Cératite : à Agadir, la lutte biologique au service de l’export agrumicole

Dans le prolongement du workshop international « Penser aujourd’hui l’export de demain », Morocco Foodex a organisé le 16 septembre une visite du Centre de production de mâles stériles de la cératite (TIS), dans la région d’Agadir. Une immersion destinée à montrer comment la filière agrumicole se prépare à répondre aux exigences phytosanitaires et environnementales croissantes des marchés européens et britanniques.

La cératite, ou mouche méditerranéenne des fruits, figure parmi les ravageurs les plus redoutés par les producteurs d’agrumes. Sa maîtrise constitue un enjeu à la fois agricole et commercial, alors que les exportateurs marocains doivent démontrer leur capacité à sécuriser leurs productions, à maîtriser les résidus et à se conformer à des cahiers des charges de plus en plus exigeants.

Une réponse biologique à un enjeu d’export

« Ce centre joue un rôle important pour la filière agrumicole marocaine, puisqu’il contribue fortement à la lutte biologique contre l’un des ravageurs les plus redoutables : la cératite », a indiqué Hassan Zouhry, Directeur de Maroc Citrus.

Construit et équipé par l’État, le centre est géré par Maroc Citrus dans le cadre d’une convention définissant les engagements de chaque partie. Il repose sur la technique de l’insecte stérile : des mâles sont produits en masse, stérilisés, puis relâchés dans les zones agrumicoles. En s’accouplant avec les femelles sauvages, ils ne produisent pas de descendance, ce qui permet de réduire progressivement la population du ravageur et de limiter le recours aux traitements chimiques.

130 millions de mâles stériles par semaine à terme

La capacité cible de l’unité est fixée à 130 millions de mâles stériles par semaine, avec l’objectif de couvrir entre 55 000 et 60 000 hectares à l’échelle nationale. Depuis le lancement du centre, en octobre 2023, la production se situe entre 30 et 35 millions de mâles stériles par semaine.

« Nous espérons atteindre 60 millions d’ici décembre, afin de pouvoir couvrir toute la région du Souss », a précisé Hassan Zouhry.

Le Souss, première zone de déploiement

Les premiers lâchers concernent le Souss, principal bassin de production agrumicole du pays. Le programme couvre déjà entre 10 000 et 15 000 hectares dans la région. L’objectif est de parvenir à 30 000 hectares d’ici la fin de l’année, avant d’étendre progressivement le dispositif à d’autres régions, notamment celle de Berkane.

Près de quarante personnes travaillent aujourd’hui au sein de l’unité de Tikiouine et sur le terrain. Les lâchers sont, pour l’heure, réalisés par voie terrestre.

L’appui technique de l’AIEA

Le projet bénéficie de l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « L’AIEA nous accompagne en matière d’expertise, de formation de nos ingénieurs et même d’acquisition de certains équipements et matériels nécessaires au fonctionnement de ce centre », a souligné le Directeur de Maroc Citrus.

Le recours à des lâchers aériens est envisagé à terme afin d’élargir la couverture géographique du programme.

À travers cette visite, Morocco Foodex a ainsi relié les débats du workshop à une réponse opérationnelle déjà engagée sur le terrain : faire de la maîtrise phytosanitaire un levier de compétitivité, de durabilité et d’accès aux marchés pour les exportations marocaines de fruits et légumes.

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