
Face à la récente hausse des prix de vente des huiles de table, la colère gronde au niveau des consommateurs marocains, notamment sur les réseaux sociaux, certains lançant même des appels au boycott.
Le leader du marché, Lesieur Cristal, n’a pas tardé à réagir par voie de communiqué de presse, tout comme l’Association professionnelle des fabricants d’huile au Maroc. Tout en rappelant sa compréhension de l’émoi suscité par la hausse des prix des huiles de table ces quatre derniers mois, Lesieur Cristal rappelle que cette augmentation, qui touche tous les opérateurs, est liée à la flambée des prix des matières agricoles à l’international. « Depuis mai 2020, le cours du soja a augmenté de 80% et celui du tournesol de 90% », indique ainsi l’industriel. Et si la constitution d’un stock de matières premières (afin de continuer à assurer l’approvisionnement du Royaume pendant la crise sanitaire) a permis de retarder au maximum la répercussion de cette tendance sur les prix de vente, Lesieur Cristal a finalement été contraint d’augmenter ses prix afin de compenser une partie de cette hausse.
De son côté, l’Association professionnelle des fabricants d’huile au Maroc rappelle que le marché national des huiles de table est entièrement libéralisé et fortement dépendant des grands producteurs internationaux de graines oléagineuses, la quasi-totalité des besoins du pays étant en effet importée. Et d’insister sur le fait que les producteurs nationaux d’huiles de table n’ont répercuté que progressivement et modérément la hausse réelle du prix de la matière première.
La FAO, qui établit un indice du prix des huiles végétales, constate effectivement une hausse continue depuis mai 2020. Cet indice a atteint en janvier 2021 son plus haut niveau depuis 2012. En cause notamment : des mauvaises conditions climatiques qui ont réduit les rendements espérés dans certains grands pays producteurs. « Alors que la production d’huile de palme en Indonésie et en Malaisie s’est avérée plus faible que prévu en raison de précipitations trop abondantes (et, dans le cas de la Malaisie, d’une pénurie de travailleurs migrants qui perdure), les cours internationaux de l’huile de palme sont montés en flèche pour atteindre leurs plus hauts niveaux depuis huit ans et demi. De même, les prix internationaux de l’huile de soja ont progressé pour le huitième mois de suite, en raison d’une réduction des disponibilités à l’exportation et de grèves qui perdurent en Argentine. En ce qui concerne l’huile de tournesol, les prix ont continué à monter, car un important recul des récoltes de tournesol en 2020-2021 a contribué à un resserrement de l’offre mondiale que l’on avait déjà constaté auparavant », souligne la FAO. Il conviendra donc de suivre de près cette conjoncture mondiale et ses retombées au Maroc, notamment sur d’autres filières que celle des huiles de table.
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