SIAM 2026 : L’Initiative AAA trace sa feuille de route à l’horizon 2036

Dix ans après son lancement, l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA) confirme son ancrage comme plateforme stratégique du continent. Réunis à Meknès, en marge du Salon International de l’Agriculture au Maroc qui s’est tenu du 20 au 28 avril, ministres africains, partenaires techniques et institutions internationales ont dressé un bilan détaillé de l’initiative tout en esquissant ses perspectives à l’horizon 2036.

Présidée par le ministre marocain de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, la 6ème Conférence ministérielle de l’AAA a rassemblé des représentants de treize pays africains, dont dix ministres.

Fruit de l’initiative lancée par S.M. Le Mohammed VI lors de la COP22 à Marrakech, cette édition a rassemblé des représentants de treize pays africains, dont dix ministres, dans un contexte marqué par l’aggravation des effets du changement climatique et un déficit persistant de financement de l’adaptation. 

Une dynamique continentale à consolider

Intervenant lors des travaux, Mme Ghita El Ghorfi, DG de la Fondation de l’Initiative AAA, a rappelé les objectifs structurants de cette conférence anniversaire. Elle a souligné que cette rencontre vise à mobiliser un soutien fort des pays africains pour lancer, en partenariat avec la FAO, un travail de fond articulé autour du bilan de l’initiative d’une part, et des projections pour les dix prochaines années d’autre part.

Ce chantier doit permettre de structurer une vision claire et opérationnelle de l’adaptation agricole en Afrique, en capitalisant sur les acquis de la dernière décennie.

Dix ans d’une initiative devenue référence

De son côté, M. Alfa Nato Hussein, Secrétaire général de la Fondation Initiative AAA a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cette édition. « Dix ans d’existence pour une initiative africaine, c’est rare », a-t-il déclaré, rappelant que l’AAA s’est imposée comme une référence continentale.

Au fil des années, l’initiative a permis à l’Afrique de parler d’une seule voix dans les négociations internationales sur le climat. Elle a également contribué à la production de connaissances, d’analyses et d’outils techniques au service des négociateurs africains.

Sur le plan opérationnel, plus d’une trentaine de pays ont été accompagnés dans la planification de l’adaptation de leur agriculture au changement climatique. Parallèlement, des programmes ont été déployés pour renforcer les capacités des États à mobiliser des financements. « La mobilisation des ressources financières reste aujourd’hui le principal défi identifié par les ministres africains », a-t-il souligné, insistant sur l’importance des efforts engagés dans ce domaine.

Cap sur la Vision 2036

Dans cette dynamique, une « Vision 2036 » est en cours d’élaboration sous l’impulsion du ministre marocain, M. Ahmed El Bouari, également président de la Fondation Initiative AAA. Cette feuille de route vise à consolider les acquis et à aller plus loin, notamment en matière de partenariats, d’innovation scientifique et technologique, et de mobilisation des ressources.

Selon M. Alfa Nato Hussein, ce document stratégique sera finalisé d’ici septembre 2026 et présenté à Rome, en partenariat avec la FAO, lors d’un événement international de haut niveau.

Concilier agriculture, souveraineté et climat

Pour M. Sidi Tiémoko TOURE, Ministre des Ressources Animales et Halieutiques de la République de Côte d’Ivoire, cette conférence a permis « des échanges riches et constructifs » entre responsables africains. Il a rappelé que les pays du continent sont désormais engagés dans une double dynamique : développer leur agriculture tout en répondant aux exigences climatiques. « Il s’agit de renforcer la souveraineté alimentaire tout en veillant à ce que l’agriculture n’ait pas d’impact négatif sur le climat », a-t-il indiqué.

Le ministre ivoirien a détaillé les priorités de son pays, notamment la mobilisation de financements adaptés, le renforcement de la recherche développement, ainsi que le développement de l’agroforesterie afin de préserver et de reconstituer les ressources forestières.

Il a également insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes d’assurance pour protéger les producteurs face aux effets du changement climatique.

Une convergence africaine affirmée

Les travaux ont été sanctionnés par l’adoption de la Déclaration de Meknès, à laquelle ont adhéré l’ensemble des pays participants, consacrant l’adaptation agricole comme une priorité stratégique à l’échelle du continent.

À l’issue de cette conférence, les participants ont salué les avancées réalisées au cours des dix dernières années, tout en reconnaissant l’ampleur des défis à relever. Cette rencontre marque ainsi une étape clé dans la consolidation d’une position africaine unifiée, en amont des prochaines échéances internationales, notamment la réunion de haut niveau prévue à Rome en septembre 2026 et la COP31 qui se tiendra à Antalya en novembre.

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