
Produit à forte demande, l’huile d’argan se différencie par son caractère unique, combinant biodiversité agricole, écosystèmes résilients et patrimoine culturel. Conscient de l’importance de l’export au sein de ce secteur, Morocco Foodex a organisé, le 10 mars, un webinaire sous le thème « Stratégie d’exportation de l’huile d’argan : enjeux et opportunités ». L’objectif était de faire l’état des lieux des exportations de la filière d’argan et de mettre en lumière les marchés potentiels, le positionnement du Maroc sur les marchés extérieurs, ainsi que la stratégie de développement à l’export.
Constituant 90% du secteur de l’huile d’argan, les coopératives souffrent aujourd’hui des contraintes menaçant le secteur. « La filière de l’argan passe par des moments difficiles. Nous témoignons de plusieurs contraintes, dont l’augmentation du prix de la matière première. De plus, la pandémie du Covid-19 a sans doute influencé le secteur export, notamment à travers une augmentation des frais du transport », a déclaré Ahmed Atbir, président de la Fédération interprofessionnelle de la filière de l’argan (FIFARGANE).
Côté export, un taux de croissance annuel moyen de 12% a été enregistré entre 2008 et 2020. Toutefois, la filière a diminué ses exportations de -18% entre 2019 et 2020, suite aux conséquences de la pandémie. D’après Mustapha Khibabi, responsable de Cap’Export, « le Maroc exporte l’huile d’argan vers plus de 100 pays. Nos principales destinations sont la France (37%), les États-Unis (16%) et l’Allemagne (13%). » Dans son intervention, M. Khibabi a insisté sur la forte progression de la capacité de production de la filière, en plus de l’augmentation significative des exportations et de la diversification des marchés. Cependant, la filière souffre toujours de quelques contraintes. Il s’agit, entre autres, de la problématique d’approvisionnement en matière première, de la fluctuation et volatilité du prix du fruit et de la faible compétitivité des coopératives.
Malgré les menaces du secteur de l’argan (changement climatique, informel, manque de traçabilité, ramassage intensif du fruit, plantation d’arganiers dans d’autres pays…), « la filière se trouve dans l’obligation de saisir quelques opportunités sur la table : l’accompagnement de la Génération Green, les tendances bio, l’appui institutionnel, le Green Deal, les tendances du Clean Beauty, la grande dynamique du marché asiatique et l’e-commerce », énumère M. Khibabi.
Enfin, Morocco Foodex a proposé 4 stratégies pour développer les exportations d’huile d’argan. « Le secteur de l’argan a plusieurs possibilités. D’un côté, nous devons consolider les marchés existants, via plus de promotion et de repositionnement du produit. D’un autre côté, le Maroc pourra intégrer de nouveaux marchés en profitant de la dynamique du marché asiatique par exemple. En outre, agir sur le produit lui-même reste une autre carte à jouer, tout en restant sur les mêmes marchés et développer de nouveaux produits. Enfin, le secteur pourra diversifier ses exportations, pour commercialiser ainsi des nouveaux produits adaptés à des nouveaux clients », conclut M. Khibabi.
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