de pastèque et de pomme de terre dans la région du Loukkos en 2023.

Face à cette situation, CropLife Maroc et CropLife Afrique Moyen-Orient appellent à une transition agricole verte localisée, qui tient compte des spécificités du Maroc. Ils mettent en avant la nécessité de fournir aux agriculteurs marocains les outils adéquats pour cette transition, soulignant l’importance de la coopération entre les secteurs public et privé pour développer des solutions alternatives, tant chimiques que biologiques.

Dr Amellal, directrice-générale de CropLife Afrique Moyen-Orient, a insisté sur la capacité des agriculteurs marocains à s’adapter aux changements avec les bons outils, et a mis en lumière le Cadre de Gestion Durable des Pesticides (SPMF) lancé par CropLife Maroc. « Bien que nos agriculteurs possèdent une remarquable capacité à s’adapter aux changements, ils ont également besoin d’outils appropriés pour ce faire. Chez CropLife, nous sommes convaincus que cela peut être réalisé grâce à l’utilisation de solutions technologiques innovantes dans le domaine agricole, ainsi qu’à la coopération entre secteurs public et privé afin d’établir un cadre législatif nécessaire, basé sur la science. »

L’approche localisée du SPMF et les efforts de CropLife pour promouvoir des pratiques agricoles durables sont essentiels pour assurer la sécurité alimentaire du Maroc et faire de l’agriculture durable une réalité. M. Chetouani, Président de CropLife Maroc, a souligné l’importance de la coopération entre tous les acteurs de la chaîne de valeur alimentaire pour relever ces défis : « L’agriculture joue un rôle central dans l’économie du Maroc. Elle est cependant confrontée à de nombreux défis et nous pensons que la coopération entre les différents acteurs de la chaîne de valeur alimentaire est un élément clé pour atteindre ces objectifs. »

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